Mais je reconnais tout ce qu'elle a accompli dans le monde de la présentation musicale. Elle a décomplexé les femmes par rapport à leurs envies sexuelles, en a surcomplexé des milliers d'autres, et est passée dans le monde visuel et auditif au beau moment. Elle a marqué de toutes les manières possibles.
Luisa Maria Ciccone n'a jamais aimé être mise de côté dans l'attention publique. Il y a 21 ans, elle lançait Confesssions on a Dance Floor qui revisitait le disco et le dance, et lui faisait faire équipe avec Stuart Price.
Je vous proposes un 2026 tout en Madonna. Je sais, je sais, je sais, ça aurait été plus simple dès janvier, avant le 7e mois de l'année, mais c'est cette semaine que j'y ai pensé. Et c'est du concept. 12 albums, 12 mois. J'ai fait ça avec U2 et avec Kubrick par le passé. (Il me semble) 12 mois de Madonna, selon moi.
Rebel Heart (2015)
Étonnamment candide et tard dans sa carrière, croisant vulnérabilité avec une sorte d'acharnement sonique, un côté taureau qui fonce qu'elle a eu pas mal toute sa carrière, ce 13e album s'assume pleinement. Elle a même un morceau, peut-être inspirée de la frenchée Britney, qui s'appelle Bitch, I'm Madonna. Co-produit par Diplo, Sophie Xeon, Avicci et Kanye West et avec comme invité(e)s, Mike Tyson Nicki Minaj, Nas et Chance The Rapper.
MDNA (2012)
Conçu et enregistré pendant le tournage de son premier long métrage comme réalisatrice, les producteurs sont multiples en Alle & Benny Benassi, Demolition Crew, Free School, Micheal Malih, Indiigo, William Orbit, Martin Solveig. M.I.A et Nicki Minaj y font des présences. Osée musique dance électronique, pop encore très assumée.
I'm Breathless (1990)
Cette musique inspirée du film Dick Tracy, dans lequel elle tournait avec son Adonis d'alors, Warren Beatty, était un détour assisté de Stephen Sondheim, aux arrangements et à la production, un essai hors de la musique pop qui offrira quand même un immense morceau mondial. Une de ses immortelles.
Confessions on a Dance Floor (2005)
Oui, Abba emprunté. Album absolument conçu pour les clubs de danse. Deux décennies plus tard, son single où elle emprunte au groupe Suédois reste un de ses plus rassembleurs. Intergénérationnel. Et ne peut que donner envie de taper du pied.
Music (2000)
À mon avis, un de ses meilleurs efforts musical. Son 8e album lui fait jouer de la guitare comme une grande. William Orbit était alors au sommet de son art de producteur/arrangeur. Mirwais Ahmadzaï y est aussi pour beaucoup à la programmation, aux guitares et aux claviers. Michel Colombier fait aussi des arrangements. Madonna se réinvente de manière lisse et tout à fait à la hauteur des musiciens auteurs compositeurs de tous sexes.
Juin sexy.
Erotica (1992)
Lancé en même temps qu'elle faisait sa promotion de son livre érotique Sex, elle est à son plus défiant et plus provocateur alors, enveloppant cet album d'une sexualité certaine, taboue, cool, house-pop assez minimal, sensuel assurément, sexe et romance au temps du SIDA, multiples kinks, et homophobie sont traités comme sujets. LL Cool J et Kool & The Gang seront échantillonés et Shep Pettibone et Andrew Betts y signent leurs empreintes de producteurs/compositeurs.
True Blue (1986)
Nancy voulait me faire plaisir, à 14 ans et à mon anniversaire, m'avait donné cette cassette (er celle d'Europe). Elle savait se me faire plaisir de bien des manières. Son sommet commercial avec pas moins de 5 hits sur 9 morceaux. Dont une de mes préférées, sinon ma préférée de la Madonne, pour le film dans lequel jouait son chum Sean, son frère Chris et Christopher Walken. Album ensoleillé comme l'été.
Août lumineux.
La maternité (1996) et le style électronica a réinventé Madonna complètement. Travaillant avec William Orbit, trip hop, électronique, techno-pop. new age se croiseront. Madonna embrasse la spiritualité hindouiste et le bouddhisme tout en pratiquant le yoga Ashtanga. Babyface et Patrick Leonard commence l'album avec elle avant qu'Orbit ne s'impose par son talent. Plusieurs considèrent cet album comme son meilleur.
Bedtime Stories (1994)
Volontairement plus doux suite aux bruits causés par son livre et son disque érotique et ses rôles très sexuels, au cinéma, elle infuse un peu plus de swing, co-écrit la chanson titre avec Björk, travaille avec Herbie Hancock et encore Babyface. R & B & pop gomme baloune.
Like a Prayer (1989)
L'album qui pour plusieurs, a fait passer Madonna la star pop était transformée en Madonna l'artiste. Elle mêle gospel, rock, confessions multiples, foi, famille, sexe et profondeur innocente et assumée. Plusieurs considèrent que c'est son premier grand album.
Novembre ambre.
Où tout a commencé sur les pistes de danse et dans les clubs. Déjà, à 24 ans, elle montrait un instinct pop naturel, doublé d'une présence vidéo, vite stratégiquement utilisée. Ou tout à fait naturelle. Madonna, peu importe ce qu'on en pense à beaucoup fait pour la confiance féminine, les homosexuels et l'acceptation de tabous mondiaux. Dangereuse pour certain(e)s, mais encore docile, en 1983.
Like a Virgin (1984)
L'album qui l'a mondialement lancée. La production de Nile Rodgers le plaçait lui aussi au sommet des producteurs recherchés après ses consécutifs succès avec David Bowie, Duran Duran et INXS. Ce nouvel éclat brillant nous présentait à la fois innocence et provocation. Brouillon de ce qui allait suivre.
Inoubliable pour l'ado de 12 ans que j'étais.
En route pour un pèlerinage pop, volontaire ou non.
12 mois pour faire la paix avec celle qui refuse de vieillir, mais qui refuse surtout de se taire.
Sortez vos justaucorps, le reste de cette année pourrait s'annoncer longue, mais diablement rythmée.
Peut-être, étonnamment, plus sexuelle...
Pas pour rien que Prince a aussi travaillé avec elle...