Le Ghana ajoute un nouveau regard extérieur sur ses comptes publics. John Dramani Mahama a installé, le 8 septembre, un Conseil budgétaire indépendant composé de cinq membres pour un mandat de quatre ans. Présidé par Emmanuel Oteng Kumah, cet organisme doit examiner les choix budgétaires et le respect des règles de discipline financière.
Son rôle ne consiste pas à prendre la place du gouvernement. Il doit apporter une évaluation indépendante des décisions et des trajectoires annoncées, afin que leurs conséquences puissent être discutées au-delà de la seule présentation officielle. La création d’un tel organe peut rendre plus visibles les écarts entre les objectifs affichés et les résultats obtenus.
L’enjeu dépasse le déficit d’une année. Une amélioration apparente peut coexister avec des paiements repoussés, des engagements peu visibles ou un coût d’emprunt élevé. L’utilité du Conseil sera de regarder l’ensemble du tableau, plutôt que de valider un chiffre isolé. L’accès aux données et la publication de ses analyses seront donc essentiels à sa crédibilité.
Mahama présente cette installation comme un renforcement de la responsabilité budgétaire. L’indépendance devra maintenant se vérifier dans la pratique, particulièrement lorsque les conclusions de l’organisme ne correspondront pas aux priorités politiques de l’exécutif. Le premier test ne sera pas la cérémonie de lancement, mais la liberté laissée au Conseil pour signaler les risques et la réponse apportée à ses observations.