Donald Trump vient de déplacer une ligne importante dans sa politique automobile. Le président affirme qu’il accepterait l’installation de constructeurs chinois aux États-Unis à condition que les voitures soient produites sur place et que les usines emploient des travailleurs américains.
Il oppose cette possibilité aux véhicules fabriqués au Mexique puis importés sur le marché américain, un scénario qu’il continue de rejeter.
Cette position surprend parce que Washington a construit ces dernières années un dispositif très dur contre les voitures chinoises, notamment à travers des droits de douane élevés et des restrictions concernant les véhicules connectés.
Plusieurs élus américains et constructeurs traditionnels s’opposent à une ouverture. Ils craignent que les groupes chinois utilisent leurs coûts plus faibles, leurs batteries et leur avance sur certains véhicules électriques pour prendre rapidement des parts de marché.
Trump présente au contraire l’investissement industriel comme une victoire si les emplois et les usines se trouvent aux États-Unis. Sa logique ressemble à celle appliquée depuis longtemps aux constructeurs japonais, coréens ou européens ayant implanté des usines américaines.
Le changement ne peut toutefois pas être immédiat. Les règles héritées de l’administration Biden interdisent encore certaines ventes et productions de véhicules chinois connectés pour des raisons de sécurité nationale.
Ouvrir réellement le marché nécessiterait donc des modifications réglementaires, et probablement un affrontement avec une partie du Congrès et de l’industrie.
Le débat révèle une tension classique de la politique commerciale américaine : faut-il protéger les constructeurs nationaux de la concurrence chinoise, ou accepter le capital chinois s’il produit et emploie directement aux États-Unis ?