2 articles médicaux publiés dans le Canadian Medical Association Journal (CMAJ) offrent une synthèse des données cliniques essentielles sur l’hantavirus et la maladie à virus Ebola, 2 maladies infectieuses sévères ayant récemment fait l’actualité. L’hantavirus de souche Andes, unique en son potentiel de transmission interhumaine, et l’épidémie en cours en République Démocratique du Congo due au virus Ebola Bundibugyo, avec un taux de létalité de 30 à 50 %, soulignent la nécessité de protocoles rigoureux de prévention et de contrôle des infections et d’une vigilance clinique accrue.
L’hantavirus et la maladie à virus Ebola partagent des symptômes précoces similaires, fièvre, céphalées, douleurs musculaires et abdominales, rendant leur distinction et leur diagnostic clinique initial difficile. La prise en charge des 2 infections exige des pratiques rigoureuses de prévention et contrôle des infections. Cette synthèse pratique vise à fournir aux médecins, un cadre de référence rapide pour la prise en charge appropriée de ces 2 maladies pouvant être mortelles.
Principales conclusions
- Sur l’hantavirus, l’analyse révèle que :
- l’hantavirus est une maladie à déclaration obligatoire ;
- les souches américaines, dont la souche Andes récemment médiatisée, causent un syndrome cardiopulmonaire à hantavirus, tandis que les souches européennes et asiatiques provoquent une fièvre hémorragique avec dysfonction rénale ;
- la souche Andes est unique car elle peut se transmettre de personne à personne, nécessitant des précautions de contact, gouttelettes et voie aérienne pour tout cas suspecté ;
- la période d’incubation est de 2 à 4 semaines, les symptômes incluant fièvre, céphalées, myalgies et douleurs abdominales ;
- le diagnostic repose sur des tests sérologiques et PCR ;
- il n’existe actuellement aucun traitement antiviral spécifique ni vaccin — la prise en charge est exclusivement symptomatique.
- Sur la maladie à virus Ebola, l’analyse révèle que :
- des épidémies sporadiques surviennent en Afrique centrale et occidentale depuis 1976, les 3 virus principaux infectant l’humain étant vraisemblablement issus des chauves-souris frugivores ;
- l’épidémie actuelle en République Démocratique du Congo est due au virus Bundibugyo, avec un taux de létalité de 30 à 50 % ;
- moins de 50 % des patients présentent des symptômes hémorragiques — la présentation clinique inclut fièvre d’au moins 38°C, fatigue, myalgies et détresse gastro-intestinale, avec une incubation de 2 à 21 jours ;
- tout voyageur ayant séjourné dans des pays touchés ou en contact avec des personnes infectées, des chauves-souris, des primates ou du gibier de zones affectées doit être testé ;
- les équipements de protection doivent inclure un respirateur N95 ajusté, un écran facial, des gants et une tenue imperméable aux fluides ;
- enfin, si des vaccins très efficaces et 2 antiviraux réduisant la mortalité de 50 % à 35 % existent pour le virus Ebola Zaïre, il n’existe actuellement aucun vaccin ni traitement spécifique pour le virus Bundibugyo — la prise en charge reste symptomatique.
Quelles implications ? Ces synthèses cliniques soulignent l’importance d’une vigilance épidémiologique accrue, d’une déclaration rapide aux autorités de santé publique et de l’application rigoureuse des protocoles de prévention et contrôle des infections face à ces 2 maladies potentiellement mortelles,
en particulier dans le contexte des épidémies actuelles.
Source : Canadian Medical Association Journal (CMAJ) June 2, 2026
- DOI : 10.1503/cmaj.260834 Ebola virus disease
- DOI : 10.1503/cmaj.260789 Hantavirus
Plus sur : l’Hantavirus, Ebola
Équipe de rédaction Santélog Juin 23, 2026Admin