Là-haut vers le Nord

Publié le 18 mars 2026 par Alexcessif

Moi le dragster…

J’allais évoquer mon désintérêt pour cette activité qui allonge les bras quand mes valeurs morales, ou ce qu’il en reste, m’incitèrent à un peu d’introspection histoire de me titiller le carbu de l’honnêteté intellectuelle— Dis moi petit que s’est’il passé l’année de tes 16 ans? — Pfff ça remonte — Je t’aide: tu passais le permis moto parce que à 16 ans en 70 c’était le seul moyen de passer du Solex à un engin plus pressé d’aller voir la mer. Tu allais le jeudi chercher ton Moto-Journal direction la page des essais et les chiffres du 400 métres D.A.Gagnante la DS7 250 Yam la Kawa absente des débats pour cause de gestation dans un cerveau japonais, elle sortira trop tard. L’homme, ou son représentant ado qui écoute pousser sa moustache avant de prétendre au titre de géniteur, l’homme disais-je n’a que deux occasions de dire “c’est Elle!“: Sa première meule et la femme de sa vie — Et…— Bin, le dragster! Chaque feu rouge était un départ de 400 mètres D.A, le lâcher d’embrayage dans la nano seconde du rouge au vert, la roue arrière qui mort le goudron comme une hyène qui a la dalle, le transfert des masses sur l'avant parce que la roue se prend pour la navette Challenger, le menton sur le réservoir et les jambes en contrepoids avant de reprendre contact avec la planète parce que le feu rouge d’après est déjà là 16 secondes plus tard. Tous les caisseux présents sur l’avenue Thiers à Bordeaux entre le pont de Pierre et les Quatre Pavillons s’en souviennent— Calme-toi! 27 chevaux à la roue arrière vendus par la fiche technique pas de quoi taper Donald et son vélo fusée! Ça devait te changer du Solex c'est tout! T’as toujours été un émotif — Pas faux! 71 — 16 = 55 ans plus tard je suis dans le Nord entre le mec qui s’est assis sur un réacteur d’avion et un journaliste de M.J qui doit avoir qq responsabilités dans mes émotions à motocyclette … et comme disait l’ami Fred “ Si tu vis de passion tu meurs de passion mais si tu vis d’argent tu meurs de quoi?
“Il est presque impossible de lire une belle chose sans éprouver le désir d’en faire autant soi même“ Steinbeck. Steinbeck ou Stinbeck, le chaland du salon de la moto à Douai s’en cogne un peu. “Je lis jamais!“ dit le motard nordiste déambulant entre le Stand Yamaha et nous. Nous sommes sur le stand de la radio locale @kickincoutetoupal et l’écrivain le plus proche que je puisse citer sévissait à Amiens pas à Douai. Jules Verne est géographiquement trop loin pour faire vibrer par l’écrit les adeptes du cri et de la fureur des Dragster de Daisy et Donald Pottier ou du pneu arrière de Sarah Lézito. Pour autant l’auteur de “100 anecdotes de la course moto“ tome un et deux et de “ Coluche, c’est l’histoire d’un record“ a réussi à transmettre par les mots notre curiosité et passion commune pour les coulisses où les champions gagnent des centièmes à ceux qui “ne lisent jamais “sauront comment le talent et le travail s’ajoutent à la ruse