"Des nouvelles du Celsa" de Collectif d'auteurs

Par Cassiopea

Des nouvelles du Celsa
Auteurs : Collectif
Éditions : Kyklos (31 Octobre 2011)
ISBN : ‎ 978-2918406211
412 pages

Quatrième de couverture

Le Celsa, emmené par sa directrice Véronique Richard, a coutume de donner de ses nouvelles, plutôt belles si l’on en juge par la pertinence des étudiants sortis de ses rangs. Prenant à la lettre l’un des plus beaux outils de la communication : l’écrit, l’école organise depuis 2007 un concours annuel qui distingue trois textes d’exception choisis parmi 120 manuscrits. Le talent vaut toujours plus, en témoignent les sept promenades majuscules écrites par des auteurs-joueurs, honorant en mot compte triple un sigle, Celsa, qui signe ici un esprit alliant fantaisie et rigueur. On n’en attendait pas moins de l’enseignement d’une Grande École à la Sorbonne qui a offert ses ailes de noblesse à la créativité.

Mon avis

LIRENFETE :   Numéro spécial de Novembre 2011

Un reportage de notre nouvelle recrue : Cassiopée

« Kyklos * », ce nom ne vous dit rien ?

Et pourtant …. si vous avez les yeux sur cette rubrique c’est que vous lisez …. Alors, pour vos futures lectures, n’hésitez pas ! Sortez des sentiers battus et retrouvez cette maison connue dans le monde de l’édition pour sa voix dissonante et son habitude de la prise de risque.

Auteurs méconnus, mal connus, peu connus, sujets qui dérangent, ou vus sous un autre angle, thèmes qui poussent le lecteur à la réflexion, à l’introspection, ne font pas peur à cette jeune entreprise qui fêtera ses trois ans en Janvier 2012.

Les responsables des éditions Kyklos vont à la recherche de textes porteurs d’un message, (quitte à faire traduire les écrits), pour donner la parole à ceux qui pourraient parfois être censurés ailleurs. Grâce à Fabrice Berthet ** et Virginie Carbuccia **, ils pourront s’exprimer et être écoutés, lus ….

La maison Kyklos choisit des sujets qui perdurent dans le temps, qui donnent aux lecteurs une représentation de la société qui ne leur est pas forcément familière, une approche et une vision différentes, qui transmettent des informations pour les obliger à réfléchir par eux-mêmes ou pour rebondir sur d’autres sujets et aller, de cette façon, plus loin qu’une lecture linéaire.

Les livres choisis sortent parfois en faible tirage et attendent le bouche à oreille pour être découverts mais ainsi, la fondatrice, le directeur éditorial et leur équipe se sentent libres dans leurs choix et proposent un catalogue divers, varié, éclectique, enrichissant, surprenant, « dissonant » …

Les couvertures, toutes identiques, sont là pour rappeler que seul le contenu est important (entretien du 29 Janvier 2011 entre Virginie Carbuccia et Dominique Bouchard) avec un logo qui montre que la lecture n’est pas figée, ni dans le temps, ni dans l’espace ….

Le contenu, la qualité, sont privilégiés sur l’apparence et la quantité. Les lecteurs le comprennent et les auteurs aussi.

Cette fois-ci, c’est à de jeunes étudiantes de l’école du CELSA (Centre d’Etudes Littéraires et Scientifiques et Appliquées), qui dépend de la Sorbonne, que la possibilité d’être publiées a été offerte.

Le CELSA, très connu au sein des grandes écoles, pour être le « top » en matière de communication, propose un concours de nouvelles chaque année (depuis 2007) à plus de cent vingt étudiants. Un jury composé d’auteurs, éditeurs, universitaires, journalistes, libraires récompensent annuellement les trois meilleurs textes.

C’est ainsi que sept jeunes filles ont eu le bonheur de voir leurs écrits édités et regroupés en un même livre sous le titre : « Des nouvelles du Celsa ».

Dans cet opus, sont rassemblées les sept nouvelles les plus marquantes écrites entre 2007 et 2011. Jean-Bernard Pouy, bien connu pour ses livres, a même "postfacé" le recueil.

Cinq des sept jeunes auteurs ont accepté de parler du projet (leurs interviews sont disponibles sur youtube, NDLR). Les questions étaient les mêmes : parler de la nouvelle en quelques mots, donner des indications sur la structure et l’écriture, préciser sa source d’inspiration et partager son ressenti en apprenant la publication sous forme de livre.

Ces jeunes filles s’expriment avec beaucoup d’humilité et les réponses sont variées.

Certaines ont été inspirées par une « tranche de vie» d’histoire personnelle (souvent rattachée au vécu familial) ou par un fait divers, d’autres ont laissé parler leur imaginaire à travers un lieu qui leur est cher. Elles expliquent que l’approche de la nouvelle a été parfois structurée, méthodique, (en trois parties, très « scolaires »), de façon plus originale « en cercles » ; appliquée, pensée, réfléchie ; avec une trame, des parties bien distinctes, ou composée « au fil de l’eau » ….

Mais toutes soulignent le bonheur d’avoir écrit d’abord pour soi, avant d’apprendre que leur « travail » allait être partagé, diffusé …. puis publié ….. et enfin mis entre les mains de lecteurs inconnus ….

Ces nouvelles, panachées dans leur contenu, leur écriture, leur approche de l’écrit, ont malgré tout un dénominateur commun : un élément extérieur va entraîner le(s) protagoniste(s) dans une direction à laquelle il(s) n’avai(en)t pas pensé. Etait-ce une consigne de départ pour le travail d’écriture de ces demoiselles ou les événements se sont-ils imposés d’eux-mêmes ?

Abordant des problèmes de société (solitude, influence des jeux vidéo, vie dans les grandes villes …) ces textes sont écrits avec finesse, doigté. Ces écrivains en herbe manient avec dextérité la langue française, le vocabulaire, la syntaxe et transmettent ainsi des émotions, toute une palette de sentiments et des scènes très visuelles qui viendront toucher le lecteur et l’obliger à se poser des questions … Leurs écrits ont la fraîcheur de la jeunesse et leur expression n’est pas « formatée » …. Elles ont une vingtaine d’années chacune et si elles restent fidèles à elles-mêmes, c’est avec grand plaisir que nous les relirons.

Souhaitons aux éditions Kyklos de rester, comme leur joli nom grec l’indique, dans la spirale de la réussite, en découvrant encore et encore des talents cachés pour le plus grand bonheur de leurs lecteurs présents et à venir ….

   Cassiopée

   Lectrice régulière et journaliste occasionnelle

N.B. : Le lecteur pourra s’interroger sur le fait que seules des étudiantes ont été sélectionnées pour l’élaboration de cet ouvrage. Aussi la rédaction s’engage-t-elle à se renseigner sur ce fait auprès de l’éditeur et à transmettre la réponse dans un prochain reportage. Peut-être les hommes sont-ils moins nombreux à participer à ce concours ?

La rédaction de « Lirenfête » précise que sa journaliste, Cassiopée, remercie les différents partenaires ayant permis la lecture de cette œuvre.

  • * Kyklos, dont le siège social est à Paris, est une jeune maison d’éditions qui n’a pas, volontairement, créé de rubrique « collections » pour ne pas cataloguer les auteurs et éviter ainsi de leur coller une « étiquette », c’est une maison qui choisit ses titres minutieusement.
  • ** Fabrice Berthet est le directeur éditorial des éditions Kyklos, Virignie Carbuccia en est la fondatrice (NDRL)
  • *** Grande école rattachée à l'université Paris-Sorbonne (Paris IV), le CELSA mène des recherches et dispense des formations professionnalisantes de haut niveau en journalisme, communication, marketing, publicité et ressources humaines.