Xi Jinping veut donner aux BRICS une fonction beaucoup plus politique. À New Delhi, le président chinois a appelé le bloc à jouer un rôle direct dans la recherche d’une issue au conflit au Moyen-Orient, estimant que les grandes puissances émergentes doivent participer davantage à la résolution des crises internationales.
Cette proposition arrive au moment où les BRICS tentent de prouver qu’ils peuvent faire autre chose que coordonner des positions économiques. Avec l’Iran et les Émirats arabes unis désormais membres, le groupe dispose d’interlocuteurs directement impliqués dans les tensions régionales, mais doit aussi gérer des intérêts très divergents.
Le déplacement de Xi avait une autre dimension majeure : il s’agissait de sa première visite en Inde depuis sept ans. Sa rencontre avec Narendra Modi a porté sur les échanges économiques, la mobilité, les liaisons entre les deux pays et la stabilisation d’une relation fortement dégradée par l’affrontement frontalier meurtrier de 2020.
La Chine et l’Inde restent cependant loin d’une normalisation complète. Les deux pays maintiennent une forte présence militaire le long de leur frontière himalayenne et leurs entreprises se plaignent toujours de restrictions, de retards de visas et de barrières commerciales. Leur commerce bilatéral a pourtant atteint un niveau record en 2025.
Pour Pékin, le sommet permet donc de poursuivre deux objectifs en même temps : renforcer le rôle géopolitique des BRICS et éviter qu’une rivalité durable avec l’Inde ne limite l’influence chinoise dans le Sud global. La capacité du bloc à devenir réellement médiateur dépendra toutefois de résultats concrets, pas seulement de déclarations.