France 2027 : les marchés commencent à faire payer l’incertitude politique

Publié le 14 septembre 2026 par Stedathe

La présidentielle française commence à entrer dans les calculs des investisseurs. L’écart entre les taux d’emprunt français et allemands à dix ans dépasse désormais 90 points de base, son niveau le plus élevé depuis 2012, signe d’une prime de risque accrue exigée pour prêter à la France.

Le mouvement ne s’explique pas uniquement par la politique. La Banque centrale européenne vient de relever ses taux, les prix de l’énergie sont repartis à la hausse et les finances publiques françaises continuent de déraper. Mais l’élection de 2027 ajoute une couche d’incertitude supplémentaire.

Les sondages évoquent la possibilité d’un second tour opposant Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon. Les deux programmes sont très différents, mais les investisseurs redoutent dans les deux cas une rupture importante avec la trajectoire budgétaire actuelle et des conflits potentiels avec les règles européennes.

Plusieurs gérants interrogés par Reuters estiment même que les marchés ne valorisent pas encore entièrement le scénario politique. Cela signifie qu’une hausse supplémentaire des taux français reste possible si les sondages deviennent plus polarisés, si les programmes budgétaires se durcissent ou si le gouvernement actuel échoue à stabiliser le déficit.

Le risque principal est un cercle vicieux : plus les taux montent, plus le service de la dette coûte cher, plus le déficit est difficile à réduire, et plus les investisseurs demandent une rémunération élevée. La présidentielle de 2027 pourrait ainsi devenir l’une des premières élections françaises où la réaction des marchés pèsera presque quotidiennement sur le débat politique.