Better days will never be...
Un concert brassant large la discographie de PiL et commençant par le furieux hit "Home" ne pouvait être mauvais. D'autant que John Lydon revenu d'une époque troublée (décès de son épouse, problèmes de santé, maltraitance médiatique, trahison des ex-Pistols....) porte plutôt beau. Enfin ce n'est pas l'espèce de chemise-chasuble-djellaba qui le met à l'honneur - notre homme s'est toujours habillé comme un sac- mais de ça il est coutumier du fait.
Tout est en place donc pour 1H45 de ruades post punk, de dub ambient, de tubes assénés par un quatuor très en forme ( Lu Edmunds déchaîné au bouzouki) où l'on se dit que tel un Kraftwerk amputé des trois quarts de son line-up légendaire, PiL est cette franchise qui emmenée par son leader, traverse les époques et peut défendre une discographie qui sans être pléthorique recèle bon nombre de classiques.
Ils sont tous là : "Home", "This is not a love song" (leur "Blue Monday" à eux), "Death disco" (aussi intitulée "Swan song"), "Poptones". On a même droit à "Flowers of romance" et à une impro rappelant grandement le "Banging the door" de l'album éponyme sur la présentation des musiciens. "World destruction" également, single d'Afrika Bambaataa, sur lequel John fit jadis un featuring. Fidèle à sa légende, PiL fait relativement l'impasse sur son album en cours.
Le son est hénaurme, l'ancien héros du punk grimacier en diable, tous les voyants sont au vert donc ; et il n'y a guère sur "Rise"balancé en rappel (en fait une pause clopes annoncée par Lydon) que l'ex Sex Pistols doit descendre d'un octave sur certains refrains. Un "Rise" repris à tue-tête par le public et qui a le bon goût d'être précédé d'un "Public image" revigorant qui met en extase le Rockstore garni comme un oeuf, de quinquas et sexas punk à chien.
John avait prévenu : "This Is Not The Last Tour". Et comme dit l'autre, les héros ne meurent jamais ; ils s'absentent.