"Le passé, présent !" clame le gros titre
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La justice argentine a annoncé qu’elle avait pu identifier douze corps dans des fosses communes liées à un centre de détention clandestine de la dictature militaire de 1976-1983, à La Perla, dans la province de Córdoba, dans le centre de l’Argentine.
Cet ancien centre de torture est
devenu un lieu de mémoire et continue à faire l’objet de fouilles
pour rechercher des
disparus de la dictature.
"Identification de 12 personnes disparues
dans l'ex-centre clandestin de La Perla"
dit le visuel publié par la justice argentine
Pour le moment, les identités des suppliciés n’ont pas été révélées. La justice ne le fera que lorsque les familles auront été informées et uniquement si elles y consentent
Página/12
en fait sa Une alors que le gouvernement de Mileí s’efforce de
passer l’éponge sur les crimes du régime, qui
sont des crimes contre l’humanité et à ce titre sont
imprescriptibles, et de
ralentir le travail de la justice. Face aux nettes
tendances négationnistes du président, de son entourage politique
et de ses alliés,
la rédaction du journal
de gauche affiche les
faits établis comme
autant d’antidotes à ces nouveaux mensonges officiels.
L'autre côté du visuel officiel
A titre d’exemple, à la Cité Internationale Universitaire de Paris, la direction libertaire du pavillon argentin, qui dépend du ministère argentin du Capital Humain, a fait récemment retirer une plaque commémorative dédiée aux trente mille personnes assassinées par la dictature...
Parmi les journaux de droite, seule La Prensa se fait l’écho de la macabre découverte.
© Denise Anne Clavilier www.barrio-de-tango.blogspot.com
Pour aller plus loin :
Ajout du 13 mars 2026 :
L’identité de l’un des douze
disparus de La Perla a été révélée par la justice. Página/12
en rend compte dans son édition de ce matin. Il s’agit de Mario
Nivoli dont la fille se dit enfin soulagée de savoir ce qu’il est
advenu de son papa. Pour elle-même et pour ses propres enfants. Le
14 février 1977, lorsqu’il avait été arrêté arbitrairement,
Mario Nivoli avait 28 ans et il étudiait pour devenir ingénieur en
chimie.
Ajout du 14 mars 2026 :
lire cet
article de Página/12
sur deux nouvelles personnes dont les identités ont pu être
révélées. Il s’agit de Ramiro Bustillo Rubio et Oscar Omar
Reyes, arrêtés le 18 octobre 1977. Au moment de leur disparition,
ils avaient respectivement 27 et 45 ans
lire cet
entrefilet de La Prensa (c’est assez rare pour être
souligné – la rédaction n’est pas à 100 % hostile à la
dictature militaire de 1976-1983)
Ajout du 15 mars 2026 :
Les révélations des identités
continuent. On en est à six personnes dont le nom a été publié.
A ce sujet, lire l’article
de Página/12 de ce matin
lire dans Página/12ce
témoignage poignant de la veuve d’un des assassinés à La
Perla à qui les autorités viennent d’annoncer qu’on a retrouvé
le médaillon avec sa photo qu’elle avait donné à son mari
lorsque la persécution de la dictature avait commencé à les
menacer, avant leur arrestation. Elle a survécu. Lui se trouve très
probablement quelque part dans cette fosse commune où les enquêteurs
ont retrouvé 12 personnes identifiables
lire l’article
de La Nación
Ajout du 16 mars 2026:
lire cet
article de La Prensa sur les premières identités
révélées à l’opinion publique.
Ajout du 21 mars 2026 :
La sœur d’une des douze
victimes du terrorisme d’État retrouvées et identifiées dans la
fosse commune de La Perla vient d’écrire à Mileí pour demander
que les investigations judiciaires continuent, or l’on sait que le
président souhaite que tous ces travaux cessent d’exister et qu’on
passe l’éponge sur la dictature militaire.
A ce sujet, lire l’article
de La
Nación