The Fabelmans de Steven Spielberg

Par Etcetera

La chronique de Prince Ecran Noir sur son blog Le Tour d’Ecran à propos de « The Fabelmans » avait attiré mon attention. Pourtant, je n’avais plus vu de film de Steven Spielberg depuis au moins vingt ans – le dernier étant sans doute « Arrête-moi si tu peux« , un très agréable souvenir. Le fait que « Les Fabelmans » se présentent comme un récit autobiographique de Spielberg et qu’ils retracent, entre autres, la naissance de sa vocation cinématographique et son parcours de création durant l’enfance et l’adolescence, jusqu’à l’orée de l’âge adulte, m’a incitée à le choisir pour Le Printemps des artistes.

Voici le lien vers l’article de Prince Ecran Noir.

Note pratique sur le film

Nationalité : américaine
Année de sortie en salles : 2022
Film Tous publics
Durée : 2h24

Quatrième de couverture du DVD

The Fabelmans de Steven Spielberg nous plonge dans l’histoire familiale du cinéaste qui a façonné sa vie personnelle et professionnelle.
Le film retrace le passage à l’âge adulte du jeune Sammy Fabelman qui découvre alors une réalité bouleversante sur sa mère, bousculant ses rapports avec elle, son avenir et celui de ses proches.
Servi par un casting d’une admirable justesse, Michelle Williams, Paul Dano, Seth Rogen, Gabriel LaBelle, et Judd Hirsch, The Fabelmans explore les relations amoureuses, l’ambition artistique, le sacrifice et les moments de lucidité qui nous permettent d’avoir un regard sincère et tendre sur nous-mêmes et nos parents.
(Source : DVD)

Mon avis

C’est un film empreint de sensibilité, avec des personnages très attachants. Comme souvent chez Spielberg, le thème de la famille, les préoccupations en rapport avec celle-ci, sont au centre de l’histoire. Bien sûr, ce sont les parents qui conduisent pour la première fois leur petit garçon effrayé au cinéma. Ils le convainquent de bien vouloir surmonter sa peur de l’obscurité et des personnages gigantesques pour aller voir « Sous le plus grand chapiteau du monde » de Cecil B. DeMille, qui sera donc son premier choc cinématographique. On n’est pas très sûr que ce choc émotionnel soit vraiment positif en voyant que le petit garçon, de retour chez lui, obsédé par la séquence spectaculaire d’un accident de train, n’a de cesse de vouloir reproduire encore et encore, avec son petit train électrique, la collision qui l’avait tellement impressionné. La caméra offerte par sa mère va lui permettre, à la fois, de rejouer indéfiniment le traumatisme de cette scène, pour le perpétuer de façon obsessionnelle et, également, pour l’atténuer jusqu’à y mettre fin.
Plus tard, la caméra va devenir pour le jeune homme un révélateur de certains dysfonctionnements familiaux. En visionnant des films de vacances qu’il a tournés, il va s’apercevoir que quelque chose ne va pas, ce qui va détériorer ses liens avec sa mère. La caméra devient donc à la fois un instrument de lucidité et un objet qui sème la zizanie, un objet qui n’est pas sans danger ou sans conséquence. À partir de là, d’ailleurs, le jeune Sammy Fabelman abandonne la caméra pendant plusieurs mois ou années, il ne veut plus filmer.
Plus tard encore, alors que le jeune homme est à l’université et qu’il a repris la création de films, la caméra devient un instrument de vengeance très efficace contre deux étudiants antisémites et violents, qui l’ont harcelé pendant toute son année d’études. Grâce au film qu’il est chargé de réaliser pour la fête de fin d’année universitaire, il montre tout son talent créatif et, en même temps, il ridiculise ses ennemis de la plus belle manière.
Spielberg semble donc vouloir nous montrer toute l’ambivalence de la création artistique pour celui qui crée et pour son entourage : la caméra parait dotée tour à tour de multiples pouvoirs, tantôt positifs tantôt négatifs.
Autre aspect de cette ambivalence : la mère de Sam a un tempérament artistique et fantasque, elle est pianiste, et elle soutient totalement la vocation de son fils pour le cinéma – tandis que le père est un scientifique, un ingénieur en informatique, qui aime que l’on fabrique des objets concrets et utiles pour la vie quotidienne : il préférerait que son fils fasse autre chose que du cinéma. Dans cette opposition entre le côté du père et celui de la mère, on sent les oscillations et les hésitations du fils.
Si « Les Fabelmans » ont l’air, au premier abord, d’un film bon enfant, distrayant, très mainstream, on peut finalement lui trouver des significations assez riches et intéressantes, sur les thèmes du cinéma, de la créativité artistique, ou encore de la psychologie humaine.

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Une scène du film

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