Pour une fois, voilà une prestation qui devrait mettre tout le monde d’accord en politique. Professeur, auteur, chroniqueur et streamer, Clément Viktorovitch fait désormais ses premiers pas au théâtre avec « L’art de ne pas dire », un spectacle mêlant savamment humour et décryptage du vocabulaire employé par nos élus. Aussi détonnant que certains échanges à table lors des soirées familiales, pour peu que ce sujet qui fâche tant y soit abordé.
C’est donc « seul en scène » que Viktorovitch fait le grand saut face au public. Le docteur en science politique y incarne le conseiller en communication du Président de la République, qui, après avoir été brutalement évincé, cherche à se venger. Son arme ? Une conférence, lors de laquelle il décide de dévoiler tous les secrets utilisés pour conquérir le pouvoir… Voilà pour le pitch. Résultat : une fiction grinçante à bien des égards, qui fait néanmoins la part belle au rire grâce aux interactions et autres jeux avec le public. Le tout sur un format confortable – relativement court et bien rythmé (1h15) – ne laissant aucune place à l’ennui. On aime !
À force de remporter nos victoires par le vide, la politique est devenue, non plus un dialogue de sourds, mais un débat de muets.
Du vide, du plein et surtout du trop plein de vide. Au-delà des punchlines stériles souvent reprochées à nos politiques, Clément Viktorovitch passe au crible – un terme après l’autre – l’art habile de brasser du vent. On en rit de bon coeur mais un peu jaune quand même. Car nul n’est à l’abri du pouvoir des mots ou de l’effet « waow » d’une phrase foutrement bien tournée, aussi averti soit-il. Et c’est précisément en jouant sur cette corde sensible que l’auteur remplit sa mission de vulgarisation.