Steven Greenway nommé PDG d’Alliance Aviation alors que le renouvellement de la flotte de Qantas redessine l’activité
Aeromorning – John Smith — 18 août 2026
Nomination et contexte stratégique
Alliance Aviation Services a nommé Steven Greenway au poste de PDG le 18 août 2026, en succession de Stewart Tully. Fort de plus de 25 ans d’expérience dans l’aviation internationale, notamment à des postes de direction chez Qantas, Scoot, SkyEurope et flyadeal, Greenway prend la tête d’un opérateur spécialisé qui occupe une position importante dans l’aviation Fly-In, Fly-Out (FIFO), un modèle dans lequel les travailleurs sont transportés par avion vers des sites miniers et énergétiques isolés pour leurs périodes de travail, puis ramenés chez eux.
Cette nomination intervient peu après l’accord du 5 août 2026 révisant le contrat de wet-lease à long terme entre Alliance et Qantas :
Réduction de l’engagement en matière de flotte : le nombre d’Embraer E190 dédiés à Qantas passera de 30 à 23 appareils au cours de l’exercice FY2027.
Amélioration des conditions financières : les heures de vol prévues diminueront, mais les tarifs augmenteront sensiblement à compter du 1er juillet 2026, avec un mécanisme d’indexation annuelle destiné à rétablir la rentabilité d’un contrat qui était devenu commercialement peu attractif.
Ajustements internes : Alliance adapte ses effectifs et sa structure opérationnelle à la réduction du volume de vols.
L’origine du changement : le renouvellement de la flotte de Qantas
QantasLink introduit progressivement l’Airbus A220-300, doté de 137 sièges, dans le cadre du renouvellement de sa flotte régionale, en remplacement des Boeing 717 et, sur certaines liaisons, d’appareils régionaux plus petits tels que les E190 d’Alliance, configurés de 94 à 97 sièges selon leur configuration.
Par rapport à l’E190, l’A220 offre environ 40 sièges supplémentaires, un rayon d’action supérieur et jusqu’à 25 % de réduction de la consommation de carburant et des émissions de CO₂ par siège. Son introduction sur la liaison Adélaïde–Brisbane à partir du 3 mars 2026 en constitue un exemple direct, avec environ 100 000 sièges supplémentaires par an sur le réseau de Qantas à Adélaïde.
Cette évolution réduit donc le besoin de Qantas en capacité E190 fournie par Alliance, notamment lorsque l’A220, plus grand, offre de meilleures performances économiques et une capacité supérieure.
Position globale d’Alliance et capacité de redéploiement
La réduction ne concerne qu’une fraction de l’activité globale d’Alliance. Les 30 appareils engagés auprès de Qantas ne doivent pas être confondus avec la flotte totale d’Alliance.
Alliance disposait de 79 appareils au 30 juin 2025, comprenant 43 E190 et 36 Fokker 70/100, ces derniers étant configurés pour environ 80 à 100 sièges.
L’activité d’Alliance est diversifiée entre les vols FIFO, les opérations de charter sur mesure, les services de wet-lease/ACMI et la maintenance.
L’enjeu immédiat consiste donc à redéployer les sept E190 libérés par Qantas, plutôt que de les laisser sous-utilisés tout en supportant les coûts fixes associés, notamment le financement, la dépréciation, l’assurance, la maintenance et les coûts d’équipage. Cette situation s’inscrit dans l’objectif plus large d’Alliance en matière de discipline financière et de génération de trésorerie.
Déploiement potentiel des sept E190
Contrats FIFO : il s’agit de la piste la plus naturelle pour l’activité d’Alliance sur le marché des ressources. La compagnie peut répondre aux appels d’offres de groupes miniers en s’appuyant sur des contrats existants avec des clients tels que Glencore et Newmont. L’E190 peut desservir des destinations régionales et certains aéroports isolés tout en offrant une capacité d’environ 100 sièges.
Vols charter et corporate : les appareils pourraient également être utilisés pour des charters ponctuels ou sur mesure pour des gouvernements, des équipes sportives et des entreprises, en tirant parti de la capacité intermédiaire de l’E190 et de son rayon d’action supérieur à celui de nombreux turbopropulseurs.
ACMI/wet-lease : Alliance pourrait rechercher des contrats ACMI supplémentaires, en Australie comme à l’international. ACMI signifie Aircraft, Crew, Maintenance and Insurance — appareil, équipage, maintenance et assurance : l’opérateur fournit l’avion ainsi que les ressources opérationnelles à une autre compagnie aérienne. Cette activité pourrait absorber une partie de la capacité libérée, à condition qu’Alliance puisse obtenir des marges suffisamment attractives.
Atouts concurrentiels et obstacles
Les atouts d’Alliance comprennent une importante flotte détenue en propre et une grande flexibilité dans son déploiement, un réseau établi de bases australiennes, notamment à Brisbane, Perth et Darwin, ainsi que des références opérationnelles reconnues, parmi lesquelles les certifications IOSA et BARS Gold. La compagnie a enregistré un taux de ponctualité de 91 % en FY25, tandis que la disponibilité immédiate d’appareils peut également constituer un avantage lorsqu’elle répond à des appels d’offres.
La concurrence est toutefois intense. National Jet Express (NJE) exploite des E190 et des Q400 et constitue un concurrent majeur sur le marché FIFO australien, tandis que Network Aviation, filiale du groupe Qantas, est également présente dans les secteurs des ressources et du charter.
En 2023, l’Australian Competition and Consumer Commission (ACCC) a rejeté un projet de partenariat entre Virgin Australia et Alliance, estimant qu’il pourrait réduire la concurrence pour les contrats de charter FIFO. Cet épisode souligne l’importance de l’environnement concurrentiel des appels d’offres dans lequel Alliance doit désormais trouver de nouveaux contrats.
Le défi de Greenway
Le défi pour Greenway ne consiste donc pas simplement à trouver une utilisation aux sept E190. Alliance dispose déjà d’une flotte diversifiée et de positions établies sur les marchés du FIFO, du charter et de l’ACMI. La question centrale est de savoir si elle pourra transformer cette capacité nouvellement disponible en contrats offrant des marges attractives, tout en faisant face à une forte concurrence sur le marché australien des ressources.
Le renouvellement de la flotte de Qantas exerce une pression sur Alliance, mais il contraint également la compagnie à diversifier son activité au-delà de sa dépendance traditionnelle à Qantas. Le premier grand défi de Greenway sera donc de transformer cette pression en nouvelles opérations rentables.
Veuillez laisser ce champ videAbonnez-vous à notre newsletter
Nous ne vous enverrons jamais de spam ni ne partagerons votre adresse électronique.
Vérifiez votre boite de réception ou votre répertoire d’indésirables pour confirmer votre abonnement.