Parmi eux Susanna Inglada, choisie comme artiste focus par son galerie, Maurits Van de Laar, installé aux Pays-Bas (ci-dessous entre la commissaire et l'artiste), me semblait avoir le potentiel pour l’emporter pour son talent bien sûr mais aussi l’ampleur de son potentiel à déployer le dessin au-delà de la feuille, et qui s’exprimait déjà par exemple à travers son recours à la céramique pour y exprimer aussi sa créativité en matière de dessin.
En effet elle explore aussi bien les notions de pouvoir, d’autorité, que de corruption et d’inégalités de genre à travers des scènes théâtrales peuplées de figures expressives et distordues, brouillant les frontières entre dessin et sculpture. Tout est pour elle opportunité à écrire une nouvelle page : Dessiner est une façon de me poser des questions, dit-elle.
J'ai eu le privilège de la visiter en avant-première et en sa compagnie ainsi que de la commissaire d’exposition Giuliana Benassi.
L’ampleur de l’espace a été l’occasion pour l’artiste d’opérer une nouvelle lecture des relations humaines en élargissant le champ des possibles. On remarquera combien un matériau aussi fragile que le papier, moins résistant en tout cas que la céramique, peut devenir un pont extrêmement solide pour devenir le miroir de nous-mêmes.
Comme nous l'a expliqué Giuliana Benassi sont ici rassemblées les oeuvres les plus récentes de l’artiste et propose un parcours immersif (parce que le visiteur est invité à circuler dans la forêt) où le dessin s’étend dans l’espace tridimensionnel, transformant celui-ci en une scène expressive de la contemporanéité. La fragmentation, déjà soulignée par le titre, n’est pas seulement une technique de composition par le collage, mais aussi une clé pour révéler une vision de l’existence où chaque fragment prend sa place dans un tout collectif et partagé.
Les oeuvres d’Inglada fonctionnent comme un miroir réactif de l’état du monde, capable de saisir les émotions et les traumatismes du moment présent, une sensibilité nourrie par son parcours théâtral. L’artiste agit comme une metteuse en scène, guidant le spectateur à travers des installations telles que Forest : une forêt de mains menaçantes, métaphore dramatique de l’unité et du conflit, ou Ojos Cerrados (Yeux fermés), un collage de figures aux yeux clos incarnant l’archétype de ceux qui détournent le regard ou ne peuvent affronter le conflit. Ces figures deviennent a contrario un avertissement puissant et un appel à l’éveil collectif.
Elle a participé à de nombreuses résidences d’artistes aux Pays-Bas, en Allemagne, aux États-Unis et en Italie. Elle a reçu le Generaciones Award (Espagne, 2019), le Scheffer Prize (Pays-Bas, 2020) et le Drawing Now Award (France, 2025).
All Parts Of Us de Susanna Inglada
Exposition du Prix Drawing Now 2025Commissaire d’exposition : Giuliana Benassi
Du 13 février au 10 mai 2026
Au Drawing Lab - 17, rue de Richelieu - 75001 Paris
Entrée libreOuvert tous les jours de 11h à 19h
L'artiste a installé deux autres expositions, à Amiens, que je visiterai le 13 mars prochain. Je complèterai alors cet article. Et je rendrai également compte de la prochaine Drawing Now qui se déroulera du 26 au 29 mars 2026 au Carreau du Temple à Paris.
- Guénaëlle de Carbonnières, née en 1986, représentée par la Galerie Binome,- Roman Moriceau, né en 1976, représenté par Archiraar Gallery,- Chloé Vanderstraeten, née en 1996, représentée par Traits Libres Gallery,- Maxime Verdier, né en 1991, représenté par la Galerie Anne-Sarah Bénichou,- Katarzyna Wiesiołek, née en 1990, représentée par la Galerie Eric Dupont.
Déployée sur 1 500 m², la Drawing Factory II offre aux artistes un espace de création alliant ateliers, foyer commun et salles de rencontres. Les ateliers permettent le travail collectif, l’expérimentation de nouvelles techniques et le développement de projets de grande ampleur. Le 3e niveau est réservé aux rencontres ou ateliers participatifs. On y retrouvera les rencontres du Cnap et d’autres institutions invitées.
Un appel à candidatures avait été lancé suscitant plus d'une centaine de réponses pour … 32 pièces disponibles de 10 à 30 mètres carrés répartis sur les 6 étages, à l'exception du 3ème.
La sélection a été réalisée par un comité composé de Simon André-Deconchat (directeur adjoint du Centre national des arts plastiques), Marianne Dollo (art advisor et collectionneuse), Christine Phal (fondatrice du Drawing Lab), Carine Roma (directrice artistique de l’Espace Jacques Villeglé), Carine Tissot (présidente de la Drawing Society), Henri Van Melle (président des Jardiniers Montrouge) et Jérôme Zonder (artiste).
Aucune approche en particulier n'a été privilégiée, ni critère d'âge, rassemblant des femmes et de hommes entre 25 et 38 ans, de plusieurs nationalités, venant de diverses régions de France.
Certains sont déjà reconnus. D'autres, non ou disons pas encore. Ensemble ils ont créé une sorte de communauté d'entraide et oeuvrent dans une ambiance agréable. Les 33 artistes (car il y a un duo) représentent un bon panorama de ce qu'est le design aujourd'hui.
Chacun loue son espace, 10€ le mètre carré par mois. La moitié d'entre eux participeront à une exposition collective de fin de séjour dans le lobby et le rooftop.
J'en ai rencontré quatre, choisis par hasard, car comment faire autrement ?
Elle explore des problématiques universelles et raconte son appréhension des relations humaines pour créer des univers imaginaires porteurs d'espoir.
Elle a intitulé son projet Miam la vie, en réaction à la tendance d'estimer que rien ne va. Elle participe à des ateliers avec le jeune public et des médiations.
Elle pratique un dessin expansif, méditatif et multidisciplinaire, tissant des liens entre processus organiques, dynamiques de l'esprit créatif et pratiques contemplatives. Indissociable du vivant, son travail se nourrit de voyages immersifs à travers des natures et cosmovisions diverses, qui élargissent sa perception et intensifient son processus créatif, vécu comme une célébration de la plasticité de l'univers.
Pour cela elle a imaginé des machines qui lui permettent de dérouler ses dessins (effectués sur un simple rouleau de papier de caisse enregistreuse) qui font chacun 25 à 45 mètres de longueur. Elle travaille aussi sur une ligne textile.
Son travail explore les rapports entre geste, matière et espace à travers ce médium, la céramique et la performance, questionnant la place du dessin dans la création contemporaine et son dialogue avec d'autres disciplines artistiques.
A l'instar des céramistes, il emploie le crayon oxyde. il cuit, casse, recolle dans l'esprit des memento mori. En perdant son utilité en tant qu'objet, ce qu'il fait entre dans la fragilité du dessin et devient une oeuvre.
Il emploie des biscuits blancs au départ intacts car il n'en existe pas qui comportant un défaut seraient mis au rebut. Sur ceux qui sont photographiés ci-dessous on reconnaitra un rouge-gorge, un étourneau et un moineau.
Entre illustration, bande dessinée, fresque, motif et décor, elle manie couleurs, textures et lumière pour créer des compositions saturées et vibrantes.
Cherchant à produire des œuvres dialoguant avec nos espaces de vie et de circulation, ses dessins s'étendent du format feuille à l'installation immersive, investissant vêtements, murs ou pièces entières.