La chute d’Orban vue de Buenos Aires [ici]

Publié le 13 avril 2026 par Jyj9icx6

"La Hongrie a toujours été proche [de nous], dit le gros titre
de l'édition locale de Página/12
(à La Plata, capitale de la Province de Buenos Aires)
sur cette photo de Mileí avec Orban le 21 mars à Budapest
Ce titre cite un des messages officiels de félicitation à Peter Magyar
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Hier, Victor Orban a été balayé par les électeurs hongrois, malgré le soutien appuyé de plusieurs tenants de régimes autoritaires qui n’ont pas hésité à envoyer leurs plus prestigieuses figures faire de l’ingérence à Budapest dans la campagne électorale.

L'info est annoncé dans l'encadré rouge de droite
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La semaine dernière, J. D. Vance, vice-président des États-Unis, participait à un meeting électoral où il a eu l’audace de soutenir cette proposition absurde : il faut mettre un terme à l’ingérence illégitime de l’Union européenne dans les affaires de la Hongrie, alors que ce pays est précisément membre de la dite Union et doit donc se conformer à ses règles établies et librement consenties par chaque État membre, tandis qu’il ne fait pas partie de l’État fédéral dont provenait ce jeune et ridicule orateur barbu, si imbu de sa personne, qui n’a de cesse de nous insulter.

Clarín a accordé sa photo de Une à Peter Magyar
lors de l'annonce de sa victoire hier soir
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Le 21 mars, c’est Javier Mileí qui était venu soutenir son pote hongrois, l’un des rares dirigeants européens présents à sa prestation de serment (1) en décembre 2023.

Sondage publié par Página/12 aujourd'hui
(cohérent avec les sondages
publiés par d'autres médias)
Question : Voteriez-vous pour réélire Javier Milei ?


Sans parler de Poutine, qui en a fait de tonnes en pure perte, ni des représentants de l’extrême-droite qui sont dans l’opposition en Europe.

Les raisons du vote : la situation économique arrive en premier à 47,7%
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Autrement dit, la cuisante défaite de Victor Orban et les scènes de jeunesse en liesse sur la rive du Danube, rappelant la place de la Bastille le 10 mai 1981, apparaissent comme la promesse d’un retour aux principes de la démocratie et de l’État de droit autant aux États-Unis qui préparent leurs élections de mi-mandat, qu’en Argentine, où seule l’ingérence ouverte et menaçante de Donald Trump a pu renforcer la position politique de Milei l’année dernière en Argentine.

"Soulagement en Europe : l'opposant hongrois
Magyar écrase le scrutin et Orban quitte le pouvoir
au bout de 16 ans", dit le titre secondaire
sous la photo des deux hommes
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L’état déplorable dans lequel la politique libertarienne de ce fou, corrompu jusqu’à la moelle, a jeté le pays fait que ce matin, en dépit de la distance géographique, historique et culturelle entre l’Amérique du Sud et l’Europe centrale, c’est un certain soulagement qui s’exprime jusque dans la presse de droite (après tout, le nouveau Premier ministre hongrois s’annonce comme un conservateur classique) : le cauchemar antidémocratique peut prendre fin, surtout avec la politique, ouvertement insensée et incohérente, de Trump qui vient de subir un indéniable revers militaire et diplomatique puisqu’il n’a pas fait plier l’Iran, même s’il prétend le contraire (ce qui n’était pas encore le cas en octobre dernier, lors des élections de mi-mandat argentines). En Argentine, ce Waterloo électoral en Hongrie s’affiche donc sur toutes les Unes.

Et les sondages démontrent la nette dégradation de l’image de Milei dans la population. Deux tiers des Argentins disent qu’ils ne voteront pas pour lui et la raison majeure avancée est la situation économique du pays, auquel Milei avait pourtant promis monts et merveilles grâce à ses dérégulations à tout-va. Comme dans le cas d’Orban, cette politique autoritaire conduit le pays à la ruine.

© Denise Anne Clavilier www.barrio-de-tango.blogspot.com

Pour aller plus loin :

lire l’article de Une de Página/12
lire l’article de Une de Buenos Aires/12, l’édition locale de la province de Buenos Aires, pour l’heure bastion de la gauche de gouvernement argentine
lire l’article de La Prensa (qui classe Orban dans l’extrême-droite européenne, alors que cette rédaction argentine soutient elle-même des positions de l’extrême-droite locale. Elle est en effet assez peu critique envers la dernière dictature militaire, pour ne pas dire qu’elle exprime une certaine nostalgie pour ce « bon vieux temps »)
lire l’article de Clarín
lire l’article de La Nación sur la victoire électorale de Peter Magyar
lire l’article de La Nación sur le champ de bataille politique argentin après cet échec du candidat soutenu par le président
lire le portrait de Peter Magyar dans La Nación

(1) Milei avait aussi invité Volodymyr Zelensky. Le président ukrainien avait profité de cette occasion, rare pour lui, pour s’entretenir avec les autres chefs d’État du sous-continent et pour créer un précédent (c’était en effet la première fois qu’un président ukrainien posait le pied sur le sol argentin et même sud-américain). Depuis ce 10 décembre 2023, Zelensky a pris discrètement et astucieusement ses distances avec le président argentin, lequel a de son côté démontré au-delà du doute raisonnable qu’il n’avait en fait jamais eu la moindre intention de tenir ses promesses insincères de soutenir l’Ukraine dans son combat contre l’envahisseur russe. Le temps a en effet révélé que ces promesses n’avaient eu pour seul objectif que de démarquer sa candidature de la diplomatie timorée et ambiguë de son prédécesseur, Alberto Fernández, toujours resté en bons termes avec Vladimir Poutine, dans l’illusion difficilement compréhensible que la Russie était un champion de l’anti-impérialisme, ce qui est le comble du contresens géopolitique. Quant à l’invitation faite à Zelensky d’assister à son investiture, elle semble ne lui avoir servi qu’à faire mettre en Une de la presse des pays démocratique sa prestation de serment qui, sans cette figure prestigieuse et appréciée dans nos pays, n’aurait été traitée que par la presse des pays voisins dont il s’est ensuite désolidarisé dans les semaines qui ont suivi Avec la présence de Zelensky à son discours inaugural, Mileí a réussi une entrée fracassante dans la conscience politique des opinions publiques de pays dont il espérait se rapprocher – et qui l’ont à présent en horreur : les États-Unis, alors sous administration démocrate, la Grande-Bretagne alors sous gouvernement conservateur, l’Allemagne (pour son industrie et son ample marché), l’Italie, pour les beaux yeux de Georgina Meloni, la Hongrie (pour ceux de Victor Orban), et peut-être aussi les Pays-Bas mais, dans ce cas, uniquement pour la reine Máxima, d’origine argentine.