ASTHME DE L’ENFANT : Un acide gras maternel essentiel durant la grossesse

Publié le 04 août 2026 par Santelog @santelog

L’absence de cet acide gras dans le sang des femmes enceintes est bien associée à un risque accru d’asthme infantile, conclut cette équipe de biologistes et de pédiatres de l’University of Copenhagen et de l’Herlev and Gentofte Hospital (Danemark). L’analyse, publiée dans les Cell Reports Medicine, qui révèle une augmentation du risque d’asthme infantile de 62 % associée à cette carence maternelle, suggère néanmoins un début de « solution » : les omega-3.

L’asthme infantile est l’une des maladies chroniques les plus fréquentes chez l’enfant dans le monde. Des données croissantes suggèrent que ses déterminants s’établissent très tôt, dès la vie intra-utérine, via la maturation du système immunitaire et du microbiome des voies respiratoires.

L’acide gras 12-HETE (acide 12-hydroxéicosatétraénoïque) est un métabolite lipidique dérivé de l’acide arachidonique, impliqué dans la régulation des réponses immunitaires et inflammatoires.

La recherche est la première à établir un lien entre ce métabolite spécifique dans le sang maternel, durant la grossesse et le risque d’asthme chez l’enfant. Elle apporte également un éclairage nouveau sur les raisons pour lesquelles la supplémentation en omega-3 pendant la grossesse ne produit pas les mêmes effets protecteurs chez toutes les femmes — ouvrant la voie à une prévention mieux personnalisée de l’asthme infantile.

L’auteur principal, le Dr Bo Chawes, professeur clinique à l’Université de Copenhague, ajoute : « Pour la première fois, nous montrons qu’une molécule d’acide gras spécifique chez les femmes enceintes est liée au risque que leur enfant développe une bronchite asthmatique ».

Le 12-HETE, un acide gras crucial dans la maturation précoce du système immunitaire

L’étude, qui s’appuie sur 2 grandes cohortes mère-enfant est menée auprès de plus de 700 mères et leurs enfants suivis pendant 10 ans. L’analyse montre que :

  • l’incidence de l’asthme infantile sur les 10 premières années de vie est 62 % plus élevée chez les enfants dont la mère ne présente pas de 12-HETE mesurable dans le sang pendant la grossesse ;
  • dès l’âge d’1 mois, les enfants de ces mères présentent une composition bactérienne des voies respiratoires significativement différente et une réponse immunitaire altérée ;
  • leurs enfants développent plus fréquemment des infections respiratoires répétées, facteur de risque connu d’asthme ;
  • la supplémentation en oméga-3 pendant la grossesse réduit l’occurrence d’asthme précoce de 58 % — mais uniquement chez les femmes présentant des taux mesurables de 12-HETE ;
  • aucun effet protecteur n’est observé chez les femmes sans 12-HETE détectable, suggérant que ce métabolite conditionne la capacité de l’organisme à tirer bénéfice des oméga-3.

Quelles implications ? Pris ensemble, ces résultats suggèrent que l’acide gras 12-HETE pourrait fonctionner comme biomarqueur prédictif permettant d’identifier les femmes enceintes qui bénéficieraient le plus d’une supplémentation en oméga-3 : ce qui ouvre la voie à une prévention personnalisée de l’asthme infantile.

Si ces résultats se confirment dans des essais interventionnels dédiés, mesurer le 12-HETE en début de grossesse pourrait devenir un outil simple pour mieux cibler les supplémentations préventives et réduire ainsi le fardeau mondial de l’asthme infantile.

Source: Cell Reports Medicine May 1, 2026 DOI : 10.1016/j.xcrm.2026.102689 Maternal 12-HETE is associated with childhood asthma and the responses to prenatal omega-3 supplementation

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Équipe de rédaction Santélog Août 4, 2026Admin