« Oiseaux de passage » de Samuel Martin-Boche

Par Etcetera

J’ai choisi ces six haïkus dans le joli livre de Samuel Martin-Boche « Oiseaux de passage« , publié par les éditions Henry en 2023, dans la collection La main aux poètes, sous la direction littéraire de Jean Le Boël.

Un ton vif, très frais, qui s’attache à une multitude d’espèces d’oiseaux, des plus communes sous nos latitudes aux plus exotiques (aras, colibris, autruches…). Le poète s’intéresse à l’apparence physique ou aux attitudes observables de ces oiseaux, certes, mais peut-être encore davantage à leurs cris, à leurs bruits, à leurs silences, tout un monde sonore qui rejoint aussi le domaine du langage, les noms qui désignent les oiseaux, l’énigme de leurs chants… Samuel Martin-Boche consacre également plusieurs très beaux haïkus aux liens si étroits, si singuliers, entre l’oiseau et l’arbre, entre l’oiseau et le ciel…
On peut remarquer aussi que la figure de l’oiseau s’accorde particulièrement bien avec la forme poétique du haïku : par leur légèreté, leur fugacité, leur finesse, la ligne gracieuse qu’ils laissent dans l’esprit après leur passage, ils ont vraiment de nombreuses similitudes !
Un recueil qui m’a beaucoup plu et que j’ai déjà pris plaisir à relire deux ou trois fois.

**

Présidant aux cérémonies du parc
la pie
smoking de rigueur

*

à Antoine Maine


Une à une le geai bleu
vient allumer toutes
les branches du bouleau

*

à Luce Guilbaud


Aux oiseaux comme aux arbres
les différents noms
servent peut-être de couverture

*

«…je sais qu’il me manque quelque chose
quand je vois
passer l’oiseau. »
Pierre Garnier

Sans eux, qui sait ?
il pourrait
s’effondrer – le ciel

*
Mal aimé le paon fait étalage
de ses richesses
à la moindre contrariété

*

à Marilyne Bertoncini
qui sait lire les nuages


Comme il creuse le ciel
aujourd’hui –
le silence des oiseaux


**