Un document d’aide à la décision, synthétique en 2 pages, comparant la PrEP orale quotidienne et la PrEP injectable bimensuelle, sans demander aux patients de justifier leurs comportements sexuels ou leur risque d’exposition au VIH, permet d’accroître la connaissance de la PrEP injectable et de faciliter ce choix thérapeutique sans stigmatisation. Sa preuve de concept et d’efficacité est validée par une étude pilote menée par une équipe de la Rutgers School of Public Health (New Brunswick, New Jersey). Cette étude financée par ViiV Healthcare, fabricant de la PrEP injectable, et publiée dans la revue PLoS Global Public Health, confirme ainsi les avantages tout autant sociaux que médicaux de la PrEP injectable.
En dépit de l’approbation par l’agence américaine FDA en décembre 2021 de la PrEP (prophylaxie pré-exposition) injectable (cabotégravir), administrée toutes les 8 semaines, moins de 1 prescription de PrEP sur 200 reste rédigée (ici aux Etats-Unis) pour cette forme en 2022.
Plus largement, seulement 36 % des patients estimés comme pouvant bénéficier de la PrEP, prennent l’une ou l’autre forme.
L’un des auteurs principaux, Wendy Davis, directeur de programme pour le développement de la recherche et la formation à la Rutgers, rappelle :« Nous avons beaucoup d’options en ce qui concerne le VIH pour protéger et traiter. Mais aujourd’hui, le grand défi en santé publique est de sensibiliser les patients à ces options afin qu’ils puissent les utiliser à leur avantage ».
Un nouvel outil d’aide à la décision de 2 pages
L’étude pilote, menée dans 3 cliniques via des consultations cliniques simulées, a évalué les réactions des participants face à cet outil d’aide à la décision de 2 pages, qui présente côte à côte les 2 formes de PrEP, mode d’utilisation, efficacité, effets indésirables, et leurs caractéristiques spécifiques.
Prendre un comprimé quotidien ou recevoir 1 injection tous les 2 mois en clinique ?
L’analyse révèle que :
- 80 % des personnes susceptibles de bénéficier de la PrEP n’avaient jamais entendu parler de la forme injectable ;
- l’absence d’évaluation du « risque comportemental » dans ce guide permet bien aux participants de ne pas avoir à justifier leur intérêt pour la PrEP ;
- les participants décrivent l’outil comme une aide qui « démine » ou « dédramatise » ;
- la réduction de la stigmatisation est particulièrement notable chez les groupes de population habituellement peu considérés comme candidats à la PrEP, comme les personnes âgées ;
- l’outil a été développé en des termes les plus simples possible.
Quelles implications ? Ces résultats suggèrent que
cet outil d’aide à la décision non stigmatisant permet d’améliorer la sensibilisation et l’accès à la PrEP,
notamment pour les groupes de personnes actuellement sous-représentés parmi les utilisateurs en dépit de leur risque élevé d’exposition au VIH.
De premières observations donc très positives mais qui appellent à un essai plus large en conditions réelles.
Source: PLOS Global Public Health June 25, 2026 DOI: 10.1371/journal.pgph.0005557 — A non-stigmatizing PrEP decision aid increases awareness of injectable cabotegravir and supports informed choice: a pilot study
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Équipe de rédaction Santélog Juil 1, 2026Admin