Le Parlement européen envisage un tour de vis contre certains États membres accusés de s’écarter des principes de l’Union, notamment sur l’État de droit, l’indépendance de la justice et le respect des libertés fondamentales. À Bruxelles et Strasbourg, le ton se durcit autour de l’idée que les mises en garde et les procédures longues ne suffisent plus, surtout quand des réformes nationales sont perçues comme répétées et assumées.
Derrière le mot sanctions, plusieurs leviers existent déjà et le Parlement pousse pour qu’ils soient appliqués plus fermement. Il peut s’agir de demander l’activation ou l’accélération de la procédure de l’article 7, qui peut aller jusqu’à une suspension de droits de vote, ou d’appuyer le recours au mécanisme de conditionnalité budgétaire, qui permet de geler des fonds européens si des atteintes à l’État de droit menacent la bonne gestion de l’argent de l’Union. La pression passe aussi par des résolutions politiques très ciblées, destinées à mettre la Commission et le Conseil face à leurs responsabilités.
Ce débat est explosif car il touche au cœur de la souveraineté nationale et alimente un affrontement politique frontal. Les gouvernements visés dénoncent souvent une ingérence et une “justice à géométrie variable”, tandis que les eurodéputés favorables au durcissement insistent sur une ligne rouge simple, l’Union ne peut pas financer sans conditions des États qui affaiblissent ses règles communes. Dans les prochaines semaines, l’enjeu sera de voir si cette volonté politique se transforme en décisions concrètes, avec des conséquences immédiates sur des budgets, des programmes et des rapports de force au sein des Vingt-Sept.