Crush

Publié le 22 mai 2026 par Lorraine De Chezlo
de Momo Yamaguchi

Roman - 330 pages

Editions Actes Sud - mai 2026

Mika, Japonaise, a vingt-quatre et vit sa vie de jeune salariée célibataire. Toujours vierge, elle est préoccupée par son avenir sexuel et sentimentale, dont elle peut parler avec son amie. Ses expériences avec les hommes se limitent aux frotteurs du métro, aux comportements déplacés de son patron qui lui demande parfois de l'accompagner le soir en dîners d'affaires avec des clients alcooliques pour lesquels elle serait bien une geïsha. Alors le jour où Tai (Tyler), un expatrié américain, s'intéresse à elle, elle porte tous ses espoirs vers ce bellâtre, sans savoir que ce "crush" relation ne marquera pas la fin de sa solitude ni de ses frustrations sentimentales...

Avec le roman Crush, ce qui frappe d'emblée c'est l'écriture libre, grinçante, sans concession, de la narratrice. Avec beaucoup d'énergie, de recul, de maturité et déjà de désillusions intégrées, elle décrit sa vie sans rien omettre de certains détails crus, de la vacuité de sa vie professionnelle, de son quotidien banal, de ses réalités alimentaires et hormonales.

Extrait :

"Un soir, il mentionne qu’il a un crush sur moi. Comme ça en passant ! « Je suis en crush sur toi, Mika », dit-il d’un ton posé, et mon cœur s’arrête presque de battre. Quel mot frivole. Crush. En anglais, ça signifie pourtant « écraser » : le poids de son amour et de son admiration pour moi l’écrase complètement, il n ’y peut rien. Pas tout à fait un « je t’aime » ou « tu m’as ensorcelé, corps et âme », mais Rome ne s’est pas faite en un jour. Un crush fera l’affaire – pour le moment."

C'est donc un récit assez vivifiant, qui témoigne de réalités contemporaines de la GenZ tokyoïte féminine, un roman aux accents féministes, aux prémices : une écriture volcanique d'une fille qui de l'extérieur paraît tout ce qu'il y a de plus rangée et disciplinée. C'est que la pression sociale est importante, bien évidemment, et les femmes en pâtissent davantage. Alors certes, on tourne un peu en rond, Mika ne brise jamais le plafond de verre des vrais sentiments, mais ce n'est que pour mieux faire ressentir l'enfermement socio-affectif de Mika. Et malgré tout, elle nous fait beaucoup rire tout au long de son récit, brusque mais plein de sincérité et d'humilité.

"Roman féministe sur amour, travail et fantasmes à Tokyo" - Mare Nostrum

L'avis de Sol - Sorcière misandre

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