Vivons, ma Lesbie, et aimons,
et tout ce que diront les austères vieillards,
ne l’estimons pas plus qu’un sou.
Les soleils peuvent se coucher et revenir.
Nous, quand notre brève lumière s’est une fois couchée,
c’est une nuit éternelle qu’il nous faut dormir.
Donne-moi mille baisers, et puis cent,
puis mille autres, et puis cent encore,
puis mille autres encore, et puis cent.
Puis, quand nous serons arrivés à beaucoup de milliers,
nous les brouillerons tous, pour que nous ne sachions plus,
ou qu’un jaloux ne puisse nous faire du mal
s’il venait à savoir qu’il s’est donné tant de baisers.
Catulle
Traduit du latin par Philippe Heuzé
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