L’Exposition Georges de La Tour au musée Jacquemart-André (hiver 2025-26)

Par Etcetera

Du 11 septembre 2025 au 25 janvier 2026, le musée Jacquemart-André avait mis à l’honneur le peintre Georges de La Tour (1593-1652), connu pour ses scènes intimistes et ses clairs-obscurs d’une grande intensité. Une occasion unique d’accéder à l’œuvre de cet artiste à la production restreinte et peu exposée.

Mon Avis

Cette exposition m’a laissée sans voix, le jugement aboli, car la seule phrase qu’on a envie de prononcer devant ces tableaux, c’est : « Quelle beauté ! ». Un sentiment de plénitude, une émotion très vive, envahissent le spectateur. Ces personnages peints ont une réelle présence, et même au-delà d’une simple sensation de réalité – l’alliance de la vie, de la chair, de la lumière, de la chaleur, d’une âme. L’alliance, aussi, d’un instant de recueillement et d’un sentiment d’éternité. Souvent, ces tableaux suggèrent des scènes immobiles, des moments suspendus où la conscience est particulièrement éveillée. Aussi, j’ai pensé deux ou trois fois que l’esthétique de La Tour – l’impression qu’il fait sur le spectateur – n’est pas si éloignée de celle de Vermeer, par cette relation au temps, à la lumière, à l’immobilité, au silence. D’habitude, je sais qu’on compare plus volontiers La Tour au Caravage, qui l’a effectivement influencé, mais quand on se perd dans la contemplation de La Madeleine pénitente ou du Nouveau-né, les rêveries nous amènent ailleurs qu’en Italie…
Le seul défaut qu’on pouvait trouver à cette exposition était sa brièveté : on aurait aimé un plus grand nombre d’œuvres ! Malheureusement, seule une quarantaine de toiles de Georges de La Tour sont parvenues jusqu’à nous, et l’exposition en réunissait plus de trente, ce qui constitue déjà une importante proportion.
Une merveilleuse visite pour l’un de mes peintres préférés !

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Voici un extrait d’un Panneau Explicatif que l’on pouvait voir à l’exposition

Nuits silencieuses

A l’apogée de son art, Georges de La Tour invente avec ses nocturnes un ténébrisme d’un genre nouveau, où la lumière ne se contente pas d’éclairer les scènes mais devient le véritable sujet du tableau. Dans Le Nouveau-né et La Madeleine pénitente, la clarté ténue des chandelles transfigure les personnages, leur conférant une humanité profonde et une aura mystique. La lumière, qui semble émaner du nourrisson dans Le Nouveau-né, élève cette scène domestique en lui donnant une évidente dimension religieuse. La Tour s’y affranchit des attributs traditionnels de la Sainte Famille : ni auréole, ni halo, ni symbole, mais une spiritualité intense rendue par la seule vibration lumineuse. A La Madeleine de La Tour répond celle de Louis Finson, copiée d’après un chef d’œuvre perdu de Caravage. Cette confrontation éclaire les emprunts du peintre lorrain à la tradition caravagesque mais aussi sa singularité. Quand Caravage peint une extase dramatique, La Tour impose une retenue silencieuse.

(Source : Musée)

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Choix de Tableaux et de deux cartels

Job raillé par sa femme, entre 1620 et 1650 La Femme à la puce, vers 1632-35

Cartel de La Femme à la puce

Attribuée à Georges de La Tour en 1955, La Femme à la puce est une œuvre unique dans sa production et l’une des plus énigmatiques. Aucun détail ne permet d’identifier clairement le personnage ou de rattacher la scène à un récit religieux ou profane. Le corps à demi découvert d’une jeune femme assise dans un intérieur dépouillé est éclairé à la lueur d’une chandelle. Sa chemise de toile, sa coiffe simple et son bracelet de jais, bijou pauvre, indiquent une condition modeste, probablement de servante. Le geste d’hygiène rudimentaire de s’épucer, souvent traité avec légèreté dans la peinture du 17e siècle, prend ici une dimension grave et recueillie.
(Source : musée)

Saint Sébastien soigné par Irène – années 1840-49

Cartel de Saint Sébastien soigné par Irène

Cette scène nocturne est l’une des compositions les plus ambitieuses de La Tour, dont l’interprétation spirituelle atteint ici un sommet. Dans l’obscurité silencieuse, les figures se rassemblent autour d’une lanterne dont la lumière sculpte les corps et dramatise symboliquement l’action. L’épisode montre saint Sébastien martyr sauvé par la pieuse Irène après une première exécution manquée. Le sujet connut une grande fortune au 17e siècle alors que le saint, invoqué contre la peste, suscitait une ferveur accrue. Selon les sources, Louis XIII plaça l’original (perdu) dans sa chambre et en fit ôter toutes les autres toiles ; une autre version avait été peinte pour le duc Charles IV de Lorraine. Le succès de cette composition est attestée par les treize copies et variantes connues à ce jour. La qualité d’exécution de cette version suggère qu’elle est issue de l’atelier et réalisée peu après l’invention de l’original.
(Source : musée)

Le Souffleur à la pipe, 1646 Le Nouveau-né, vers 1647-48 Madeleine pénitente