Cool Parano – Un testament graffiti de Benoît Carbonnel – Éditions Même Pas Mal
Il y a des bandes dessinées qui accrochent dès les premières pages et ne vous lâchent plus jusqu’à la dernière. Cool Parano – Un testament graffiti fait partie de celles-là. Benoît Carbonnel y livre un album d’une maîtrise impressionnante, où narration, dessin et scénario avancent d’un même souffle. Tout est parfaitement en place, sans démonstration inutile. Une réussite totale.
Graphiquement, l’auteur impressionne par la fluidité de sa mise en scène et son sens du rythme. Certaines séquences rappellent même les recherches narratives de Scott McCloud, notamment par la façon d’utiliser le découpage, les silences et les transitions pour faire ressentir le mouvement et le temps. Une influence digérée, jamais plaquée, qui enrichit encore la lecture.
Mais Cool Parano est avant tout un livre profondément habité. Ceux qui ont vécu le graffiti — ou simplement côtoyé cette culture — y retrouveront une foule de détails, d’attitudes et de sensations qui sonnent juste. L’adrénaline, les errances nocturnes, les amitiés, les prises de risque, les doutes… tout est raconté avec une sincérité qui évite les clichés et les postures.
Carbonnel ne cherche ni à glorifier ni à condamner. Il raconte une époque, une passion, une manière d’habiter la ville. Son regard est celui de quelqu’un qui connaît intimement son sujet et qui en restitue toute la complexité.
Graphiquement irréprochable, scénaristiquement solide et narrativement parfaitement maîtrisé, Cool Parano – Un testament graffiti est une lecture essentielle. Plus qu’une BD sur le graffiti, c’est une BD qui en restitue l’esprit.
Un énorme big up à Benoît Carbonnel et aux Éditions Même Pas Mal pour cet ouvrage qui est déjà une référence pour les connaisseurs. Beaucoup de celles et ceux qui ont un jour porté une bombe de peinture dans leur sac s’y reconnaîtront. Et les autres comprendront enfin pourquoi le graffiti est bien plus qu’une pratique : une manière de vivre.