Nick Cave & The Bad Seeds - Arènes (Nîmes) - 14/07/26

Publié le 15 juillet 2026 par Oreilles
courtesy of Gilles Borgogno
Les éléments contraires ne manquaient pas : la canicule, une demi-finale de Coupe du monde, un répertoire récent beaucoup moins consistant, un trop-plein de concerts.....
C'est donc sans attendre monts et merveilles que l'on retrouvait Nick Cave in the flesh quelque trente ans après ; les Bad Seeds historiques s'étant entre temps éparpillés.
En 2026, Toby Damitt qui a joué de la batterie avec le gotha de la pop est présent, une claviériste et un quatuor de chanteuses gospel entourent percussionniste, Colin Greenwood échappé de Radiohead, George Vjestica à la guitare et l'incontournable Warren Ellis, druide échevelé qui a repris depuis plus de 20 ans le rôle jadis dévolu  à Mick Harvey de directeur artistique.
Comme les instruments fétiches de notre homme sont le violon (pratique pour les stridences de l'incontournable "The mercy seat") et le Korg, peu de chances donc de retrouver les ambiances de cabaret hanté de jadis ; d'ailleurs on en est un peu orphelin sur la scie Peaky Blinders "Red right hand" ; à la place, les choeurs du public sont convoqués par Nick, tout comme des claps un peu cabots sur "The weeping song".
Mais la légende australienne en taille patron, fait le show : deux heures vingt d'un show généreux et affable durant lequel l'ex-Birthday Party soigne son entrée (fantastique ruade gospel punk de "Get ready for love", son rappel ("City of refuge" intransigeante et assénée sans temps mort), rejoue le blues du Delta (les classiques "Tupelo" et "Train long-suffering"), tente les paris audacieux de ballades funèbres méconnues et jamais plombantes (le projet "Carnage" co-signé avec Warren Ellis, les habités "O children" et "Joy", l'un des deux seuls extraits du petit dernier Wild God avec le morceau-titre - on eût aimé aussi entendre "Frogs"- mais on le sait, un concert de Nick Cave a ceci de frustrant qu'il délaisse forcément un grand nombre de classiques et de titres chéris par les fans.
Christique, le prédicateur Cave qui use des mots "god" et "love" un couplet sur deux, arpente la scène, serrant des pognes, affûté comme jamais, se désape sûrement et lentement tout au long du set ; et tel le prophète, marche sur les foules ; nul besoin de séparer les mers : les fans le portent à bout de bras. 
A l'heure où les esprits chagrins et nostalgiques peuvent regretter l'IggyPopisation de l'artiste, Nick Cave, avec ou sans Bad Seeds (final chaleureux de "Into my arms" du grand oublié de sa discographie The Botman's Call) l'Australien prouve qu'il demeure un showman redoutable doublé d'un songwriter essentiel. Mais cela, on le subodorait depuis un bail.