Le Sénégal se prépare à ouvrir un chantier constitutionnel sensible au début de l’année 2026. Dans son message à la Nation du 31 décembre 2025, le président Bassirou Diomaye Faye a annoncé que des projets de textes liés à la révision de la Constitution seraient présentés en Conseil des ministres puis transmis à l’Assemblée nationale au cours du premier trimestre 2026, dans le cadre d’une refondation des institutions.
Le paquet annoncé dépasse la seule Constitution. Il inclut aussi des réformes attendues de la Cour constitutionnelle, du Conseil supérieur de la magistrature, de la Commission électorale nationale indépendante et du Code électoral. Autrement dit, il touche à la fois l’arbitrage des élections et l’organisation de la justice, deux domaines où la moindre modification déclenche immédiatement un débat national, entre exigences de transparence, garanties d’indépendance et craintes de verrouillage politique.
L’exécutif veut s’appuyer sur les recommandations issues des Assises de la Justice en 2024 et des concertations sur le système politique en 2025. Le calendrier annoncé est serré et le terrain est sensible, car cette réforme va mécaniquement opposer des visions différentes de l’équilibre des pouvoirs. Pour le pouvoir, l’enjeu est de prouver qu’il peut moderniser sans fracturer. Pour l’opposition et la société civile, l’enjeu est d’obtenir des garde fous clairs sur les règles du jeu démocratique avant tout changement durable.