Ferdydurke - Witold Gombrowicz

Par Zorglub

Présentation de l’éditeur :
"Je suis l’auteur de la "gueule" et du "cucul" - c’est sous le signe de ces deux puissants mythes que j’ai fait mon entrée dans la littérature polonaise. Mais que signifie "faire une gueule" à quelqu’un ou "encuculer" quelqu’un ; "Faire une gueule" à un homme, c’est l’affubler d’un autre visage que le sien, le déformer… Et "l’encuculement" est un procédé similaire, à cette différence près qu’il consiste à traiter un adulte comme un enfant, à l’infantiliser. Comme vous le voyez, ces deux métaphores sont relatives à l’acte de déformation que commet un homme sur un autre. Et si j’occupe dans la littérature une place à part, c’est sans doute essentiellement parce que j’ai mis en évidence l’extraordinaire importance de la forme dans la vie tant sociale que personnelle de l’être humain. "L’homme crée l’homme" - tel était mon point de départ en psychologie." C’est l’histoire grotesque d’un monsieur qui devient un enfant parce que les autres le traitent comme tel. Ferdydurke voudrait démasquer la Grande Immaturité de l’humanité. L’homme, tel que le livre le décrit, est un être opaque et neutre qui doit s’exprimer à travers certains comportements et par conséquent devient, à l’extérieur - pour les autres -, beaucoup plus défini et précis qu’il ne l’est dans son intimité. D’où une disproportion tragique entre son immaturité secrète et le masque qu’il met pour frayer avec autrui. Il ne lui reste qu’à s’adapter intérieurement à ce masque, comme s’il était réellement celui qu’il paraît être.  

Même si le fond est intéressant, la forme - un peu trop fantaisiste et absurde -  rend le propos abscons, hermétique. Malgré un texte souvent ironique, je n’ai pas accroché à ce livre ; j’ai abandonné à la moitié, ce qui est déjà pas mal.

«[…] L’homme dépend très étroitement de son reflet dans l’âme d’autrui, cette âme fût-elle celle d’un crétin.» p.13

«[…] Il n’y a rien de tel que l’école pour inculquer le respect des plus grands  génies.» p.68

«[…] «La réaction ! Le bolchevisme ! Le fascisme ! La jeunesse catholique ! Les anciens combattants ! La vraie Pologne ! La jeune garde ! Les corps francs ! Honneur et Patrie ! Haut les cœurs !» On échangeait des mots de plus en plus compliqués. Il apparut que chaque parti politique avait farci les têtes avec un type de garçon particulier. De plus, chaque théoricien les bourrait de ses propres goûts et idéaux, alors qu’elles étaient déjà bourrées de films, de journaux et de romans populaires.» p.74

Editions  Gallimard / Folio - 400 pages


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