Julius Malema remet l’affaire Phala Phala au centre de la campagne des élections municipales sud-africaines du 4 novembre. Lors de ses lancements de campagne provinciaux, le chef de l’EFF combine désormais le dossier visant Cyril Ramaphosa avec ses promesses sur les services publics, les aides sociales et l’emploi des jeunes.
L’affaire concerne environ 580 000 dollars volés en 2020 dans la ferme Phala Phala appartenant au président. Ramaphosa affirme que l’argent provenait d’une vente de gibier et nie tout comportement fautif. Le dossier reste contesté devant les tribunaux, notamment autour du rapport d’un panel indépendant qui avait estimé qu’il existait des éléments justifiant un examen parlementaire.
Malema utilise cette affaire pour présenter l’ANC comme incapable de demander des comptes à ses propres dirigeants. Il promet parallèlement de renforcer les services municipaux, de lutter contre la corruption locale, d’augmenter certaines aides sociales et de soutenir davantage les jeunes sans emploi.
L’EFF a lancé son manifeste national en juillet puis organise des déclinaisons dans les provinces, notamment dans le Free State et le Northern Cape. Phala Phala n’est donc pas le seul thème de la campagne, mais Malema cherche à en faire une preuve durable de ce qu’il considère comme l’impunité du pouvoir.
Cette stratégie présente aussi un risque : les élections sont municipales et les électeurs jugeront d’abord l’eau, l’électricité, les routes, les déchets et la gouvernance locale. L’EFF doit donc réussir à relier un scandale national ancien à des problèmes quotidiens très concrets s’il veut transformer l’offensive contre Ramaphosa en gains électoraux.