Pourquoi associe-t-on encore masturbation et perte de cheveux ?
C’est probablement l’une des idées reçues les plus tenaces autour de la masturbation masculine.
Et je l’ai moi-même entendue très tôt.
“Ne te masturbe pas trop, ça fait tomber les cheveux.”
“Regarde-le, il est chauve jeune, tu sais pourquoi…”
Ces phrases, beaucoup d’hommes les ont intégrées sans jamais les remettre en question.
Le problème, c’est qu’elles s’ancrent profondément, surtout à une période de la vie où la perte de cheveux commence à inquiéter.
Alors, comme pour les autres mythes liés à la masturbation, j’ai voulu comprendre :
d’où vient cette croyance, et surtout, que dit réellement la science ?
À retenir avant d’aller plus loin / Spoiler Alerte
- Non, la masturbation ne provoque pas la calvitie
- Aucun lien scientifique direct n’existe entre masturbation et perte de cheveux
- La calvitie masculine est avant tout génétique et hormonale (DHT)
- Les études sérieuses contredisent clairement cette idée reçue
- Si la masturbation rendait chauve, une immense majorité d’hommes le seraient très tôt
DHT, testostérone et calvitie : le vrai mécanisme
Pour comprendre pourquoi la masturbation est souvent accusée à tort, il faut parler de DHT (dihydrotestostérone).
La DHT est un dérivé de la testostérone, et elle joue un rôle clé dans :
- le développement des caractères masculins
- mais aussi la calvitie androgénétique, chez les hommes génétiquement prédisposés
Les follicules pileux sensibles à la DHT se miniaturisent progressivement, ce qui entraîne :
- un affinement du cheveu
- puis sa disparition
C’est un phénomène génétique, largement documenté en dermatologie.
Là où la confusion commence
La confusion vient souvent de ce raisonnement simplifié :
- Masturbation = éjaculation
- Éjaculation = testostérone
- Testostérone = DHT
- DHT = calvitie
Donc : masturbation = calvitie.
Sur le papier, ça semble logique.
Dans les faits, c’est scientifiquement faux.
Ce que disent réellement les études scientifiques
Masturbation et DHT : aucune preuve de lien direct
À ce jour, aucune étude clinique sérieuse n’a établi de lien entre la fréquence de la masturbation et l’augmentation chronique de la DHT responsable de la calvitie.
Les recherches publiées dans des revues comme le Journal of the American Academy of Dermatology montrent que :
- la DHT est principalement influencée par des facteurs génétiques
- sa production n’est pas significativement modifiée par l’activité sexuelle ou masturbatoire
En clair :
la masturbation n’augmente pas la DHT de façon durable.
Testostérone et cheveux : une relation indirecte
Comme évoqué dans l’article précédent, les études endocrinologiques publiées dans The Journal of Endocrinology indiquent que :
- la masturbation n’entraîne pas de hausse durable de la testostérone
- les variations hormonales post-éjaculation sont temporaires
Sans augmentation chronique de la testostérone, il ne peut pas y avoir d’augmentation chronique de la DHT liée à la masturbation.
Pourquoi cette croyance a-t-elle autant circulé ?
Historiquement, la perte de cheveux a souvent été associée à :
- une sexualité jugée excessive
- une “dépense” de force vitale
- une vision morale du corps masculin
Au XIXᵉ siècle, certains médecins affirmaient déjà que la masturbation provoquait :
- la folie
- la faiblesse
- la calvitie
Ces théories ont depuis été totalement invalidées, mais elles ont laissé des traces culturelles profondes.
Pour une vision globale et documentée du sujet, je recommande également la lecture de notre guide complet sur la masturbation masculine.
Le facteur clé que l’on oublie toujours : la génétique
Les dermatologues sont unanimes :
la calvitie masculine dépend avant tout de :
- l’hérédité
- la sensibilité individuelle des follicules à la DHT
- l’âge
Si ton père, ton grand-père ou tes oncles sont concernés,
la probabilité que tu le sois aussi est élevée, masturbation ou non.
C’est parfois plus rassurant d’accuser une habitude que d’accepter un héritage génétique.
Pourquoi cette peur est encore si présente chez les hommes ?
Parce que la perte de cheveux touche directement :
- l’image de soi
- la séduction
- la perception de la virilité
Et dans ce contexte, la masturbation devient un bouc émissaire idéal :
- intime
- silencieux
- culpabilisant
Alors qu’en réalité, elle n’est qu’un spectateur innocent dans l’histoire.
Ce que j’ai compris avec le recul
Avec le temps, j’ai réalisé une chose assez simple :
les périodes où je m’inquiétais le plus pour mes cheveux correspondaient souvent à :
- des phases de stress
- des périodes de fatigue
- des moments où je cherchais des causes immédiates à mes inquiétudes
La masturbation était là.
La calvitie commençait peut-être aussi.
Mais corrélation n’a jamais voulu dire causalité.
En résumé
✔️ La masturbation ne fait pas tomber les cheveux
✔️ Aucun lien scientifique direct n’existe
✔️ La calvitie est avant tout génétique
✔️ La DHT n’est pas influencée durablement par la masturbation
✔️ Les discours culpabilisants sont hérités de théories obsolètes
Conclusion
Non, la masturbation n’est pas responsable de la calvitie masculine.
Et non, arrêter de se masturber ne sauvera pas une implantation capillaire génétiquement programmée.
La science est claire, cohérente et constante sur ce point.
Ce mythe fait partie de ceux qui ont la vie dure, parce qu’ils touchent à des peurs profondes.
Et comme souvent, mieux comprendre son corps permet surtout de se libérer de beaucoup de culpabilité inutile.
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