Abelardo de la Espriella a officiellement pris ses fonctions de président de la Colombie vendredi 7 août à Cali. L’avocat conservateur succède à Gustavo Petro après avoir remporté de justesse l’élection présidentielle face à Iván Cepeda. Dans son discours d’investiture, le nouveau chef de l’État a placé la lutte contre les groupes armés et le narcotrafic au sommet de ses priorités.
De la Espriella promet une rupture avec la politique de « paix totale » menée sous Petro. Il veut renforcer les opérations militaires contre les organisations criminelles, reprendre certaines méthodes d’éradication des cultures de coca et durcir le système carcéral. Washington a rapidement apporté son soutien en annonçant son intention de fournir 1 milliard de dollars d’aide sécuritaire à son nouveau gouvernement.
Sur le plan économique, le président défend également un programme d’austérité particulièrement ambitieux. Son objectif est de réduire jusqu’à 40 % certaines dépenses et structures publiques afin de rétablir la confiance dans les finances colombiennes. Il souhaite parallèlement relancer les investissements dans le pétrole, le gaz et les mines, tournant ainsi la page de plusieurs orientations environnementales de son prédécesseur.
La mise en œuvre de ce programme pourrait toutefois être compliquée par un Congrès fragmenté, où le nouveau pouvoir devra construire des alliances. Sécurité, discipline budgétaire et relance énergétique seront donc les premiers grands tests d’un mandat qui marque un net changement d’orientation politique à Bogotá.