Les BRICS deviennent-ils vraiment un rival diplomatique de l’Occident ?

Publié le 14 septembre 2026 par Stedathe

La déclaration de New Delhi va plus loin qu’un simple texte de sommet. Les membres des BRICS y dénoncent la montée des mesures tarifaires et non tarifaires unilatérales qui perturbent le commerce international et réaffirment leur préférence pour un système multilatéral.

Le message intervient alors que les États-Unis multiplient les sanctions contre l’Iran dans le contexte de la guerre et maintiennent un vaste régime de restrictions contre la Russie. Les BRICS ne désignent pas systématiquement Washington dans chacune de leurs formulations, mais le contexte rend la cible politique difficile à ignorer.

Le bloc a été créé comme une plateforme d’économies émergentes cherchant à rééquilibrer un ordre mondial dominé par les institutions occidentales. Son expansion à l’Égypte, l’Éthiopie, l’Iran, les Émirats arabes unis puis l’Indonésie a renforcé son poids démographique et politique, mais aussi ses contradictions internes.

La nouveauté de 2026 est sa capacité à produire un texte commun sur des sujets directement conflictuels : guerre au Moyen-Orient, sanctions, commerce et réforme de la gouvernance mondiale. La Russie et la Chine souhaitent clairement utiliser le groupe comme contrepoids à l’Occident, tandis que l’Inde et le Brésil restent plus prudents et insistent davantage sur la réforme que sur l’affrontement.

Les BRICS ne sont donc pas encore un bloc diplomatique homogène comparable à une alliance. Mais plus ils coordonnent leurs positions sur les conflits, le commerce et les systèmes de paiement, plus ils s’éloignent de l’image d’un simple club économique. La question est désormais de savoir s’ils pourront transformer cette coordination en influence durable sans se fracturer sur leurs propres rivalités.