L’exposition prénatale et infantile aux polychlorobiphényles (PCB) et aux substances perfluoroalkylées (PFAS), des polluants persistants, est résolument associée à des anomalies des chromosomes des spermatozoïdes à l’âge adulte, révèle cette étude d’une équipe de biologistes de la George Mason University (Virginie). L’analyse, publiée dans la revue Environmental Health établit que des niveaux plus élevés de PCB et de PFAS mesurés dès la vie fœtale sont associés à la présence de chromosomes surnuméraires dans les spermatozoïdes.
Environ 7 % des hommes dans le monde sont affectés par l’infertilité.
La qualité du sperme joue un rôle déterminant dans cette baisse de fertilité : des spermatozoïdes sains contiennent exactement 23 chromosomes, dont soit un chromosome X, soit un chromosome Y. La présence de chromosomes supplémentaires — aneuploïdie — augmente le risque de fausses couches et de malformations congénitales. De nombreuses études animales ont d’ailleurs montré que l’exposition précoce aux polluants organiques persistants pouvait altérer la santé reproductive masculine, mais les données humaines sont rares.
L’auteur principal, le Dr Melissa Perry, doyenne du College of Public Health, ajoute : « Ces résultats fournissent de nouvelles preuves que les expositions chimiques fœtales et ultérieures peuvent avoir une influence durable jusqu’à l’âge adulte sur l’intégrité génétique des spermatozoïdes ».
Cette étude longitudinale, avec un suivi de près de 40 ans, apporte pour la première fois chez l’Homme des éléments suggérant que
des expositions chimiques survenues avant même la naissance peuvent laisser une empreinte durable sur l’intégrité génétique des spermatozoïdes à l’âge adulte.
L’étude est menée auprès de hommes, âgés de 22 à 24 ans et dont les mères avaient fourni des échantillons sanguins entre 1986 et 1987. Les mêmes garçons ont été testés à nouveau à 7 et 14 ans pour quantifier leurs propres taux sanguins en polluants. Des décennies plus tard, leurs spermatozoïdes ont été analysés pour détecter d’éventuelles anomalies chromosomiques par aneuploïdie. L’analyse révèle que :
- l’exposition fœtale et infantile à des niveaux plus élevés de PCB et de PFAS est associée à la présence de chromosomes surnuméraires dans les spermatozoïdes à l’âge adulte ;
- la concentration de PCB dans le sang est principalement associée à la présence d’un chromosome Y supplémentaire dans les spermatozoïdes ;
- l’exposition aux PFAS est associée de façon constante à la présence à la fois de chromosomes X et Y supplémentaires ;
- l’exposition aux PCB proviendrait principalement d’une alimentation maternelle en fruits de mer contaminés, tandis que l’exposition aux PFAS serait liée à des polluants environnementaux présents dans l’alimentation, l’eau et l’air ;
- ces anomalies chromosomiques — aneuploïdies — dans les spermatozoïdes sont connues pour augmenter le risque de fausses couches et de malformations congénitales chez les enfants conçus.
Quelles implications ? L’exposition aux polluants chimiques persistants constitue un problème de santé publique majeur, fortement associé au déclin de la concentration et de la qualité du sperme observé à l’échelle mondiale. Ces résultats plaident pour des solutions politiques visant à prévenir l’entrée de ces substances dans l’environnement.
Ils soulignent également le fait que la fenêtre de vulnérabilité commence avant la naissance.
Source: Environmental Health May 4, 2026 DOI: 10.1186/s12940-026-01303-w Prenatal and childhood exposure to persistent environmental chemicals and sperm chromosomal abnormalities in adult men
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Équipe de rédaction Santélog Août 5, 2026Admin