Cette recherche expérimentale, menée par des scientifiques de l’Institute for Bioengineering of Catalonia (IBEC, Barcelone), montre que la combinaison d’organoïdes et d’organes intrinsèques permet des greffes dans des conditions parfaitement contrôlées. Ces travaux, présentés dans la revue Nature Bioledical Engineering qui ont consisté développer des organoïdes de reins humains et à combiner ces organoïdes avec des reins de porc hors du corps, puis de les réimplanter chez l’animal démontre leur viabilité et ouvre la possibilité de régénérer ou de réparer un organe avant la greffe.
Une telle technologie permettrait de réduire les délais d’attente pour les patients atteints de maladies chroniques et augmenter le nombre d’organes viables pour la transplantation. Cette technologie pionnière non seulement permet de produire des organoïdes rénaux humains à grande échelle mais de les combiner aux organes intrinsèques pour les réhabiliter.
Un organoïde rénal est une structure tridimensionnelle de quelques micromètres, cultivée en laboratoire à partir de cellules souches humaines. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un organe complet, il reproduit de nombreuses structures et les fonctions principales du rein. Grâce à ces caractéristiques, les organoïdes permettent d’étudier le développement rénal, de tester de nouveaux médicaments et, à terme, de réparer les tissus rénaux endommagés ou d’améliorer les organes destinés à la greffe.
L’auteur principal, le Dr Elena Garreta, chercheur à l’IBEC, précise : « Malgré le grand potentiel clinique des organoïdes, l’un des principaux défis est de produire ces organoïdes de manière évolutive, uniforme et abordable. Notre nouvelle méthode permet de générer des milliers d’organoïdes rénaux dans des conditions contrôlées, rapidement et avec une grande précision, sans avoir besoin de composants complexes. Cela ouvre la voie à des applications telles que le criblage de médicaments et la recherche sur les maladies rénales ».
L’étude révolutionnaire, a donc consisté pour la première fois à combiner des organoïdes rénaux humains avec des reins de porc vivants connectés à des machines de perfusion. Ces dispositifs permettant de maintenir les organes en vie et oxygénés en dehors du corps avant la transplantation.
La perfusion des organoïdes au sein des reins à l’aide des machines de perfusion a permis aussi de mesurer les paramètres physiologiques de l’organe en temps réel, ce qui pouvait permettre de détecter immédiatement tout signe de lésion ou de rejet.
L’équipe a « inséré » des organoïdes humains dans des reins issus des animaux, puis a regreffé « le tout » et suivi l’intégration et le fonctionnement en temps réel de ces nouveaux organes.
- 24 et 48 heures après la greffe, les organoïdes humains restaient bien intégrés au tissu rénal porcin. Ces reins-organoïdes ont conservé leur viabilité et n’ont déclenché aucune réponse immunitaire. Le rein greffé a donc continué à fonctionner normalement sans aucun signe de lésion ou de toxicité.
Ces résultats marquent une étape importante pour la médecine régénérative et personnalisée. Ces organoïdes rénaux dérivés de cellules souches humaines pourrait réduire les délais d’attente pour les patients atteints de maladies chroniques et augmenter le nombre d’organes viables pour la greffe.
Dans ce scénario clinique prometteur, les organes destinés à la greffe pourraient, en effet, être traités et préparés avant la greffe.
Source: Nature Biomedical Engineering 31 Oct, 2025 DOI:10.1038/s41551-025-01542-1 Systematic production of human kidney organoids for transplantation in porcine kidneys during ex vivo machine perfusion
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