La Malédiction de l’Oracle, Bea Fitzgerald

Par Maliae

Résumé : Cassandre a été maudite. Le dieu Apollon a puni la princesse de Troie devenue prêtresse lorsqu’elle s’est refusée à lui. Plus personne ne croira ses prophéties.
Elle assiste ainsi impuissante au retour de son frère Pâris marié à Hélène, l’épouse qu’il a enlevée au roi de Sparte. Cassandre voit que c’est le début d’une guerre sanglante qui va détruire sa ville, sa famille, son peuple. Mais on la prend pour folle.
Désespérée, Cassandre est prête à tout pour sauver Troie. Jusqu’à se rapprocher de son ennemie jurée, l’irrésistible Hélène… ? Pourtant, c’est la seule à croire en elle. Pourra-t-elle déjouer le destin, ou l’amour d’Hélène sera-t-il leur perte à tous ?

Avis : Cassandre est maudite par Apollon après être devenue Oracle. Certes elle connaîtra l’avenir, mais comme elle s’est refusée à lui, personne ne la croira. Alors quand son frère Pâris emmène Hélène à Troie, condamnant ainsi la ville, personne n’écoute Cassandre et elle essaye de s’en prendre à Hélène pour tenter de sauver Troie. Mais peut-être que la solution est autre pour déjouer le plan des dieux.

J’ai beaucoup beaucoup de mal avec la mythologie Grec, elle ne m’intéresse pas, je trouve que le sujet a été réutilisé jusqu’à l’overdose. Mais celle-ci m’intriguait, notamment pour l’histoire d’amour qu’elle laissait présager. Je me suis donc laissée tenter et je n’ai aucun regret car ce fut une lecture formidable.

Du point de vue des femmes (de Cassandre et d’Hélène plus exactement), elle se centre sur celles-ci. Que deviennent les femmes en temps de guerre ? Et comment les hommes les traitent ils ? Les hommes, ou les dieux. Les réflexions sur le pouvoir des hommes sur les femmes étaient hyper intéressantes, et bien sûr très féministes, donc forcément que ça m’a plu.

Cassandre est un personnage qui peut paraître détestable, mais qu’on comprend au fur et à mesure et auquel on s’attache énormément, en tout cas ce fut mon cas. La princesse, malgré la malédiction, n’a pas dit son dernier mot, elle est déterminée à sauver Troie, sans pour autant se sacrifier. Hélène est une manipulatrice qui sait se faire aimer des autres (et de moi) mais qui va montrer sa véritable personnalité, ses vraies faiblesses, en présence de Cassandre. Et elles vont se rapprocher, malgré leurs différents qui paraissent insurmontables.

J’ai par contre détesté Apollon et la plupart des dieux en général. Pâris m’a déplu, j’avais envie de baffer Scamandre, et si Hector était attachant il aurait pu être plus à l’écoute, j’ai apprécié Déiphobe c’était le meilleur des frères selon moi. Par contre j’ai adoré les sœurs de Cassandre ainsi qu’Andromaque, la femme d’Hector. Il y a beaucoup de sororité dans le livre et c’était très chouette.

L’histoire était prenante, la romance était hyper touchante et mignonne, elle m’a beaucoup plu. Le fait que Cassandre soit asexuelle était super, c’est tellement rare ce genre de personnage. La représentation était bien faite.

En bref, j’ai adoré cette lecture, portée par des femmes, et vraiment touchante. Une belle histoire, et je suis contente que pour une fois on la vive du côté de Troie.

Phrases post-itées :
« – Je vis en terre étrangère et une guerre fait rage en mon nom. Si je n’étais pas maligne, je serais déjà morte. »

« Une chose est sûre : celui qui veut forcer une fille à coucher avec lui est bien plus coupable que la fille qui refuse. »

« Peut-être qu’au lieu des histoires de héros, nous ferions mieux de raconter celles des femmes qui leur ont survécu. »