C'est con j'avais un peu espoir.
On a un nouveau sous-patron, qui semblait de notre côté. Il l'est, en partie. Mais comme les autres, il n'a pas idée de ce qu'on fait. On arrive à 6h00 le matin. Correction, je commence à 6h le matin. Je m'arrête à midi. 6 heures de travail. Disons une heure de diner. Mais je ne prends pas une heure de diner. Les délais pour les requêtes des villes et la suite de notre travail est midi, il est donc favorable de commencer tout de suite le travail d'après-midi le plus rapidement possible pour ne pas ralentir les autres, on mange tous les deux à nos bureaux, tout en travaillant. Lui, mon collègue, appelons le Averell, arrive à 6h30. À midi, il dine aussi. Fait comme moi puisqu'on a pas mal les mêmes tâches. On prend quand même du temps pour nous, on accepte qu'on aurait une heure comme les autres le prennent. Donc 6 heures de travail = midi, 1 heure de diner, (il serait donc 13h) + 2 heures = 15h00. Mais 8 fois sur 10, on prend pas 30 minutes. On quitte à 15h assez pile tous les deux. À 15h01, on est plus payé. On travaille fort. Ce qui n'est pas cru. Personne ne ferait ce qu'on fait car on nous lance tout ce que les autres ne veulent pas faire, donc, on déborde.
Ce n'est pas cru non plus. J'entre des fois à 5h du matin pour une heure de plus à faire avancer nos affaires, sans jamais le réclamer. Personne ne reconnait l'effort non plus. J'ai nettement moins de félicitations que de reproches. On est des aubaines. Sous payées. Des aubaines siiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii incomprises.
Comprenons nous bien. En situation d'urgence, oui, il arrivera plus d'une fois qu'on finira plus tard que 15h00 parce les vagues menacent de noyer du monde. Mais quand on quitte à 15h00, on sort aussi la tête de l'eau. JAMAIS ne quittons nous PARCE QU'ON A FINI. On quitte parce qu'il est justement 15h00. Parce qu'à 15h01 et tout ce qui suivra, on sera bénévoles. On est payé à l'heure. Et les plus peu de toute l'entreprise. Pourquoi pour l'amour du ciel travaillerions nous encore plus gratuitement ? Nous le faisons déjà quand on entre plus tôt.
Lundi, celui à qui on avait confessé que notre travail était largement sous-estimé, à tenu une réunion appelée "gestion des horaires". J'ai tout de suite détesté le titre. Et compris exactement de quoi il en tenait. Jeudi dernier, en quittant, après une journée surhumaine où nous nous étions tous deux défoncés au travail, j'ai senti qu'en quittant à 15h, je faisais des jaloux.
La jalousie est le probable pire défaut sur terre. La racine du mal.
On a pas plus de temps à 15h00 qu'avant. Ce n'est ni vu, ni compris. À nouveau, il se range du côté des "ces gars-là ne font rien". Pourquoi ? Parce qu'on est dans le coin ? Loin de leurs yeux ? Parce qu'Averell prend des pauses cigarettes ? travaille deux jours semaines de chez lui ?
Notre chiffre d'affaires, la semaine dernière, était de 123% augmentés par rapport à la même semaine, l'année dernière. Nos chiffres, depuis janvier, augmentés de 65%. On était 8. Pas un, mais DEUX épuisements professionnels plus tard, nous forcent à prendre les bouchées doubles à 6 depuis deux semaines Parmi les 6, un nouveau sous patron qui apprend son rôle. On prend TOUS des bouchées doubles. Mais on dirait qu'on pense ENCORE, qu'on en fait pas assez.
Si je commences à 6h, c'est pour la même raison. 20 minutes pour le 17 km jusqu'au travail. J'arrive vers 5h50. Le même trajet à 15h00, entre 47 minutes et une heure. Des fois, une heure trente. Si je pars plus tard, pire. Je ne reviens pas à la maison, je négocie la route tout le long. Entre 1h30 et 2h00.
On pense qu'on aurait du temps à donner encore plus gratuitement que présentement.
J'ai pris une marche pour me changer les idées en ce lundi pluvieux printanier. Me rappelant cette employeure qui pensait avoir des appuis sur les réseaux sociaux en se plaignant de sa "génération z" qui quittait à 18h01. J'ai lui les commentaires. Pas un seul appui. Ça suffit la slavery. J'y trempe, maintenant.
C'est si lourd au bureau. De saines frontières, vous connaissez ?
Et moi qui doit trouver le moment de leur annoncer que du 1er juin au 13, je serai en Italie.
Pas "Est-ce que je peux prendre congé sur cette période ?"
Non, non c'est booké. Hôtels, excursions, billets de train, 4 régions. Roma, Firenze, Cinque Terre, Venezia.
Ils ont toutes les raisons de dire non.
Faudra que j'apprennes à dire la même chose.