Réédition Super Deluxe de Rubber Soul (2026) et découverte de l’inédit « Little Girl

Publié le 30 juillet 2026 par John Lenmac @yellowsubnet

Tout a commencé par presque rien : une horloge qui s’égrène sur le site officiel des Beatles et une phrase énigmatique, « Patience is a virtue » — « la patience est une vertu ». Pour l’immense majorité des visiteurs, un teaser comme un autre. Pour la frange la plus aguerrie des admirateurs du groupe, une aiguille plantée au bon endroit. Car en anglais, l’un des mots qui traduit cette idée de patience est wait — « attendre ». Or Wait est précisément le titre d’une chanson de Rubber Soul, glissée en fin de première face, entre « In My Life » et « If I Needed Someone ».

Le clin d’œil n’avait rien d’innocent. Il tenait même de la déclaration d’intention. En choisissant Wait comme mot de passe de sa campagne, Apple Corps désignait à demi-mot l’album concerné tout en jouant sur la double signification : patientez, l’attente sera récompensée. Les forums se sont enflammés avant même la confirmation. Quand celle-ci est tombée, le 29 juillet 2026, elle n’a surpris personne sur le fond, mais elle a dépassé toutes les attentes sur les détails : Rubber Soul, disque charnière de décembre 1965, ressort le 2 octobre 2026 dans une série d’éditions spéciales qui vont du simple CD au coffret d’apparat.

Ce mécanisme — un indice cryptique, une communauté qui décode, une révélation orchestrée — est devenu la signature des campagnes Beatles de la décennie. Il fonctionne parce qu’il flatte l’expertise du public : il transforme chaque admirateur en enquêteur, et chaque enquêteur en relais d’annonce. Là où une bande-annonce classique s’adresse à des spectateurs passifs, le compte à rebours des Beatles s’adresse à des érudits qu’il invite à prouver leur érudition. Le résultat, en termes de portée, se mesure en millions d’impressions gratuites bien avant le moindre communiqué officiel.

Il n’est d’ailleurs pas anodin que ce soit Wait qui serve de sésame. La chanson est l’un des cas les plus singuliers de l’album : enregistrée le 17 juin 1965 pendant les séances de Help!, laissée de côté, puis repêchée le 11 novembre 1965 lorsque le groupe, à court d’un titre pour boucler Rubber Soul dans les délais, l’a ressortie du tiroir et complétée à la hâte. Wait est, littéralement, une chanson qui a attendu. En faire le pivot de la campagne, c’est une élégance de conservateur.

Sommaire

  • « Little Girl » : la chanson fantôme de John Lennon
  • 24 enregistrements de séance, 23 inédits : ce que contient vraiment le disque bonus
  • La technologie de « démixage » : rendre l’inaudible audible
  • Quatre versions d’un même disque : stéréo, mono, Capitol US, Atmos
  • Le livre de 88 pages : McCartney signe, Lennon revient par ses mots
  • « Michelle » (Take 1) : ce que révèle le seul extrait disponible
  • Un guide d’écoute pour le jour de la sortie
  • Toutes les éditions décryptées
    • Les coffrets Super Deluxe : 5 LP + 7″ ou 4 CD
    • Les éditions Deluxe : 2 LP ou 2 CD
    • Les éditions standard et le vinyle orange
    • Le Blu-ray
    • Le picture disc Zoetrope et les exclusivités boutique
  • Le contenu piste par piste des coffrets Super Deluxe
  • Pourquoi Rubber Soul, pourquoi maintenant
  • Ce que cette réédition dit de l’archive Beatles
  • FAQ
  • Glossaire
  • Chronologie
  • La Boutique Rubber Soul 2026
    • Rubber Soul – Special Edition Super Deluxe – 68 titres
      • Coffret 5 LP + single 7 pouces
      • LP 1 – Nouveau mixage stéréo
        • Face A
        • Face B
      • LP 2 – Sessions, démos et single – Disque 1
        • Face A
        • Face B
      • LP 3 – Sessions, démos et single – Disque 2
        • Face A
        • Face B
      • LP 4 – Master mono original
        • Face A
        • Face B
      • LP 5 – Version américaine de l’album
        • Face A
        • Face B
      • Single 7 pouces
        • Face A
        • Face AA
      • Coffret 4 CD
      • CD 1 – Nouveau mixage stéréo
      • CD 2 – Sessions, démos et single – 28 titres
      • CD 3 – Master mono original
      • CD 4 – Version originale de l’album américain Capitol
    • Rubber Soul – Special Edition Deluxe – 30 titres
      • Édition 2 LP
      • Disque 2 / LP 2 – Single, démos et temps forts des sessions
        • Face A
        • Face B
      • Édition 2 CD
      • Disque 2 – Single, démos et temps forts des sessions
    • Rubber Soul – Special Edition Standard – 14 titres
    • Rubber Soul – Édition Blu-ray – 16 titres + 4 vidéos
      • Mixage Dolby Atmos 2026
      • Mixages Dolby Atmos 2023
      • Mixage stéréo 2026
      • Mixages stéréo 2023
      • Vidéos
  • Sources et références

« Little Girl » : la chanson fantôme de John Lennon

Passé l’effet d’annonce, une information a écrasé toutes les autres. Parmi les inédits du coffret figure « Little Girl », décrit dans le communiqué comme une esquisse de chanson de John Lennon jamais publiée ni même « rumorée ». La formule mérite qu’on s’y arrête, car elle est extraordinairement rare dans l’univers Beatles.

Une esquisse de 1965, ni publiée ni même soupçonnée

Le catalogue des Beatles est sans doute l’œuvre musicale la plus disséquée du XXᵉ siècle. Depuis la fin des années 1970, une armée de collectionneurs, de biographes et de discographes a recensé, daté et commenté la moindre bande, y compris celles qui n’ont jamais quitté les archives. Les bootlegs ont circulé pendant des décennies ; les projets Anthology (1995-1996), Live at the BBC, les coffrets anniversaires depuis 2017 ont vidé les tiroirs les uns après les autres. On croyait la carte complète.

« Little Girl » vient rappeler qu’elle ne l’était pas. Il s’agit d’un enregistrement domestique de John Lennon, partiellement abouti, réalisé en 1965 — une ébauche, un fragment, ce que le communiqué appelle un song outline, un « canevas de chanson ». Sa singularité n’est pas d’être un inédit de plus : c’est d’être un titre dont l’existence même était inconnue. Il n’avait jamais été mentionné dans une interview, jamais listé dans un carnet de séance publié, jamais évoqué par un proche. Pour un corpus aussi ausculté, c’est l’équivalent d’un manuscrit inconnu retrouvé dans les papiers d’un écrivain que l’on croyait entièrement édité.

Cette nuance change tout dans la manière de recevoir la nouvelle. Un inédit « attendu » — une prise alternative d’un titre connu — enrichit la connaissance. Un inédit « insoupçonné » la déplace : il ouvre la possibilité que d’autres fragments dorment encore quelque part, et il rappelle que même les archives les mieux tenues gardent des angles morts.

Dans un catalogue passé au tamis depuis un demi-siècle, faire surgir une chanson dont nul n’avait entendu parler tient moins de la réédition que de l’exhumation.

Pourquoi « Little Girl » n’est pas « Now and Then »

La comparaison la plus tentante — et la plus trompeuse — est celle avec « Now and Then », présentée en 2023 comme « l’ultime chanson des Beatles ». Il faut la désamorcer, car les deux cas n’ont presque rien en commun.

« Now and Then » partait, elle aussi, d’une démo domestique de Lennon des années 1970. Mais elle est devenue une chanson des Beatles au sens plein : Paul McCartney et Ringo Starr y ont ajouté leurs parties en 2022-2023, on y a intégré des enregistrements de guitare de George Harrison captés en 1995 pour le projet Anthology, et c’est la technologie de séparation des sources qui a permis d’isoler la voix de Lennon de son vieux piano pour la remettre au centre. Autrement dit, « Now and Then » est une œuvre achevée rétrospectivement, à quatre mains posthumes.

« Little Girl » est l’exact opposé. C’est un enregistrement solitaire de Lennon, laissé en l’état. Aucun des Beatles survivants n’y a ajouté quoi que ce soit ; il n’y a ni surimpression moderne, ni finition, ni reconstruction. Ce que l’on entendra le 2 octobre, ce sera Lennon seul, en 1965, saisi dans l’intimité d’une esquisse — une photographie sonore, pas un tableau retouché. Là où « Now and Then » relevait de la résurrection assistée, « Little Girl » relève de l’archéologie brute. Pour beaucoup d’admirateurs, cette absence d’intervention est précisément ce qui en fait un document plus précieux : rien ne s’interpose entre l’auditeur et l’instant d’origine.

24 enregistrements de séance, 23 inédits : ce que contient vraiment le disque bonus

Ici, les chiffres qui circulent méritent d’être remis d’équerre, car la presse les a repris de façons contradictoires — tantôt « 23 inédits », tantôt « 24 enregistrements », parfois « 24 inédits ». Les deux nombres sont exacts, mais ils ne désignent pas la même chose.

Le communiqué officiel parle de 24 enregistrements de séance (early session recordings) rassemblés dans les coffrets Super Deluxe. À l’intérieur de cet ensemble, 20 prises et 3 démos maison sont pour la première fois publiées, soit 23 inédits. Le vingt-quatrième enregistrement de séance n’est donc pas une nouveauté à proprement parler : il avait déjà, sous une forme ou une autre, été édité par le passé. La formule « 24 » compte des bandes ; la formule « 23 » compte des primeurs. Écrire « 24 inédits » est l’approximation à éviter.

Correctif factuel — « 24 inédits » : l’arithmétique déraille
Plusieurs relais francophones et anglophones ont parlé de « 24 enregistrements inédits ». Le décompte officiel est plus précis : 24 enregistrements de séance figurent dans les coffrets, dont 23 réellement inédits (20 prises + 3 démos), le vingt-quatrième ayant déjà connu une publication antérieure. La star de ce lot, « Little Girl », est bien l’un des 23 inédits.

Deuxième mise au point, plus fine encore, à l’usage des connaisseurs. On lit souvent que les trois démos maison seraient « trois démos de John Lennon ». C’est inexact. Les trois enregistrements domestiques du coffret sont :

  • « We Can Work It Out » (démo de Paul) — un enregistrement de McCartney, pas de Lennon ;
  • « Day Tripper » (bande de travail de composition) — un work tape d’écriture, où domine le riff de Lennon mais qui relève du travail à deux ;
  • « Little Girl » (démo de John) — le seul des trois qui soit à proprement parler une démo solo de Lennon inédite et insoupçonnée.

Correctif factuel — « trois démos de Lennon » : une de trop
Les trois démos maison du coffret ne sont pas toutes de John Lennon. L’une d’elles, « We Can Work It Out », est une démo de Paul McCartney. La confusion vient du fait que le titre-vedette, « Little Girl », est bien de Lennon — mais elle ne s’étend pas aux deux autres.

Au-delà des démos, le disque de séances (le second disque des coffrets) déroule un atelier grandeur nature. On y suit la fabrique de l’album titre par titre : la piste rythmique instrumentale de Wait, les cinq prises de Run for Your Life, les trois versions successives de Norwegian Wood (This Bird Has Flown) — dont la fameuse première mouture, plus lente, avant que le sitar de George Harrison ne trouve sa place —, les prises de Drive My Car, la maquette d’écriture puis les prises instrumentales de Day Tripper, la première prise d’In My Life et un extrait avec un solo d’orgue finalement abandonné, la démo de We Can Work It Out par McCartney puis sa première prise instrumentale.

Le disque se poursuit avec les deux versions de Nowhere Man, les trois prises de la seconde version d’I’m Looking Through You, une répétition guitare puis la première prise de Michelle, les fondations de What Goes On, The Word et Girl, un curieux « Beatle Talk » capté pendant les surimpressions vocales de Think for Yourself, et enfin la démo « Little Girl » de Lennon. Les éditions numériques et CD ajoutent les mixages 2023 de Day Tripper et We Can Work It Out, déjà parus lors de la réédition de l’album rouge, ce qui explique une partie des écarts de décompte entre supports.

La technologie de « démixage » : rendre l’inaudible audible

Le mot-clé de toute la campagne, c’est de-mixing — « démixage ». Il désigne la technologie de séparation des sources développée par l’équipe son d’Emile de la Rey, au sein des studios WingNut Films du cinéaste Peter Jackson, celle-là même qui avait permis, pour le documentaire Get Back (2021), d’isoler chaque voix et chaque instrument à partir de bandes où ils étaient irrémédiablement mêlés.

Pour comprendre l’enjeu, il faut se replacer dans les conditions de 1965. Rubber Soul a été enregistré aux studios EMI d’Abbey Road, dans le Studio Two, sur un magnétophone quatre pistes Studer J37. Quatre pistes, cela veut dire que, très souvent, plusieurs instruments et plusieurs voix étaient regroupés sur une même piste par nécessité — faute de canaux disponibles. Une fois cette « réduction » (bounce) effectuée, la batterie, la basse et une guitare pouvaient se retrouver soudées ensemble, impossibles à retoucher séparément. Les ingénieurs des rééditions précédentes travaillaient donc avec des blocs figés : impossible de baisser la basse sans toucher la batterie, impossible de dégager une voix noyée sans altérer le reste.

La séparation par intelligence artificielle change la donne. Entraînée à reconnaître les empreintes acoustiques de chaque source, elle « écoute » un bloc mixé et en ressort des pistes distinctes — une voix ici, une guitare là — comme si l’enregistrement d’origine avait été multipiste. Les ingénieurs récupèrent ainsi une liberté qu’ils n’avaient jamais eue : ils peuvent rééquilibrer l’ensemble, dégager les détails, ouvrir l’espace stéréo, sans pour autant fabriquer de son artificiel.

C’est Giles Martin, fils du producteur historique George Martin, épaulé par l’ingénieur Sam Okell, qui a supervisé ce nouveau mixage. La ligne directrice affichée est constante depuis les coffrets Sgt. Pepper et Abbey Road : moderniser la lisibilité sans trahir la couleur d’époque. Il ne s’agit pas de « refaire » Rubber Soul, mais de le rendre audible tel qu’il n’a jamais pu l’être — chaleur analogique préservée, mais chaque partie enfin distincte, que l’on écoute en stéréo, en mono ou en Dolby Atmos.

Cette précision n’est pas cosmétique. Pour un album comme Rubber Soul, où les Beatles multiplient les timbres nouveaux — le sitar de Norwegian Wood, la basse saturée de Think for Yourself, le clavier baroque accéléré d’In My Life —, la capacité à isoler et remettre en valeur chaque couche transforme l’expérience d’écoute. Des lignes que l’on devinait à peine sur les pressages d’origine reviennent au premier plan.

Quatre versions d’un même disque : stéréo, mono, Capitol US, Atmos

L’un des atouts des coffrets Super Deluxe est de réunir, pour la première fois côte à côte, les différentes identités sonores de Rubber Soul. Chacune raconte une histoire.

Le nouveau mixage stéréo rassemble d’un coup les quatorze titres retravaillés — une première, souligne le communiqué. C’est la version de référence de cette réédition, celle qui bénéficie pleinement de la séparation des sources.

Le mixage mono d’origine rappelle une vérité que les auditeurs contemporains oublient volontiers : en 1965, c’est en mono que les Beatles et George Martin façonnaient leurs disques. Le mono était le format « noble », celui sur lequel le groupe passait ses heures de mixage ; la stéréo d’alors était souvent une adaptation secondaire, parfois expédiée. Réécouter le mono, ce n’est pas un caprice de puriste : c’est retrouver l’objet tel que ses créateurs l’avaient pensé.

La version américaine Capitol est peut-être la plus fascinante pour les curieux. Aux États-Unis, Rubber Soul n’est pas sorti tel quel. Le patron de Capitol, Dave Dexter Jr., avait pour habitude de reconfigurer les albums britanniques des Beatles pour le marché nord-américain : titres retirés, titres ajoutés, ordre bouleversé. La mouture Capitol, réduite à douze titres, s’ouvre sur « I’ve Just Seen a Face » (empruntée à Help!) et intègre « It’s Only Love », deux morceaux à la couleur plus acoustique et « folk » qui, retirés certains titres plus pop, donnaient à l’album américain une teinte quasi folk-rock. Beaucoup d’auditeurs américains — dont, plus tard, des musiciens majeurs — ont grandi avec ce Rubber Soul-là, et non avec l’original britannique. Le publier officiellement dans un coffret, c’est reconnaître qu’il fut, à sa manière, un album influent à part entière.

Enfin, les mixages Dolby Atmos portent l’album dans l’espace immersif : le son n’est plus cantonné à deux enceintes mais réparti autour de l’auditeur, y compris en hauteur. C’est le prolongement logique du travail de séparation des sources — sans pistes distinctes, pas de spatialisation crédible. Le Blu-ray de la réédition propose cet Atmos ainsi qu’une stéréo haute résolution.

Le livre de 88 pages : McCartney signe, Lennon revient par ses mots

La musique ne vient pas seule. Les coffrets Super Deluxe s’accompagnent d’un livre relié de 88 pages, objet éditorial autant que documentaire. On y trouve des photographies rares, une plongée dans la genèse de l’album et des notes détaillées piste par piste, confiées à l’historien Kevin Howlett, spécialiste reconnu des archives Beatles.

Deux textes en constituent le cœur symbolique. Le premier est une introduction inédite de Paul McCartney, qui revient sur ce qu’il décrit comme un disque exaltant à fabriquer. Le second est une manière de tour de force éditorial : un avant-propos composé à partir des propos de John Lennon sur Rubber Soul, glanés à travers ses différentes interviews au fil de sa vie. Autrement dit, Lennon « préface » un disque de 1965 avec ses propres mots, assemblés post mortem — un montage qui donne l’illusion troublante d’une voix qui commente son œuvre par-delà les décennies.

Ce dispositif à deux voix — l’un vivant qui écrit, l’autre disparu que l’on fait parler — est devenu l’une des signatures de ces rééditions. Il n’est pas neutre : il place côte à côte les deux moteurs créatifs du groupe au moment précis où Rubber Soul marque le basculement de leur écriture vers plus d’introspection et d’ambition. Le livre n’illustre pas seulement l’album ; il rejoue, en creux, le dialogue Lennon-McCartney qui en fut la matrice.

« Michelle » (Take 1) : ce que révèle le seul extrait disponible

En attendant le 2 octobre, un seul morceau du coffret a été mis en écoute dès l’annonce : « Michelle » (Take 1), la toute première prise studio de la chanson. Le choix n’est pas anodin, et il en dit long sur la manière dont Apple Corps met en scène ses trésors.

« Michelle » est l’un des titres les plus aimés de Rubber Soul, et l’un des plus improbables : une ballade en partie chantée en français, née d’une plaisanterie de McCartney qui parodiait, dans les soirées étudiantes de la fin des années 1950, les chansonniers de la rive gauche parisienne. Des années plus tard, John Lennon l’aurait incité à en faire une vraie chanson, et c’est un ami de sa femme, professeure de français, qui aurait aidé à en fixer les quelques mots — « ma belle », « sont des mots qui vont très bien ensemble ». Le pont ascendant, souvent attribué à l’influence de Lennon, doit beaucoup à sa passion d’alors pour « I Put a Spell on You » de Nina Simone. Autant d’anecdotes qui font de « Michelle » un condensé de la méthode Lennon-McCartney : une idée légère, retravaillée à deux, portée à l’incandescence.

Écouter la première prise, c’est donc assister à la naissance d’un standard avant qu’il ne devienne un standard. C’est là tout l’intérêt documentaire de l’exercice : une prise 1 n’est pas une version « ratée » que l’on écouterait par curiosité morbide, mais l’instantané d’un moment où la chanson n’est pas encore figée, où les arrangements se cherchent, où la voix tâtonne. Pour l’auditeur, c’est un accès direct à l’atelier — le contraire d’un disque fini et lissé.

Sur le plan sonore, cet extrait sert aussi de démonstration technique. Il permet aux admirateurs d’entendre, avant tout le monde, ce que la séparation des sources apporte concrètement : une définition, une présence, une proximité de la voix et de la guitare que les pressages d’origine, comprimés sur quatre pistes, ne pouvaient offrir. En choisissant « Michelle » comme vitrine, Apple Corps ne se contente pas d’appâter avec une belle chanson : il prouve, sur un titre que tout le monde connaît par cœur, la valeur ajoutée du procédé. C’est une stratégie de confiance — montrer plutôt que promettre.

Il faut souligner ce que cette prise n’est pas : elle n’est pas l’inédit « Little Girl ». La démo de Lennon, elle, reste sous scellés jusqu’à la sortie. La logique est limpide : on met en écoute un titre familier pour rassurer et séduire, on garde le fragment inconnu pour le jour J. La rareté absolue — la chanson que personne n’a jamais entendue — est le point d’orgue que l’on ne dévoile pas d’avance.

Un guide d’écoute pour le jour de la sortie

Pour tirer le meilleur de cette réédition, quelques repères d’écoute méritent d’être posés à l’avance, tant les couches sonores de Rubber Soul gagnent à la nouvelle définition.

Commencez par comparer le mono et le nouveau stéréo sur un même titre — « Nowhere Man » est idéal. En mono, on entend l’album tel que les Beatles l’ont validé en 1965 : compact, dense, centré. Dans le nouveau mixage stéréo, la même chanson s’aère, les harmonies vocales se séparent, la guitare cristalline de George Harrison respire. Ni l’un ni l’autre n’est « meilleur » : ce sont deux vérités du disque.

Prêtez ensuite l’oreille aux timbres qui ont fait la réputation de l’album. Le sitar de « Norwegian Wood », désormais dégagé de la guitare acoustique qui l’accompagne, révèle mieux son grain et ses résonances. La basse saturée de « Think for Yourself » — une distorsion rare pour l’époque — prend une épaisseur nouvelle. Et le clavier baroque d’« In My Life », en réalité un piano joué par George Martin puis accéléré à la lecture pour imiter un clavecin, se détache avec une netteté troublante. Le disque de séances permet même d’entendre cet « In My Life » avec un solo d’orgue finalement écarté : un chemin non pris, précieux pour comprendre les choix du groupe.

Enfin, gardez pour la fin le disque des prises et démos. Écoutez les trois versions successives de « Norwegian Wood » dans l’ordre : vous suivrez, presque en temps réel, comment une chanson trouve sa forme. Puis abordez « Little Girl » sans attentes démesurées — c’est un fragment, pas un tube caché — mais avec l’émotion particulière que procure un document d’archive : la sensation d’entrer, une dernière fois, dans une pièce que l’on croyait avoir toute visitée.

Toutes les éditions décryptées

La réédition se décline en une constellation de formats, du plus modeste au plus fastueux. Voici comment s’y retrouver.

Les coffrets Super Deluxe : 5 LP + 7″ ou 4 CD

C’est le sommet de la gamme, avec 68 titres au total et un livre de 88 pages logé dans un étui 12″ × 12″.

Le coffret 5 LP (vinyle 180 g, gravure half-speed) se compose ainsi : un LP pour le nouveau mixage stéréo (14 titres) ; deux LP pour les séances et démos (26 titres) ; un LP pour le mono d’origine (14 titres) ; un LP pour l’album américain Capitol (12 titres). S’y ajoute un 45 tours 7″ réunissant le single « Day Tripper » / « We Can Work It Out » en stéréo. On parle donc bien de cinq 33 tours plus un 45 tours, et non de six albums — une précision utile tant les décomptes ont varié.

Le coffret 4 CD suit la même logique : un disque pour le nouveau mixage stéréo (14 titres) ; un disque « séances, démos et le single » (28 titres, single et mixages 2023 inclus) ; un disque pour le mono d’origine (14 titres) ; un disque pour l’album Capitol US (12 titres).

Les éditions Deluxe : 2 LP ou 2 CD

Pour ceux qui veulent l’essentiel sans le coffret d’apparat, l’édition Deluxe (« Special Edition Deluxe », 30 titres) propose une sélection resserrée.

En 2 LP (vinyle 180 g half-speed, pochette ouvrante, encart de 4 pages tiré du livre), le premier disque porte le nouveau mixage stéréo (14 titres), le second « le single, les démos et une sélection de séances » (16 titres). L’équivalent 2 CD (digisleeve et étui, livret de 40 pages) suit la même répartition.

Les éditions standard et le vinyle orange

L’édition standard (« Special Edition Standard », 14 titres) cible l’auditeur qui veut simplement le disque, mais dans sa version rénovée. Elle existe en 1 LP half-speed 180 g, en 1 LP de couleur orange en tirage limité, et en 1 CD (digisleeve, livret de 20 pages) — dans tous les cas avec le nouveau mixage stéréo.

Le Blu-ray

L’édition Blu-ray (16 titres et 4 vidéos) rassemble le versant « home cinéma » : nouveau mixage stéréo en haute résolution 96 kHz/24 bits, nouveau mixage Dolby Atmos, mixages 2023 pour le single, et quatre clips promotionnels — les versions 2023 et alternatives de « Day Tripper » et « We Can Work It Out ».

Le picture disc Zoetrope et les exclusivités boutique

Deux raretés complètent le tableau. La première est un picture disc « Zoetrope » : un vinyle dont les visuels s’animent à mesure que le disque tourne sur la platine, effet cinétique hérité des jouets optiques du XIXᵉ siècle. La seconde tient aux éditions exclusives à la boutique officielle (D2C, direct-to-consumer) : les coffrets 5 LP et 4 CD y sont proposés avec un poster et un jeu de cartes d’art que l’on ne trouve pas ailleurs.

Le contenu piste par piste des coffrets Super Deluxe

Pour les collectionneurs, voici le sommaire détaillé du coffret 5 LP, qui donne la mesure la plus complète de la réédition.

LP1 — Nouveau mixage stéréo (14 titres)
Face A : Drive My Car ; Norwegian Wood (This Bird Has Flown) ; You Won’t See Me ; Nowhere Man ; Think for Yourself ; The Word ; Michelle. Face B : What Goes On ; Girl ; I’m Looking Through You ; In My Life ; Wait ; If I Needed Someone ; Run for Your Life.

LP2 — Séances, démos et le single (première partie)
Face A : Wait (Take 3, piste instrumentale) ; Run for Your Life (Takes 1-5, piste instrumentale) ; Norwegian Wood (première version, Take 1) ; Norwegian Wood (deuxième version, Take 2) ; Norwegian Wood (troisième version, Take 3) ; Drive My Car (Takes 1 et 2, piste instrumentale) ; Day Tripper (bande de travail de composition). Face B : Day Tripper (Take 1, piste instrumentale) ; Day Tripper (Takes 2 et 3, piste instrumentale) ; If I Needed Someone (Take 1, piste instrumentale) ; In My Life (Take 1) ; In My Life (extrait avec solo d’orgue inutilisé) ; We Can Work It Out (démo de Paul) ; We Can Work It Out (Take 1, piste instrumentale).

LP3 — Séances, démos et le single (seconde partie)
Face A : Nowhere Man (première version, Take 2) ; Nowhere Man (deuxième version, Take 5, piste instrumentale) ; I’m Looking Through You (première version, Take 1) ; I’m Looking Through You (deuxième version, Take 2) ; I’m Looking Through You (deuxième version, Take 3) ; Michelle (répétition guitare) ; Michelle (Take 1). Face B : What Goes On (Take 1, piste instrumentale) ; The Word (Takes 1 et 2, piste instrumentale) ; Girl (Take 2, piste instrumentale) ; Beatle Talk (surimpressions vocales de Think for Yourself) ; Little Girl (démo de John).

LP4 — Mono d’origine (14 titres) : même séquence que le LP1.

LP5 — Album américain Capitol (12 titres)
Face A : I’ve Just Seen a Face ; Norwegian Wood (This Bird Has Flown) ; You Won’t See Me ; Think for Yourself ; The Word ; Michelle. Face B : It’s Only Love ; Girl ; I’m Looking Through You ; In My Life ; Wait ; Run for Your Life.

7″ : Day Tripper (face A) / We Can Work It Out (face AA).

Le coffret 4 CD reprend le même contenu, en ajoutant sur son disque de séances les mixages 2023 de « Day Tripper » et « We Can Work It Out ».

Pourquoi Rubber Soul, pourquoi maintenant

Le calendrier n’est pas fortuit. La réédition s’inscrit dans une séquence Beatles particulièrement dense qui court de 2026 à 2028, et Rubber Soul y occupe une place stratégique : c’est le disque du basculement, le moment où quatre garçons de Liverpool cessent de fabriquer de la pop pour stades pour devenir des auteurs de studio.

Rappelons l’essentiel — sans refaire ici l’histoire complète de l’album, que nous avons détaillée par ailleurs. Sorti au Royaume-Uni le 3 décembre 1965 (Parlophone PMC 1267 en mono, PCS 3075 en stéréo), enregistré en quatre semaines à partir du 12 octobre 1965, Rubber Soul est le sixième album britannique du groupe. Il arrive au terme d’une année vertigineuse — le concert géant du Shea Stadium en août, la rencontre avec Elvis Presley, les décorations de l’ordre de l’Empire britannique reçues en plein milieu des séances. C’est l’album de « Drive My Car », de « Norwegian Wood », d’« In My Life », de « Michelle » et de « Girl » : des chansons plus introspectives, plus littéraires, plus aventureuses dans leurs timbres. On y entend, pour la première fois sur un disque des Beatles largement diffusé, un sitar. On y entend une basse saturée, un clavier baroque, des harmonies vocales plus complexes. Rubber Soul est le disque qui a inspiré à Brian Wilson des Beach Boys son propre chef-d’œuvre, Pet Sounds, lequel a en retour poussé les Beatles vers Sgt. Pepper. Une émulation en chaîne qui a redéfini ce que pouvait être un album.

Célébrer aujourd’hui Rubber Soul avec une édition de cette ampleur, c’est donc revenir au point d’origine de la modernité des Beatles. Et ce retour intervient au milieu d’une actualité foisonnante : l’ouverture programmée pour 2027 d’un premier lieu d’expérience officiel au 3 Savile Row, siège du concert sur les toits de janvier 1969 ; et surtout, en avril 2028, la sortie annoncée de quatre films dirigés par Sam Mendes, avec Harris Dickinson en John Lennon, Paul Mescal en Paul McCartney, Joseph Quinn en George Harrison et Barry Keoghan en Ringo Starr. Dans ce contexte, chaque réédition prépare le terrain de la suivante et entretient une présence culturelle continue. Rubber Soul en octobre 2026 n’est pas un événement isolé : c’est un maillon d’une stratégie patrimoniale au long cours.

Ce que cette réédition dit de l’archive Beatles

Au-delà de l’objet, la sortie du 2 octobre soulève une question de fond : que reste-t-il à découvrir ? La réponse, avec « Little Girl », est plus ouverte qu’on ne le pensait. Chaque coffret anniversaire depuis 2017 semblait épuiser un peu plus le fonds ; chacun a pourtant réservé sa surprise. Cette fois, elle est de taille, puisqu’elle ne complète pas la connaissance mais l’élargit — un titre entier tombé des radars pendant soixante ans.

Cela tient à la nature même des archives EMI, immenses, méticuleusement conservées, mais aussi parfois mal indexées à l’origine, avec des bandes domestiques qui n’ont jamais transité par les registres officiels du studio. Un enregistrement fait à la maison en 1965, resté dans une boîte non étiquetée, pouvait échapper à tous les recensements. La technologie de séparation des sources ajoute une seconde raison d’espérer : des bandes jugées inexploitables — trop mêlées, trop dégradées — deviennent aujourd’hui écoutables et publiables. Ce qui était naguère un rebut d’archive peut redevenir un document.

Il faut néanmoins garder la tête froide. « Little Girl » est une esquisse, un canevas, pas un titre achevé ni un « nouveau tube » enfoui. Sa valeur est documentaire et émotionnelle avant d’être musicale au sens strict : elle offre un fragment de plus du laboratoire mental de Lennon, un aperçu du geste de composition capté à chaud. C’est précisément ce qui la rend précieuse pour les admirateurs — et ce qui la distingue d’une opération commerciale : on ne « finit » pas la chanson, on la donne à entendre telle quelle.


FAQ

Quand sort la réédition de Rubber Soul ?
Le 2 octobre 2026, chez Apple Corps et Universal Music Group, après une annonce officielle le 29 juillet 2026.

Qu’est-ce que « Little Girl » ?
Une esquisse de chanson de John Lennon, enregistrée à domicile en 1965, restée totalement inconnue jusqu’à cette réédition — jamais publiée ni même mentionnée. C’est un enregistrement solo de Lennon, sans ajout des Beatles survivants.

« Little Girl » est-elle comparable à « Now and Then » (2023) ?
Non. « Now and Then » a été achevée en 2022-2023 avec la participation de McCartney, Starr et des parties de Harrison. « Little Girl » est laissée en l’état : Lennon seul, 1965, sans finition ni surimpression moderne.

Combien d’inédits contient le coffret ?
Les coffrets Super Deluxe rassemblent 24 enregistrements de séance, dont 23 réellement inédits (20 prises et 3 démos maison). Le total du coffret Super Deluxe est de 68 titres.

Les trois démos maison sont-elles toutes de John Lennon ?
Non. Il s’agit de la démo de « We Can Work It Out » (par Paul McCartney), de la bande de travail de « Day Tripper » et de « Little Girl » (démo de John Lennon). Seule cette dernière est une démo solo inédite et insoupçonnée de Lennon.

Quelle est la technologie utilisée pour le nouveau mixage ?
La séparation des sources (de-mixing) développée par l’équipe d’Emile de la Rey aux studios WingNut Films de Peter Jackson — la même que pour le documentaire Get Back. Le mixage est signé Giles Martin et Sam Okell.

Quels formats sont disponibles ?
Coffrets Super Deluxe 5 LP (+ 7″) et 4 CD ; éditions Deluxe 2 LP et 2 CD ; éditions standard 1 LP, 1 CD et 1 LP orange en tirage limité ; un Blu-ray ; et un picture disc Zoetrope. Les coffrets vendus sur la boutique officielle incluent un poster et des cartes d’art exclusifs.

Peut-on déjà écouter quelque chose ?
Oui : « Michelle » (Take 1), la première prise studio du titre, est disponible à l’écoute dès l’annonce.

En quoi la version américaine Capitol diffère-t-elle de l’originale ?
L’album Capitol (12 titres) a été remanié pour le marché américain : certains titres retirés, d’autres ajoutés (« I’ve Just Seen a Face », « It’s Only Love »), pour une couleur plus acoustique et « folk » que l’original britannique de 14 titres.

Le single « Day Tripper » / « We Can Work It Out » figurait-il sur l’album d’origine ?
Non. C’était un double face A autonome, sorti le même jour que l’album au Royaume-Uni mais absent du disque. Il est réintégré ici dans les coffrets.


Glossaire

De-mixing (démixage / séparation des sources) — Procédé par intelligence artificielle qui sépare, à partir d’un enregistrement mixé, les voix et instruments regroupés sur une même piste, afin de les remixer indépendamment.

Half-speed mastering (gravure à demi-vitesse) — Technique de gravure du vinyle où la laque tourne à moitié de la vitesse nominale, ce qui améliore la précision, notamment dans les aigus.

Studer J37 — Magnétophone quatre pistes utilisé à Abbey Road en 1965, sur lequel Rubber Soul a été enregistré.

Bounce (réduction / report) — Opération consistant à mixer plusieurs pistes en une seule pour libérer des canaux ; elle fige les éléments ainsi regroupés.

Mono / stéréo — En 1965, le mono était le format de référence des Beatles ; la stéréo était souvent secondaire. Le coffret propose les deux, ainsi que l’Atmos.

Dolby Atmos — Format audio immersif répartissant le son autour et au-dessus de l’auditeur.

Song outline (canevas de chanson) — Terme employé pour « Little Girl » : une chanson à l’état d’ébauche, non aboutie.

Picture disc Zoetrope — Vinyle dont l’illustration s’anime visuellement lorsque le disque tourne, par effet stroboscopique.

D2C (direct-to-consumer) — Ventes directes via la boutique officielle, ici assorties d’exclusivités (poster, cartes d’art).

Album Capitol US — Version américaine remaniée d’un album britannique des Beatles, pratique courante de Capitol jusqu’en 1967.


Chronologie

12 octobre – 11 novembre 1965 — Enregistrement de Rubber Soul au Studio Two d’Abbey Road (magnétophone quatre pistes).
17 juin 1965 — Enregistrement initial de « Wait » pendant les séances de Help!, repêché plus tard pour Rubber Soul.
3 décembre 1965 — Sortie britannique de Rubber Soul (Parlophone) et du single « Day Tripper » / « We Can Work It Out ».
6 décembre 1965 — Sortie américaine de la version Capitol (12 titres).
2021 — Le documentaire Get Back de Peter Jackson met au point la technologie de séparation des sources.
2023 — « Now and Then » et réédition de l’album rouge remixé ; mixages 2023 de « Day Tripper » et « We Can Work It Out ».
29 juillet 2026 — Annonce officielle de l’édition spéciale, après un compte à rebours jouant sur « Wait ».
2 octobre 2026 — Sortie de l’édition spéciale de Rubber Soul.
2027 — Ouverture prévue d’un lieu d’expérience officiel au 3 Savile Row.
Avril 2028 — Sortie annoncée des quatre films de Sam Mendes sur les Beatles.

La Boutique Rubber Soul 2026

Rubber Soul – Special Edition Super Deluxe – 68 titres

Coffret 5 LP + single 7 pouces

Coffret comprenant 5 LP pressés sur vinyle 180 grammes, un single 7 pouces,
un livre relié de 88 pages et un coffret-fourreau au format 12 × 12 pouces.

  • LP 1 : Rubber Soul – nouveau mixage stéréo, masterisé à mi-vitesse – 14 titres
  • LP 2 et LP 3 : sessions et démos en stéréo, masterisées à mi-vitesse – 26 titres
  • LP 4 : Rubber Soul – master mono original – 14 titres
  • LP 5 : Rubber Soul – version originale de l’album américain Capitol – 12 titres
  • Single 7 pouces : Day Tripper / We Can Work It Out – stéréo
Détail des titres

LP 1 – Nouveau mixage stéréo

Face A
  1. Drive My Car
  2. Norwegian Wood (This Bird Has Flown)
  3. You Won’t See Me
  4. Nowhere Man
  5. Think For Yourself
  6. The Word
  7. Michelle
Face B
  1. What Goes On
  2. Girl
  3. I’m Looking Through You
  4. In My Life
  5. Wait
  6. If I Needed Someone
  7. Run For Your Life

LP 2 – Sessions, démos et single – Disque 1

Face A
  1. Wait (prise 3 – piste instrumentale d’accompagnement)
  2. Run For Your Life (prises 1 à 5 – piste instrumentale d’accompagnement)
  3. Norwegian Wood (This Bird Has Flown) (première version – prise 1)
  4. Norwegian Wood (This Bird Has Flown) (deuxième version – prise 2)
  5. Norwegian Wood (This Bird Has Flown) (troisième version – prise 3)
  6. Drive My Car (prises 1 et 2 – piste instrumentale d’accompagnement)
  7. Day Tripper (bande de travail de composition)
Face B
  1. Day Tripper (prise 1 – piste instrumentale d’accompagnement)
  2. Day Tripper (prises 2 et 3 – piste instrumentale d’accompagnement)
  3. If I Needed Someone (prise 1 – piste instrumentale d’accompagnement)
  4. In My Life (prise 1)
  5. In My Life (extrait avec solo d’orgue inutilisé)
  6. We Can Work It Out (démo de Paul)
  7. We Can Work It Out (prise 1 – piste instrumentale d’accompagnement)

LP 3 – Sessions, démos et single – Disque 2

Face A
  1. Nowhere Man (première version – prise 2)
  2. Nowhere Man (deuxième version – prise 5 – piste instrumentale d’accompagnement)
  3. I’m Looking Through You (première version – prise 1)
  4. I’m Looking Through You (deuxième version – prise 2)
  5. I’m Looking Through You (deuxième version – prise 3)
  6. Michelle (répétition à la guitare)
  7. Michelle (prise 1)
Face B
  1. What Goes On (prise 1 – piste instrumentale d’accompagnement)
  2. The Word (prises 1 et 2 – piste instrumentale d’accompagnement)
  3. Girl (prise 2 – piste instrumentale d’accompagnement)
  4. Beatle Talk (overdubs vocaux de Think For Yourself)
  5. Little Girl (démo de John)

LP 4 – Master mono original

Face A
  1. Drive My Car
  2. Norwegian Wood (This Bird Has Flown)
  3. You Won’t See Me
  4. Nowhere Man
  5. Think For Yourself
  6. The Word
  7. Michelle
Face B
  1. What Goes On
  2. Girl
  3. I’m Looking Through You
  4. In My Life
  5. Wait
  6. If I Needed Someone
  7. Run For Your Life

LP 5 – Version américaine de l’album

Face A
  1. I’ve Just Seen A Face
  2. Norwegian Wood (This Bird Has Flown)
  3. You Won’t See Me
  4. Think For Yourself
  5. The Word
  6. Michelle
Face B
  1. It’s Only Love
  2. Girl
  3. I’m Looking Through You
  4. In My Life
  5. Wait
  6. Run For Your Life

Single 7 pouces

Face A
  1. Day Tripper
Face AA
  1. We Can Work It Out
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Coffret 4 CD

Coffret 4 CD accompagné d’un livre relié de 88 pages, présenté dans un coffret-fourreau
au format 12 × 12 pouces.

  • CD 1 : Rubber Soul – nouveau mixage stéréo – 14 titres
  • CD 2 : sessions, démos et single en stéréo – 28 titres
  • CD 3 : Rubber Soul – master mono original – 14 titres
  • CD 4 : Rubber Soul – version originale de l’album américain Capitol – 12 titres
Détail des titres

CD 1 – Nouveau mixage stéréo

14 titres, dans le même ordre que sur le LP 1.

  1. Drive My Car
  2. Norwegian Wood (This Bird Has Flown)
  3. You Won’t See Me
  4. Nowhere Man
  5. Think For Yourself
  6. The Word
  7. Michelle
  8. What Goes On
  9. Girl
  10. I’m Looking Through You
  11. In My Life
  12. Wait
  13. If I Needed Someone
  14. Run For Your Life

CD 2 – Sessions, démos et single – 28 titres

  1. Wait (prise 3 – piste instrumentale d’accompagnement)
  2. Run For Your Life (prises 1 à 5 – piste instrumentale d’accompagnement)
  3. Norwegian Wood (This Bird Has Flown) (première version – prise 1)
  4. Norwegian Wood (This Bird Has Flown) (deuxième version – prise 2)
  5. Norwegian Wood (This Bird Has Flown) (troisième version – prise 3)
  6. Drive My Car (prises 1 et 2 – piste instrumentale d’accompagnement)
  7. Day Tripper (bande de travail de composition)
  8. Day Tripper (prise 1 – piste instrumentale d’accompagnement)
  9. Day Tripper (prises 2 et 3 – piste instrumentale d’accompagnement)
  10. If I Needed Someone (prise 1 – piste instrumentale d’accompagnement)
  11. In My Life (prise 1)
  12. In My Life (extrait avec solo d’orgue inutilisé)
  13. We Can Work It Out (démo de Paul)
  14. We Can Work It Out (prise 1 – piste instrumentale d’accompagnement)
  15. Nowhere Man (première version – prise 2)
  16. Nowhere Man (deuxième version – prise 5 – piste instrumentale d’accompagnement)
  17. I’m Looking Through You (première version – prise 1)
  18. I’m Looking Through You (deuxième version – prise 2)
  19. I’m Looking Through You (deuxième version – prise 3)
  20. Michelle (répétition à la guitare)
  21. Michelle (prise 1)
  22. What Goes On (prise 1 – piste instrumentale d’accompagnement)
  23. The Word (prises 1 et 2 – piste instrumentale d’accompagnement)
  24. Girl (prise 2 – piste instrumentale d’accompagnement)
  25. Beatle Talk (overdubs vocaux de Think For Yourself)
  26. Little Girl (démo de John)
  27. Day Tripper (mixage 2023)
  28. We Can Work It Out (mixage 2023)

CD 3 – Master mono original

14 titres, dans le même ordre que sur le LP 4.

  1. Drive My Car
  2. Norwegian Wood (This Bird Has Flown)
  3. You Won’t See Me
  4. Nowhere Man
  5. Think For Yourself
  6. The Word
  7. Michelle
  8. What Goes On
  9. Girl
  10. I’m Looking Through You
  11. In My Life
  12. Wait
  13. If I Needed Someone
  14. Run For Your Life

CD 4 – Version originale de l’album américain Capitol

12 titres, dans le même ordre que sur le LP 5.

  1. I’ve Just Seen A Face
  2. Norwegian Wood (This Bird Has Flown)
  3. You Won’t See Me
  4. Think For Yourself
  5. The Word
  6. Michelle
  7. It’s Only Love
  8. Girl
  9. I’m Looking Through You
  10. In My Life
  11. Wait
  12. Run For Your Life
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Rubber Soul – Special Edition Deluxe – 30 titres

Édition 2 LP

Double album pressé sur vinyle 180 grammes, masterisé à mi-vitesse et présenté
dans une pochette ouvrante. Il est accompagné d’un livret de 4 pages proposant
une version abrégée du livre de l’édition Super Deluxe.

  • LP 1 : Rubber Soul – nouveau mixage stéréo – 14 titres
  • LP 2 : single, démos et temps forts des sessions en stéréo – 16 titres
Détail des titres

Le premier disque, en vinyle comme en CD, comprend les 14 titres du nouveau mixage stéréo.

Disque 2 / LP 2 – Single, démos et temps forts des sessions

Face A
  1. Day Tripper (bande de travail de composition)
  2. Day Tripper (mixage 2023)
  3. We Can Work It Out (démo de Paul)
  4. We Can Work It Out (mixage 2023)
  5. Wait (prise 3 – piste instrumentale d’accompagnement)
  6. Run For Your Life (prises 1 à 5 – piste instrumentale d’accompagnement)
  7. Norwegian Wood (This Bird Has Flown) (deuxième version – prise 2)
  8. Drive My Car (prises 1 et 2 – piste instrumentale d’accompagnement)
  9. If I Needed Someone (prise 1 – piste instrumentale d’accompagnement)
Face B
  1. In My Life (prise 1)
  2. Nowhere Man (deuxième version – prise 5 – piste instrumentale d’accompagnement)
  3. Michelle (prise 1)
  4. What Goes On (prise 1 – piste instrumentale d’accompagnement)
  5. I’m Looking Through You (deuxième version – prise 3)
  6. The Word (prises 1 et 2 – piste instrumentale d’accompagnement)
  7. Girl (prise 2 – piste instrumentale d’accompagnement)
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Édition 2 CD

Double CD présenté en digisleeve et dans un fourreau, accompagné d’un livret
de 40 pages proposant une version abrégée du livre de l’édition Super Deluxe.

  • CD 1 : Rubber Soul – nouveau mixage stéréo – 14 titres
  • CD 2 : single, démos et temps forts des sessions – 16 titres
Détail des titres

Le premier disque, en vinyle comme en CD, comprend les 14 titres du nouveau mixage stéréo.

Disque 2 – Single, démos et temps forts des sessions

  1. Day Tripper (bande de travail de composition)
  2. Day Tripper (mixage 2023)
  3. We Can Work It Out (démo de Paul)
  4. We Can Work It Out (mixage 2023)
  5. Wait (prise 3 – piste instrumentale d’accompagnement)
  6. Run For Your Life (prises 1 à 5 – piste instrumentale d’accompagnement)
  7. Norwegian Wood (This Bird Has Flown) (deuxième version – prise 2)
  8. Drive My Car (prises 1 et 2 – piste instrumentale d’accompagnement)
  9. If I Needed Someone (prise 1 – piste instrumentale d’accompagnement)
  10. In My Life (prise 1)
  11. Nowhere Man (deuxième version – prise 5 – piste instrumentale d’accompagnement)
  12. Michelle (prise 1)
  13. What Goes On (prise 1 – piste instrumentale d’accompagnement)
  14. I’m Looking Through You (deuxième version – prise 3)
  15. The Word (prises 1 et 2 – piste instrumentale d’accompagnement)
  16. Girl (prise 2 – piste instrumentale d’accompagnement)
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Rubber Soul – Special Edition Standard – 14 titres

  • 1 LP : nouveau mixage stéréo, vinyle 180 grammes masterisé à mi-vitesse
  • 1 LP orange : nouveau mixage stéréo, vinyle orange 180 grammes masterisé à mi-vitesse
  • 1 CD : nouveau mixage stéréo, présenté en digisleeve avec livret de 20 pages
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Rubber Soul – Édition Blu-ray – 16 titres + 4 vidéos

Un disque Blu-ray comprenant le nouveau mixage stéréo en audio haute résolution
96 kHz / 24 bits, le nouveau mixage Dolby Atmos ainsi que quatre vidéos.

Détail des titres

Mixage Dolby Atmos 2026

  1. Drive My Car
  2. Norwegian Wood (This Bird Has Flown)
  3. You Won’t See Me
  4. Nowhere Man
  5. Think For Yourself
  6. The Word
  7. Michelle
  8. What Goes On
  9. Girl
  10. I’m Looking Through You
  11. In My Life
  12. Wait
  13. If I Needed Someone
  14. Run For Your Life

Mixages Dolby Atmos 2023

  1. Day Tripper
  2. We Can Work It Out

Mixage stéréo 2026

  1. Drive My Car
  2. Norwegian Wood (This Bird Has Flown)
  3. You Won’t See Me
  4. Nowhere Man
  5. Think For Yourself
  6. The Word
  7. Michelle
  8. What Goes On
  9. Girl
  10. I’m Looking Through You
  11. In My Life
  12. Wait
  13. If I Needed Someone
  14. Run For Your Life

Mixages stéréo 2023

  1. Day Tripper
  2. We Can Work It Out

Vidéos

  1. Day Tripper (mixage 2023)
  2. Day Tripper (version alternative)
  3. We Can Work It Out (mixage 2023)
  4. We Can Work It Out (version alternative)
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Sources et références

Communiqué officiel Apple Corps / Universal Music Group et page thebeatles.com (« Rubber Soul: New Special Edition Out 2nd October »). Couverture de presse consultée pour recoupement : Rolling Stone, Billboard, uDiscover Music, Uncut, MOJO, Far Out Magazine, Consequence, Brooklyn Vegan. Pour l’histoire de l’album et des séances : Mark Lewisohn (The Complete Beatles Recording Sessions, Tune In), Ian MacDonald (Revolution in the Head), Barry Miles (Many Years From Now), Walter Everett (The Beatles as Musicians) et Geoff Emerick (Here, There and Everywhere). Notes de livret confiées à l’historien Kevin Howlett.