Le chanteur John McRea, originaire de Sacramento, se tanne du circuit des cafés, au début des années 90 et commence à recruter de bar en bar. Il s'entend d'abord avec le trompettiste Vince DiFiore. Ce dernier dira que McRea vole les musiciens de tous les bands dans lesquels ils se trouvent. Il a ce charme. Ça leur tente de travailler avec lui. Greg Brown est amené à la guitare, Shon Meckfessel à la basse et Frank French à la batterie. Ils sont tous actifs dans d'autres bands. Mais quitte pour former avec McRea, Cake.
Meckelfessel quitte très vite pour terminer l'école et est remplacé par Gabe Nelson. On joue dans les clubs de San Francisco, on se fait remarquer un peu, on tricote un premier album sur trois ans, à ses frais, album qui capte l'attention de l'animatrice de radio Bonnie Simmons, qui accepte de devenir leur gérante. Les gars vendaient leur disque après les spectacles, de leur van de transport. Le magazine
Pulse ! leur fait une belle critique, nommant
leur album de 1994 comme un des meilleurs de cette année-là. Le vent commence à tourner en leur faveur. Simmons leur fait signer un contrat.
La maison de disque relance l'album en 1995. Avec une vraie distribution. Et le band vivra sa plus belle année d'inspiration. On dit d'eux qu'ils sont rappels de Bob Wills, Buddy Holly ou Lou Reed. Et McRea a beaucoup d'humour. On salue leur résistance à ne pas inclure de reprises d'autres artistes sur leur premier effort. Ce qu'ils trahiront aussitôt.
Cake joue sur scène depuis presque 5 ans, une version de
I Will Survive de Gloria Glaynor. Qu'elle n'aimera pas en raison de la profanité qu'on y ajoute. Ça reste une splendide chanson pour mes oreilles, principalement pour la trompette de Vince DiFiore. Le batteur French et le bassiste Nelson quitte le band devant la perspective de partir longuement à l'extérieur, en tournée. Ils sont remplacés par Todd Roper à la batterie et Victor Damiani à la basse. Avec une nouvelle rythmique, nouvelle dynamique. Leur album de 1996 sera, selon moi, leur meilleur. Rock alternatif, rock, funk, hip hop, rockabilly, jazz, country, pop rock, folk rock, musique latine, leur second album coche toutes les cases. La trompette de
DiFiore ajoute une splendide couleur à leur son. Greg Brown leur compose le premier single. On reprendra aussi une chanson de Willie Nelson pour clôturer l'album, mais pour l'ouvrir, une de mes chansons préférées à vie. The Distance atteindra le top 5 au Canada et #4 aux États-Unis. L'album. le top 10, en Australie. Notre co-loc Val l'achète et on l'écoute tout 1996.
On fera le tour des États-Unis en tournée, puis la première partie des Counting Crows, en Angleterre.
Mais après la tournée, quand McRea trouve que la chimie musicale a vraiment bien prise dans le band, Brown et Damiani quittent le band. Pour un nouveau projet à eux. Xan McCurdy devient guitariste et Gabe Nelson revient à la base. Sans Brown, McRea se permet d'explorer davantage musicalement et l'album suivant est plus éclaté encore. Il ne fait pas l'unanimité. On pondra quelque chose d'autre rapidement, d'une nouvelle pochette pastel. McRea réalisera le clip du premier single ainsi que le clip du second single. On salue "le retour à leur ancien son". Même si ils n'ont que 3 albums avant celui-là. C'est le dernier album complet de Todd Roper à la batterie, il ne sera que de deux morceaux de l'album suivant. On devait partir en tournée dans le monde, mais les évènements du 11 septembre les convainc de ne pas voyager à l'étranger et on tournera en Amérique du Nord, sans être une première partie, et dans les festivals avec Modest Mouse, De La Soul ou The Flaming Lips dont ils se font des amis aussi. On utilise un peu plus de synthétiseurs. On a toujours cet humour subtil dans les chansons. Ce qui déplait à certain(e)s. Qui les trouvent alors beaucoup moins inspirés/inspirants.
Avec les sous amassés avec les années, on prend 6 ans pour se bâtir son propre studio, tout en concoctant de la musique ensemble. Le dernier album est lancé en 2011, dans une certaine indifférence.
Le band, et ça s'entend, se dit influencé par la musique country, le mariachi, le new wave, le college rock, le jazz, le folk iranien, la musique brésilienne et le hip hop. McRea, cite pour lui Hank Williams, Golden Gate Quartet, Tom Zé et Sly & The Family Stone.
Il y a 10 ans, Todd Roper revient à la batterie. Car on fait encore des tournées locales. Souvent dans des festivals voulant honorer les années 90, même si ce n'est que 50% de leur oeuvre.
Greg Brown, auteur de leur plus grand hit il y a 30 ans, est décédé à seulement 56 ans, après une lutte contre une maladie non spécifiée, le 7 février dernier.