Le sommet des BRICS à New Delhi a produit une image que peu imaginaient encore quelques semaines plus tôt. L’Iran et les Émirats arabes unis ont soutenu ensemble, le 12 septembre, une déclaration commune appelant à la retenue et à la désescalade au Moyen-Orient.
Le symbole le plus fort est venu de la rencontre entre le président iranien Masoud Pezeshkian et le prince héritier d’Abou Dhabi, Sheikh Khaled bin Mohamed bin Zayed Al Nahyan. Il s’agit de leur échange au plus haut niveau depuis le début du conflit, alors même que les deux pays se trouvaient jusqu’ici sur des positions profondément opposées.
La déclaration de New Delhi appelle à protéger les civils, respecter la souveraineté des États et préserver la stabilité du commerce et des routes maritimes. Elle ne signifie pas que Téhéran et Abou Dhabi ont réglé leurs différends, mais le simple fait qu’ils aient accepté un texte commun constitue déjà un résultat diplomatique pour l’Inde, pays hôte.
Avant le sommet, l’élargissement des BRICS semblait menacer la capacité du bloc à produire un consensus. L’accord obtenu sur le Moyen-Orient montre au contraire qu’il peut, dans certaines circonstances, servir de plateforme de dialogue entre des membres directement exposés aux mêmes crises mais placés dans des camps différents.
La portée réelle du rapprochement dépendra désormais de ce qui suivra. Une déclaration ne suffit pas à modifier l’équilibre régional, mais elle marque une rupture avec les fractures qui dominaient les réunions précédentes et offre aux BRICS un premier succès politique visible sur l’un des dossiers les plus explosifs du moment.