Un livre événement, à paraître le 6 octobre 2026 aux États-Unis, révèle plus de 250 photographies inédites prises par le Beatle entre 1963 et 1969 — avec, en édition limitée, un 45 tours contenant un enregistrement jamais publié
Sommaire
- Un projet éditorial inédit : la genèse de The Third Eye
- Ce que contient le livre : chiffres, format, période couverte
- George Harrison photographe : une passion plus ancienne qu’on ne le pense
- Un regard de l’intérieur sur la tempête Beatlemania
- L’édition de luxe et son mystérieux 45 tours
- Une caution littéraire : Colm Tóibín et George Saunders
- Quelle origine pour la chanson inédite ? Éléments de réflexion
- Foire aux questions
- Glossaire
- Sources et références
Un projet éditorial inédit : la genèse de The Third Eye
La maison Random House a officialisé la publication de « The Third Eye: Early Photographs », premier ouvrage entièrement consacré aux photographies personnelles de George Harrison. Le projet, dont les droits mondiaux ont été négociés par l’agent David Rosenthal auprès de l’éditeur Andy Ward, est présenté par la maison d’édition comme un événement rare dans le paysage des publications beatlesiennes : un regard inédit, non filtré par la presse de l’époque, sur les années les plus intenses du groupe.
Le livre est compilé par Olivia Harrison, veuve du guitariste, qui en a supervisé la sélection et en signe l’introduction. Elle a expliqué vouloir restituer, à travers l’œil de George, ces instants où « l’on a toute la vie devant soi, avec des possibilités encore inconnues » — une manière de faire ressentir l’esprit de l’époque plutôt que de simplement l’illustrer.
« C’est une fenêtre ouverte sur l’esprit d’un artiste véritablement grand, une occasion de vivre le monde à travers les yeux de George, et un témoignage profondément personnel d’un moment culturel qui a tout changé. »
— Andy Ward, éditeur chez Random House
Cette citation de l’éditeur, reprise dans plusieurs communications officielles, résume l’ambition du projet : dépasser le simple album-souvenir pour offrir un document de première main sur la fabrication du mythe Beatles, vu depuis l’intérieur du groupe plutôt que depuis les tribunes de la presse mondiale.
Ce que contient le livre : chiffres, format, période couverte
Concrètement, l’ouvrage se présente comme un livre relié de 352 pages, réunissant plus de 250 images — photographies couleur, clichés en noir et blanc et photogrammes extraits de films tournés en 8 mm — pour l’essentiel inédites. Les sources éditoriales évoquent une période de prise de vue s’étendant de 1963 à 1969 (certaines fiches produit mentionnent 1970 comme borne haute, un point sur lequel les documents promotionnels ne sont pas parfaitement unanimes).
Le parcours géographique documenté par ces images est vaste : Liverpool aux tout débuts, New York lors du passage historique à l’Ed Sullivan Show, Paris et la tour Eiffel, l’Australie (notamment Adelaide, marquée par des cortèges impressionnants dans l’outback), Rishikesh en Inde lors du séjour spirituel du groupe, et les plages des mers du Sud jusqu’à Tahiti. Le livre comprend aussi un commentaire courant sur les photographies, incluant des citations de George Harrison lui-même jamais publiées auparavant.
George Harrison photographe : une passion plus ancienne qu’on ne le pense
Le récit qui accompagne la sortie du livre insiste sur le fait que la pratique photographique de George Harrison n’était pas une lubie tardive des années 1960, mais un attachement documenté et durable au médium. Les trois autres Beatles n’étaient d’ailleurs pas en reste : Paul McCartney, John Lennon et Ringo Starr ont tous été photographiés avec des boîtiers Pentax dès 1963-1964, une fidélité de marque suffisamment marquée pour avoir, selon plusieurs historiens de la photographie, contribué au succès commercial du modèle Spotmatic au Japon comme à l’international.
Le boîtier personnel de George Harrison le plus documenté est un Pentax S1a, modèle introduit en 1963 : l’appareil, plus tard offert par George à son père puis transmis à son frère Harry, a été vendu aux enchères chez Bonhams à Londres en 2012 pour plus de 4 000 livres sterling, preuve de la valeur patrimoniale attachée à ces objets.
Ce que l’annonce du livre met en avant, en revanche, c’est la singularité du regard de Harrison : usage de miroirs et de reflets, cadrages expérimentaux, et une pratique précoce de l’autoportrait tenu à bout de bras — décrite par certains commentateurs comme une forme d’« autoportrait à l’ancienne », bien avant l’ère du smartphone. L’éditeur souligne que ces clichés donnent à voir les quatre musiciens dans des instants de vulnérabilité rarement montrés au public, loin de la mise en scène orchestrée par la presse et le studio NEMS.
Un regard de l’intérieur sur la tempête Beatlemania
L’argument central de la campagne de communication autour de « The Third Eye » repose sur ce renversement de perspective : alors que des centaines de photographes professionnels ont documenté les Beatles de l’extérieur durant ces années de folie collective, George Harrison photographiait ses propres compagnons de l’intérieur du tourbillon. Le texte de présentation évoque des « êtres humains derrière les Beatles, essayant de rester eux-mêmes — et de s’amuser — tout en se trouvant au centre de la tempête ».
Cette approche rejoint une tendance éditoriale déjà présente dans la discographie visuelle du groupe : Paul McCartney a publié ses propres photographies de l’époque (exposition et ouvrage « 1964: Eyes of the Storm »), et Ringo Starr avait ouvert la voie dès 2015 avec « Photograph ». « The Third Eye » complète ainsi, près d’une décennie plus tard, ce triptyque de regards beatles sur eux-mêmes, avec la particularité d’être un projet posthume porté par la veuve de l’artiste.
L’édition de luxe et son mystérieux 45 tours
Au-delà de l’édition standard, Random House propose une édition de luxe, disponible à partir du 27 octobre 2026, soit environ trois semaines après la sortie du livre courant. Cette version se distingue par une reliure toilée à dorures à chaud, présentée dans un coffret dédié, et surtout par l’inclusion d’un disque 45 tours contenant un enregistrement de George Harrison jamais publié à ce jour.
Le coffret comprend également quatre tirages photographiques et des cartes signées et numérotées par Olivia Harrison, ce qui positionne clairement cette édition vers le public des collectionneurs avertis plutôt que vers le grand public. Il s’agit là d’un geste éditorial rare : la succession Harrison a toujours eu la réputation de gérer avec une grande prudence l’accès aux bandes originales conservées dans ses archives, et la publication d’un titre entièrement inédit sur un support physique limité constitue, à ce jour, l’une des rares incursions de ce type depuis la sortie du coffret anniversaire de « All Things Must Pass » ces dernières années.
Aucune information officielle, à l’heure où cet article est rédigé, ne précise la nature exacte, la durée ou l’époque d’enregistrement de ce titre. Les fiches produit se limitent à la mention d’un « enregistrement jamais publié réalisé par George Harrison », sans autre précision sur l’instrumentation, la date de session ou le contexte de composition.
Une caution littéraire : Colm Tóibín et George Saunders
Signe de l’ambition littéraire du projet, l’ouvrage comprend, outre l’introduction d’Olivia Harrison, des essais signés par deux écrivains de renommée internationale : l’Irlandais Colm Tóibín, auteur notamment de « Brooklyn » et de « The Master », et l’Américain George Saunders, lauréat du Booker Prize pour « Lincoln in the Bardo ». Cette double signature, inhabituelle pour un ouvrage photographique consacré à un musicien de rock, inscrit « The Third Eye » dans une tradition d’ouvrages-événements où le texte d’accompagnement est pensé comme une œuvre à part entière, et non comme une simple légende explicative.
Ce choix éditorial fait écho à la manière dont Olivia Harrison a, depuis la mort de George en 2001, orchestré la mémoire de son mari à travers des projets exigeants sur le plan artistique — qu’il s’agisse du documentaire « Living in the Material World » de Martin Scorsese (2011) ou des rééditions soignées du catalogue solo de Harrison.
Quelle origine pour la chanson inédite ? Éléments de réflexion
La question qui agite déjà la communauté des collectionneurs beatlesiens porte évidemment sur l’origine de ce titre inédit glissé dans l’édition de luxe. En l’absence de toute confirmation officielle sur la date d’enregistrement, plusieurs hypothèses peuvent être avancées à titre purement spéculatif, en s’appuyant sur ce que l’on sait des habitudes d’archivage de George Harrison.
Une première hypothèse consisterait à situer ce titre dans la période couverte par le livre lui-même, soit 1963-1969 — ce qui correspondrait à une démo acoustique ou à un enregistrement de travail réalisé en marge des sessions Beatles, dans la veine de ce que l’on connaît déjà de « While My Guitar Gently Weeps » ou de « Not Guilty », dont les versions de travail ont circulé dans les décennies suivantes via les rééditions de l’Anthology. Cette hypothèse aurait l’avantage de coller parfaitement à la ligne éditoriale du livre, centrée sur cette même fenêtre temporelle.
Une seconde hypothèse, plus spéculative, verrait dans ce titre un enregistrement plus tardif, issu par exemple des sessions solo du début des années 1970 conservées par la succession — auquel cas son inclusion dans un livre consacré aux années Beatles constituerait un choix éditorial surprenant, sauf si le morceau entretient un lien thématique ou biographique direct avec cette période (un texte évoquant Rishikesh ou la tournée américaine, par exemple). Ce qui reste certain, en revanche, c’est la rareté du geste : la succession Harrison a toujours privilégié une diffusion très mesurée des bandes inédites conservées dans ses archives. Le choix de coupler ce titre à un objet de collection en tirage limité — plutôt qu’à une sortie numérique classique — suggère, à défaut de certitude sur son contenu, une volonté assumée d’en faire un objet patrimonial à part entière.
Foire aux questions
Quand sort le livre « The Third Eye: Early Photographs » ?
L’édition standard paraît le 6 octobre 2026 aux États-Unis et le 8 octobre 2026 au Royaume-Uni. L’édition de luxe, avec son 45 tours inédit, est disponible à partir du 27 octobre 2026.
Qui a compilé l’ouvrage ?
Le livre a été compilé par Olivia Harrison, veuve de George Harrison, qui en signe également l’introduction.
Combien de photographies contient le livre ?
Plus de 250 images — photographies couleur et noir et blanc ainsi que des photogrammes de films en 8 mm — prises par George Harrison, pour l’essentiel entre 1963 et 1969.
Qu’est-ce que l’édition de luxe propose de plus ?
Un coffret relié toilé à dorures à chaud, quatre tirages photographiques, des cartes signées et numérotées par Olivia Harrison, ainsi qu’un disque 45 tours contenant un enregistrement de George Harrison jamais publié.
Sait-on de quelle époque date la chanson inédite du 45 tours ?
Non. Aucune source officielle ne précise à ce jour la date d’enregistrement, le titre ou le contexte de composition de ce morceau. Toute hypothèse sur son origine reste spéculative en attendant la sortie du coffret.
Qui a écrit les textes accompagnant les photographies ?
Outre l’introduction d’Olivia Harrison, l’ouvrage comprend des essais des écrivains Colm Tóibín et George Saunders.
George Harrison était-il le seul Beatle photographe ?
Non. Paul McCartney, John Lennon et Ringo Starr ont eux aussi été photographiés avec des appareils Pentax dès 1963-1964 ; Ringo et McCartney ont chacun publié leurs propres recueils photographiques ces dernières années.
Glossaire
Pentax S1a — Modèle d’appareil photographique reflex de la marque japonaise Asahi Pentax, introduit en 1963 ; boîtier personnel documenté de George Harrison.
8 mm (film) — Format de pellicule cinématographique amateur, très répandu dans les années 1960, utilisé par George Harrison pour tourner des séquences filmées incluses dans « The Third Eye » sous forme de photogrammes.
Édition de luxe (deluxe edition) — Version haut de gamme d’un ouvrage éditorial, généralement en tirage limité, incluant des éléments physiques additionnels — ici un disque vinyle, des tirages photo et des pièces signées.
George Harrison Estate — Structure gérant la succession artistique et patrimoniale de George Harrison depuis sa mort en 2001, sous la supervision de sa veuve Olivia Harrison.
Booker Prize — Prestigieuse récompense littéraire britannique ; George Saunders, l’un des auteurs des essais de « The Third Eye », l’a remportée pour « Lincoln in the Bardo ».
Sources et références
— Random House / Penguin Random House, fiche éditoriale officielle « The Third Eye: Early Photographs » (penguinrandomhouse.com).
— GeorgeHarrison.com, annonce officielle « THE THIRD EYE: Available Oct. 6th ».
— GeorgeHarrison.com, communiqué « Random House to Publish ‘The Third Eye’ Book of Personal Photographs by George Harrison ».
— Sites.prh.com, fiche « THE THIRD EYE Deluxe Edition ».
— American Songwriter, « New 2026 Book To Feature Unseen Photos by George Harrison During His Beatles Heyday ».
— Penguin Books Australia et Penguin Books New Zealand, fiches produit « The Third Eye by George Harrison ».
— Barnes & Noble et Beatles Bookstore, fiches produit « The Third Eye: Early Photographs ».
— Bonhams, catalogue de vente « George Harrison: An Asahi Pentax S1a camera in case, 1960s ».
— Digital Camera World, « How The Beatles helped turn the Pentax Spotmatic into an iconic camera ».
— Kosmo Foto, « The Beatles and their giant ‘Beatax’ camera ».