La pression monte entre Washington et Kampala après l’élection présidentielle du 15 janvier en Ouganda, organisée dans un climat de très forte tension et marquée par un blocage d’internet, une présence sécuritaire massive et des accusations de fraudes. Aux États Unis, des voix au Sénat réclament des sanctions ciblées contre des responsables ougandais, estimant que les violences signalées pendant et après le vote fragilisent la crédibilité du scrutin.
Cette demande intervient alors que l’opposition, menée par Bobi Wine, rejette les résultats officiels qui donnent Yoweri Museveni vainqueur pour un nouveau mandat. L’opposition affirme que ses militants sont traqués, arrêtés ou détenus, et pointe directement le rôle de l’appareil sécuritaire, notamment l’armée dirigée par le général Muhoozi Kainerugaba, fils du président. Ces derniers jours, de nouvelles accusations de brutalités lors de raids visant l’entourage de l’opposant ont ravivé la colère et accentué les appels internationaux à la retenue.
À Kampala, les autorités contestent régulièrement les accusations d’abus et dénoncent une ingérence étrangère, tandis que la crise politique s’installe. En arrière plan, l’enjeu dépasse l’élection elle même, avec une opposition qui se dit privée de recours effectif et un pouvoir déterminé à maintenir l’ordre par la force, au risque d’alimenter une spirale de répression et de sanctions.