Sa sincérité est remarquable et je n’ai pas envie de trahir sa confiance en révélant les dessous de ce roman mais sachez qu’il est très judicieusement construit et que rien n’y est anodin. Je vous incite à le lire, en prenant le temps de le déguster. Je vais malgré tout en dire l’essentiel mais ne comptez pas sur moi pour spoiler la fin qui est … fracassante tout autant que bouleversante.
Commençons par la couverture. Vous y avez peut-être reconnu un exemple de ces tissus d’ameublement assortis aux papiers peints, chargés mais charmants, qui habillaient les murs des intérieurs de vos grands-parents. Il y avait des panneaux semblables chez mes arrières grands-parents, et je me souviens de quelque chose de comparable chez mes parents dans les années 70-80. Tellement éloigné des murs unis d’aujourd’hui.
Le motif appartient à la collection du Musée des Etoffes de Mulhouse. C'est une évocation de l'arbre de vie qui symbolise l’importance des racines et la force de la vie qui se traduit en arabesques et volutes formées par les entrelacs de fleurs, feuilles et branches. Ils rappellent ceux des Indiennes importées en Europe par les comptoirs occidentaux installés aux Indes à la fin du XVI° siècle puis fabriquées par des manufactures locales plus adaptées au goût européen comme Jouy-en-Josas s'en fit la spécialité, et que je vous recommande de visiter.Alexa Stresi s'est fixé pour contrainte que chacun de ses livres soit différent les uns des autres des autres, quitte à décontenancer le lectorat (ou à en gagner un nouveau …). Le prochain -déjà en cours de confection- ne faillira pas à cette règle.
Grand prince d’Alexia Stresi, Flammarion, en librairie depuis le 14 janvier 2026