C’était toujours

Par Vertuchou

C’était toujours le même beau visage éclatant de jeunesse qu’elle avait devant elle. Mais ce n’était plus cette attirance objective qu’on éprouve pour le corps d’un homme qu’on commence à aimer. Il y avait là une force magnétique beaucoup plus obscure, beaucoup plus globale. Quelque chose chez Senkitchi la fascinait, ne la lâchait plus, et elle n’aurait déjà plus su dire ce que c’était. Sa voix, un geste banal, son sourire, une habitude de rien du tout comme cette façon qu’il avait, lorsqu’il craquait une allumette de faire la moue en regardant la flamme s’allumer d’un regard hésitant… tout cela, surtout depuis le début de leur vie commune, s’était collé comme de la glue dans les moindres recoins du cœur de Taéko, et elle ne pouvait plus s’en défaire. Essayer d’extirper de son esprit un seul de ces petits riens insignifiants revenait pour elle à s’arracher la peau en prenant le risque de la faire saigner.

Yukio Mishima, L'école de la chair.

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Emois

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