Fort Alamo, Fabrice Caro

Par Antigone

Je dois être une des rares lectrices à ne pas avoir été séduite par le ton de la BD de Fabrice Caro (alias Fabcaro) « Zaï zaï zaï zaï« , lue à sa sortie (et non chroniquée), et pourtant j’aime l’absurde. D’habitude. Je n’ai toujours pas compris pourquoi je n’avais ressenti qu’un certain malaise à cette lecture. Le dessin peut-être ? J’avais pour autant l’intuition qu’en format roman mon avis serait différent. Et j’avais vraiment envie de tenter de nouveau cet auteur. Ce qui est amusant, c’est que le récit commence plus ou moins par la même scène, le narrateur se trouvant à la caisse d’un magasin.

Le résumé
Cyril se fait doubler à la caisse du supermarché, ce qui l’agace profondément. Mais son étonnement est grand quand le malotru tombe quelques mètres pour loin, après avoir payé. Il apprendra plus tard, que cette personne a succombé à un AVC. Dans les premiers temps, la culpabilité de ne pas être intervenu le taraude, mais une drôle de série se met en place, des accidents, la mort du chien des voisins, le décès de Madame Jacquet, également d’un AVC. Cyril est persuadé d’avoir en lui un drôle de pouvoir, alors qu’il faut par ailleurs vider la maison de sa mère, disparue il y a peu, et préparer Noël.

Mon avis
Ouf, il s’avère que mon intuition était bonne, je me suis régalée ici du ton de l’auteur, du biais sarcastique de son personnage, un biais qui il faut bien le dire se retourne peu à peu contre lui. Et si l’agacement pouvait tuer ? Cyril se pose sérieusement la question. Et des agacements, nous en avons tous. Le lecteur se met alors à partager les doutes de ce professeur d’Histoire, dépassé par les évènements et ce qu’il ressent, sa lâcheté, ses travers asociaux. L’intérêt pour la série d’accidents s’essouffle peut être un peu en milieu de roman, le lecteur ayant compris le principe. Heureusement, Fabrice Caro sait mettre ensuite le curseur sur les réelles craintes de son narrateur. Il faut en effet se résoudre à vider la maison de sa mère et éviter de tuer sa belle-sœur à Noël, voilà qui serait préférable.

 Editions Gallimard – 3 octobre 2024

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…    

Sorti en format poche chez Folio en février 2026