Donald Trump a brisé une prudence diplomatique observée pendant des décennies par les présidents américains sur l’avenir constitutionnel de l’Irlande du Nord. En visite à Dublin, le président américain a déclaré qu’il « adorerait » voir une Irlande réunifiée et prédit qu’une telle évolution finirait par se produire.
Trump a reconnu que le Royaume-Uni aurait son mot à dire, mais a qualifié la réunification de perspective « fantastique ». Ses propos interviennent quelques semaines après que le Premier ministre britannique Andy Burnham a écarté l’organisation d’un référendum dans les conditions politiques actuelles.
Le chef du Democratic Unionist Party, Gavin Robinson, a réagi vivement en rappelant que l’avenir de l’Irlande du Nord devait être décidé par sa population, et non par des commentaires venus de Washington, Londres ou Dublin. Il a présenté l’unification comme une menace existentielle pour l’union avec le Royaume-Uni.
L’accord du Vendredi saint de 1998 autorise un référendum sur la réunification, mais uniquement si le gouvernement britannique estime qu’une majorité en Irlande du Nord pourrait soutenir ce changement. Les enquêtes d’opinion continuent globalement de donner l’avantage au maintien dans le Royaume-Uni, même si l’écart s’est réduit depuis le Brexit.
La déclaration de Trump est donc politiquement lourde parce qu’elle rompt avec la neutralité américaine traditionnelle sur le statut final de l’Irlande du Nord. Elle ne modifie pas les règles du processus, mais elle replace brutalement une frontière historique au centre de la relation entre Washington, Dublin et Londres.
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