« Soleils couchants » de Nadia Boulanger, d’après Verlaine

Par Etcetera
Nadia Boulanger en 1910

Dans le cadre du Printemps des artistes, je n’avais encore jamais présenté de mélodie française (ni d’ailleurs de lieder) alors que ces mises en musiques de poèmes y ont naturellement leur place.
Aussi, dans un souci de parité et de mélange des genres, j’ai cherché à la fois des compositrices ayant été inspirées par des poètes hommes et des poétesses ayant inspiré des compositeurs. Je vous en présenterai quelques exemples ce mois-ci.

Nous commençons par la mélodie « Soleils couchants« , composée en 1905 par Nadia Boulanger (1887-1979), sur le poème éponyme de Verlaine (1844-1896), extrait de son premier recueil, « Poèmes saturniens » publié en 1866.
Il est à noter que cette œuvre est placée sous le signe de la jeunesse : Verlaine n’avait que 22 ans quand il a écrit ce poème et Nadia Boulanger n’avait que 18 ans quand elle a composé cette musique (neuf ans après la mort du poète).

Nadia Boulanger fut une très célèbre pédagogue, pianiste et professeure de composition, qui eut de très nombreux élèves, dont Aaron Copland, Philip Glass, Daniel Barenboim, Léonard Bernstein, Astor Piazzolla, Marion Bauer, Jean Françaix, Quincy Jones, et plus d’un millier d’autres musiciens du 20e siècle. Elle fut très affectée par la mort de sa sœur, Lili Boulanger (1893-1918), également compositrice, au point de renoncer à peu près totalement à la composition dans les années qui suivirent. Nadia Boulanger fut aussi organiste, cheffe de chœur, et une importante cheffe d’orchestre.
(Pour plus de renseignements, cf. sa fiche Wikipédia en suivant ce lien !)

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Soleils couchants

Une aube affaiblie
Verse par les champs
La mélancolie
Des soleils couchants.
La mélancolie
Berce de doux chants
Mon cœur qui s’oublie
Aux soleils couchants.
Et d’étranges rêves,
Comme des soleils
Couchants sur les grèves,
Fantômes vermeils,
Défilent sans trêves,
Défilent, pareils
À de grands soleils
Couchants sur les grèves.

Paul Verlaine

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