Un ami me disait souvent : « À 70 ans, notre corps vieillit deux fois plus vite qu’avant… » Je me suis toujours demandé si cette expression populaire française recelait une part de vérité et, si oui, si le coefficient « deux » était correct à 70 ans, mais de combien fallait-il l’augmenter à 75, 80, 85, 90 ans et au-delà ?
Je me suis demandé s’il existait des études sur ce sujet, quelles étaient les mesures objectives et quelles en étaient les conclusions. Après quelques recherches, j’ai vite compris que l’adage de mon ami contenait une part de vérité, mais pas au sens littéral de « vieillir deux fois plus vite à 70 ans ». Les chercheurs qui étudient le vieillissement ont constaté que ce processus n’est pas linéaire.
De nombreux aspects de la physiologie humaine déclinent progressivement pendant des décennies, puis s’accélèrent à certains âges. Cependant, cette accélération varie selon les paramètres mesurés. Il existe en réalité au moins quatre façons de mesurer le vieillissement : Le risque de mortalité (probabilité de décès au cours d’une année donnée) Les performances physiques (force, équilibre, vitesse de marche, endurance)
On peut estimer que ce risque double tous les 7 à 9 ans après la quarantaine. Par exemple, si une personne en bonne santé de 60 ans présente un certain risque annuel de décès, ce risque est environ deux fois plus élevé à 68-69 ans, quatre fois plus élevé à 76-78 ans, et huit fois plus élevé à 84-87 ans. Cela ne veut pas dire que le corps vieillit deux fois plus vite ; cela signifie que les conséquences du vieillissement cumulé deviennent de plus en plus apparentes.
En termes de capacités physiques, plusieurs fonctions corporelles déclinent à un rythme accéléré, à commencer par la masse et la force musculaires. Après 30 ans, la masse musculaire diminue lentement (environ 3 à 8 % par décennie), mais après 60-70 ans, la perte s'accélère souvent considérablement, la force diminuant plus rapidement que la masse musculaire elle-même.
C'est pourquoi beaucoup de personnes constatent qu'à 80 ans, elles peuvent perdre en un an la force qu'elles auraient perdue en plusieurs années à 50 ans. La vitesse de marche et l'équilibre diminuent progressivement jusqu'à environ 70 ans, puis le déclin s'accentue après 75-80 ans. Ces mesures figurent parmi les meilleurs indicateurs de santé et de longévité futures.
Demain, nous aborderons l'impact du vieillissement sur les fonctions organiques et d'autres marqueurs biologiques …