Le chiffre paraît spectaculaire : plus de 130 % du PIB de dette publique française en 2030. Il ne s’agit pourtant pas d’une prévision fantaisiste, mais du scénario établi par quatre économistes dans un rapport indépendant commandé par le gouvernement si aucune mesure corrective significative n’est adoptée. La dette se situe actuellement autour de 118 % du PIB.
Le principal danger vient du coût du financement. Au premier semestre 2026, la France a versé 34,5 milliards d’euros d’intérêts, soit 19 % de plus qu’un an auparavant. Le rendement de la dette française à dix ans s’approche de 4 %, tandis que l’État doit progressivement refinancer des obligations émises à des taux beaucoup plus faibles.
Le rapport estime que le déficit pourrait approcher 7 % du PIB en 2030 sans redressement, tandis que la facture annuelle des intérêts atteindrait 124 milliards d’euros. Stabiliser le ratio d’endettement lors du prochain quinquennat nécessiterait environ 126 milliards d’euros d’effort budgétaire cumulé d’ici 2032.
Atteindre 130 % n’est donc pas une fatalité : c’est un scénario conditionnel. Mais éviter cette trajectoire obligera le prochain pouvoir à choisir entre économies, hausses de recettes, croissance plus forte ou combinaison des trois, dans un contexte électoral où ces options restent extrêmement impopulaires.