Rock The Lakes 2026 (14/15/16 août 2026) – Une superbe cinquième édition –

Publié le 23 août 2026 par Lordsofrock @LORDS_OF_ROCK

Commentaires et Photos : Emmanuel

Spoiler : Je ne parlerai pas du vendredi, hélas. Une crève de l’espace m’a contraint à déclarer forfait et mon Rock The Lakes 2026 commence donc le samedi, dans un état encore assez éloigné de la pleine possession de mes moyens. Quelques médicaments plus tard, me voilà néanmoins à Cudrefin pour deux journées qui suffiront largement à mesurer le chemin parcouru par le festival depuis ses débuts.

La première impression est assez frappante : Rock The Lakes a grandi, beaucoup même, mais sans avoir encore perdu ce qui faisait son intérêt initial. On circule facilement, les deux scènes sont proches, le stationnement ne relève pas de l’expédition et l’organisation reste hyper fluide. Le site est propre, lisible, agréable. Seule la sécheresse des dernières semaines a transformé certains passages en véritables générateurs de poussière de l’enfer, dès que quelques dizaines de personnes commencent à s’agiter.

Autre constat immédiat : le son est très bon et le directionnel réglé au poil, de tel façon que tout reste équilibré, où qu’on soit. Précis, clair, rarement agressif. Peut-être un peu trop sage sur certains groupes en début de journée, où quelques décibels supplémentaires auraient été bienvenus, mais on comprendra rapidement que le système en a largement sous le pied !

Samedi 15 août

HOKKA

HOKKA constitue pour moi la véritable entrée dans cette édition. Un metal moderne extrêmement propre, mélodique, avec cette rigueur presque clinique que certaines formations finlandaises semblent avoir intégrée jusque dans leur ADN. Joel Hokka, ancien chanteur de Blind Channel, est accompagné notamment de Pauli Rantasalmi, ex-The Rasmus : il y a donc déjà pas mal de métier derrière ce projet pourtant encore jeune.

Le groupe explique avoir notamment voulu quitter Helsinki pour chercher un peu de chaleur. À Cudrefin, vu la température de ce week-end, on peut considérer que la demande a été traitée avec un léger excès de zèle. Musicalement, tout est parfaitement en place. Angels Fall et Dark Side figurent parmi les morceaux relevés pour ce Rock The Lakes, avec un univers qui reste proche de ce que l’on pouvait attendre des parcours précédents des musiciens. Et lorsqu’arrive la traditionnelle photo avec le public, ils choisissent de passer Angels de Robbie Williams en demandant à quelques milliers de métalleux de participer. Dans un festival metal, il fallait le tenter.

Ce n’est pas nécessairement le groupe qui va retourner la fosse en quarante minutes, mais ce n’est manifestement pas son objectif. HOKKA installe quelque chose de plus contrôlé, construit autour des mélodies et d’une production moderne extrêmement propre. Et dès ce premier concert, on perçoit combien la qualité sonore du festival permet aux groupes de conserver leurs nuances.

ten56.

Avec ten56., changement complet de logique. Le groupe parisien emmené par Aaron Matts (le rosbeef au chant comme il se plait à le rappeler !) propose quelque chose de beaucoup plus brutal, contemporain et volontairement instable.

Hardcore, deathcore, rythmiques cassées, silences et breakdowns : les morceaux semblent parfois prendre plaisir à se désarticuler exactement au moment où l’on pensait avoir compris où ils allaient.

Chez ten56., le chaos est organisé. La musique avance, se bloque brutalement, repart ailleurs et revient avec un breakdown dont le premier rang avait probablement compris l’arrivée quelques secondes avant ses cervicales.

Le groupe arrive en plus diminué après son passage en Allemagne la veille, Aaron expliquant que plusieurs membres sont malades. Cela ne se voit franchement pas beaucoup une fois le set lancé.

Ce qui est certain, c’est que ten56. fait basculer la journée vers quelque chose de beaucoup plus physique. La fosse commence sérieusement à comprendre pourquoi elle est venue.

Mushroomhead

C’est au tour de Mushroomhead, de débouler avec des masques, plusieurs percussionnistes et un double chant emmené par une chanteuse hyper efficace dans une scénographie extrêmement chargée qui, à cinquante mètres, pourrait entraîner une conclusion rapide : Slipknot.

Mais que nenni !

La parenté visuelle saute aux yeux ; musicalement, elle devient beaucoup moins pertinente dès que le groupe commence à jouer. Mushroomhead possède un univers beaucoup plus hybride, entre metal alternatif, industriel, rythmiques presque tribales et surtout un travail vocal qui change complètement la couleur de l’ensemble. L’alternance des voix masculines et féminines apporte de vraies respirations et empêche la musique de devenir monolithique.

Le spectacle, lui, ne fait pas semblant. Deux percussionnistes à l’avant, les chanteurs qui rejoignent rapidement le public, crowdsurfing en série : il se passe constamment quelque chose. Et au milieu du set surgit la reprise de When Doves Cry de Prince, attestée ce soir-là, choix assez improbable sur le papier mais qui s’intègre étonnamment bien à leur univers. “Qwerty, Sun Doesn’t Rise, The Heresy, Madness Within ou 12 Hundred“, mettent le public sous pression et si le public “two step” par endroit ou décide de pogoter à l’ancienne, l’ambiance est bel et bien montée d’un sacré cran !

La musique survit parfaitement au spectacle. Si Mushroomhead pourrait facilement n’être qu’un groupe que l’on regarde, on continue à les écouter. Et ce n’est pas tout à fait la même chose. Mission accomplie. Me voilà complètement convaincu.

Coroner

Place ensuite au patrimoine suisse avec les indéboulonnables Coroner. Ici, pas besoin d’une douzaine de musiciens ni de personnages masqués : quatre types suffisent. Le groupe a ni plus ni moins créé un style et commis l’un des albums les plus légendaires du metal, rien que ça ! Les fondateurs du technical thrash metal de Coroner font partie de ces groupes qui, à la fin des années 1980, ont fait évoluer le thrash vers une forme beaucoup plus technique et progressive.

De No More Color à Mental Vortex, les Suisses ont contribué à poser une partie du vocabulaire du technical thrash moderne : riffs complexes, changements rythmiques constants et sophistication sans perte d’impact.

Et ce n’est pas rien de dire que le combo a influencé beaucoup de nos groupes en Suisse qui ont posé de sacrées pierres à cet édifice métal, de Celtic Frost, en passant par Nostromo et Samaël en arrivant à mes amis de Tar Pond (Ein kleiner Gruß an Tar Pond, bleibt laut, meine Freunde. Beim nächsten Mal weiß ich wenigstens, was außer Musik noch in der Luft liegt!!) interview réalisée l’an passé avec Chris, Daniele et Stefano, ici même.

Le groupe ouvre avec Oxymoron, enchaîne Consequence et Sacrificial Lamb, puis déroule un set qui passe notamment par Divine Step, Masked Jackal, Symmetry et Metamorphosis. La fin est particulièrement solide avec Grin (Nails Hurt) sur fond vert (!) puis Renewal.

Ce qui frappe est la construction de cette musique. Le thrash de Coroner reste extrêmement physique, et jamais ne faiblit, avec des morceaux tellement structurés qu’on finit presque par les observer comme des mécanismes d’horlogerie (suisse). Les riffs s’emboîtent, les accents se déplacent, certaines parties changent de fonction en cours de route. Tommy Vetterli est redoutable et le son, ici, est probablement parmi les meilleurs de la journée.

Il existe des groupes techniques qui passent leur concert à rappeler qu’ils sont techniques. Coroner n’a plus besoin de le faire. Ils jouent.

Clawfinger

Et puis arrive des revenants : Clawfinger. Énergique. Très énergique.

Même très, très, très, très énergique.

Zak Tell semble n’avoir jamais reçu la circulaire expliquant qu’après plusieurs décennies de carrière, on pouvait éventuellement commencer à économiser ses mouvements. Il parle énormément, plaisante – humour swedish qui me fait penser à son homologue d’Opeth, notamment lorsqu’il viendra devant la scène Monster en demandant la raison pour laquelle une bonne partie du public se trouve déjà devant cette scène : « Hello Arch Enemy fans! ». – il plaisante à propos de son propre groupe, de l’âge de tout le monde. Bref, un sacré galopin.

Le groupe vient de réussir à attendre dix-huit ans pour sortir un nouvel album et s’en amuse en se comparant à Chinese Democracy !

Bien en tendu The Truth, le morceau de 1993 qui avait largement contribué à les faire connaître est interpreté et les enfants qui montent sur scène à la fin du concert sont presque tout un symbole. La charpente de ce concert repose sur Biggest & the Best, Two Sides, Ball & Chain et Do What I Say. Une sorte de best-of qui fonctionne surtout grâce à l’absence totale de posture nostalgique.

Clawfinger sait très bien d’où il vient, en rit volontiers et joue avec une énergie qui rend assez secondaire la question de savoir si son pic commercial se trouvait trois décennies plus tôt. Ils ne sont manifestement pas revenus pour faire de la figuration.

Chapeau d’avoir réussi à transfomer cet essai et d’avoir emmené le public avec autant de conviction avant le TRES gros morceau de la journée : Arch Enemy.

Arch Enemy

Avant même que le concert commence, un mouvement assez massif du public vers la scène indique clairement ce qui constitue l’attraction du samedi. L’immense bannière Pure Fucking Metal recouvre encore la scène pendant qu’Ace of Spades accompagne l’attente. Puis le rideau tombe.

Et là, changement de catégorie. Quel gap sonore. Le public est littéralement collé formant désormais un bloc humain du devant de la scène jusqu’à la régie. Je préviens d’ailleurs mes deux compatriotes très étonnées que cela se remplisse autant d’un coup, à côté de moi, que cela risque de secouer un peu.

Le set commence par Yesterday Is Dead and Gone, suivi du tonytruand The World Is Yours, puis War Eternal. Le son acquiert immédiatement une profondeur différente ; les infrabasses frappent physiquement et les guitares occupent un espace monstrueux.

Michael Amott reste évidemment l’un des piliers absolus de la machine, tandis que Joey Concepcion possède largement les moyens techniques de lui répondre.

Mais cette année, le véritable sujet est Lauren Hart.

Après douze années pendant lesquelles Alissa White-Gluz est devenue pratiquement indissociable de l’image moderne d’Arch Enemy, reprendre sa place n’a rien d’un remplacement banal. Il ne suffit pas de posséder le registre vocal. Il faut arriver dans un groupe gigantesque, parfaitement rodé, entourée de musiciens qui ont des centaines de concerts dans les jambes, puis parvenir à exister immédiatement au centre.

En clair : se faire une place au milieu de ces colosses, ce qui avait fini par lasser Alyssa, jetant l’éponge après 12 longues années, et tenant un discours assez variable sur l’ambiance général dans le groupe.

En ce qui concerne Lauren Hart, elle ne donne surtout pas l’impression d’essayer de fabriquer une copie d’Alissa et de manière tout-à-fait subjective, je dirais que son registre vocal colle davantage à celui d’Angela. Personnellement, j’étais un nostalgique de la période Gossow et je retrouve avec Lauren l’énergie brute de l’ancienne version du combo suédois, moins lisse plus brutale. Il se dit d’ailleurs ça et là (mais chut !) que Lauren serait coaché par…Angela herself, ce qui a du aider à l’adoubement par le Sir Amott. Ce ne sont là que des bruits de couloirs.

Lorsque vient To the Last Breath, morceau écrit avec elle, la question du remplacement commence d’ailleurs déjà à perdre de son intérêt : on regarde simplement la nouvelle incarnation d’Arch Enemy. Que cela soit clair : elle abat un boulot remarquable dans du point de vue vocal avec un chant beaucoup plus guttural et une posture ultra physique.

The Eagle Flies Alone, puis Bury Me an Angel — présenté comme le premier morceau écrit par Michael Amott pour Arch Enemy — avant un No Gods, No Masters particulièrement massif, indiquent que les deux guitares restent l’arme principale du groupe, ce qui était un peu passé au second plan ces dernières années avec les regards parfois uniques centrés sur Alyssa.

Après environ soixante-dix minutes, We Will Rise termine le set principal. Les écrans passent ensuite aux flocons pour annoncer Snow Bound, parenthèse instrumentale qui permet aux deux guitaristes de reprendre le centre avant que tout reparte une dernière fois avec Nemesis. Ballons géants dans le public, masse sonore énorme : difficile d’imaginer morceau plus approprié pour fermer la boutique.

Et c’est probablement pendant Arch Enemy que je mesure véritablement ce qu’est en train de devenir Rock The Lakes. Voir une formation de cette dimension dans ces conditions, à quelques dizaines de mètres, reste assez exceptionnel. En même temps, la densité du public commence à montrer que le festival n’accueille plus exactement les mêmes affluences qu’à ses débuts.

Bravo donc au festival de montrer de quoi nous sommes capables côté metal en romandie.


Dimanche 16 août

Le dimanche confirme assez rapidement que ni la crève ni le mal de tête n’ont miraculeusement disparu pendant la nuit. Je décide donc d’expérimenter une méthode thérapeutique nouvelle consistant à traiter une céphalée par du death metal polonais à fort volume.

Sur le plan scientifique, les données restent faibles.

Decapitated

Decapitated est précisément le genre de groupe que l’on pourrait décrire paresseusement comme « metal extrême » avant de passer à autre chose. En concert, c’est pourtant l’inverse qui est intéressant. Ce qui frappe n’est pas seulement la violence — parfaitement attendue — mais la construction des morceaux.

Le groupe fête ses trente ans et cette tournée brasse assez largement son histoire. Last Supper, Earth Scar, Cancer Culture, 404, Kill the Cult ou Iconoclast, ou encore l’inévitable Spheres of Madness, prouvent que le combo est beaucoup plus subtil que ça.

De manière presque architecturale Decapitated sait construire sa violence avec beaucoup d’élégance et des structures presque géométriques. Derrière cette impression frontale apparaît énormément de détail. Pour commencer l’après midi cela fonctionne remarquablement bien malgré un public clairsemé qui semble avoir bien profité des stands de bières locales la veille.

Stick To Your Guns

Avec Stick To Your Guns, on peut provisoirement ranger la règle et le compas.

Stick To Your Guns n’est plus vraiment un “petit” groupe de hardcore depuis longtemps. Formés en 2003 à Orange County, ils ont participé à installer ce mélange devenu familier entre hardcore mélodique, metalcore et discours très engagé. The Hope Division, puis Diamond, Disobedient ou True View ont largement contribué à en faire une référence du genre. Sur scène quelques riffs suffisent, et le public comprend immédiatement ce qu’il doit faire.

Son hardcore possède cette qualité assez particulière : lorsqu’il fonctionne, il n’a pas besoin d’un mode d’emploi. Les premières rythmiques arrivent, le public commence à bouger et le two-step apparaît presque spontanément. Un peu à la manière de ten56., la veille, après la construction particulièrement sophistiquée de Decapitated, cette franchise fait beaucoup de bien, mais physiquement, beaucoup moins. Ça secoue fort. Je ressors de là lessivé et me souviens qu’à mon grand âge on reste tranquille, ce dont il n’est pas question !

Igorrr

Puis arrive les français d’Igorrr, et toute tentative de retrouver une classification musicale raisonnable peut de nouveau être abandonnée. J’avais vu le combo sous la temple au Hellfest cette année et j’avais été impressionné par leur puissance de frappe et la précision chirugical d’un ensemble à première vue totalement décousu : breakcore, champ lyrique, hurlements de bêtes, black metal.

Le tiercé dans le désordre “Daemoni“, “Spaghetti Forever“, “Nervous Waltz“, le très nerveux et arabisant”Blastbeat Falafel“, eDowngrade Deserte, le titre qui porte bien son nom : “ADHD“, “ieuD“, “Polyphonic Rust“, “Headbutt“, “Infestis” et “Viande“.

Ce qui est certain, c’est que cette nouvelle incarnation d’Igorrr fonctionne remarquablement bien. Après un dernier album redoutablement efficace, Marthe Alexandre s’en est allé au printemps vers d’autres aventures. Continuer à parler simplement de breakcore n’explique plus grand-chose : électronique, metal extrême, baroque, voix lyriques mezzo-soprano, rythmiques absurdes, ruptures qui semblent parfois décidées au hasard avant que l’on réalise que tout était parfaitement calculé.

Et surtout, il y a cet ovni en la personne Gerda Iguchi. La mezzo soprano allemande est tout simplement impressionnante. Sa présence reste l’une des images les plus fortes de mon week-end.

Elle se déplace avec quelque chose de presque chorégraphique, parfois très élégant, brutal, alors que le personnage raconte tout l’inverse : lentilles noires, visage fermé, expressions sombres et inquiétantes. Pendant pratiquement tout le concert, elle ne quitte pas cette incarnation.

Puis le set se termine et là : immense sourire. En quelques secondes, la créature disparaît et la personne réapparaît.

JB Le Bail participe tout autant à cette théâtralisation avec une présence physique et un maquillage sombre et doré, presque pharaonique, qui l’intègrent totalement dans l’univers du groupe. Chez Igorrr, personne ne donne l’impression de simplement venir jouer sa partition. Martin à la guitare et le musculeux Rémi Sérafino abattent un travail gargantuesque d’une précision hors du commun. Il y a du en avoir des heures de travail pour obtenir ce résultat.

Et c’est précisément ce qui évite à une musique aussi complexe de devenir une démonstration pour spécialistes. Igorrr peut être technique, grotesque, brutal, élégant et parfois franchement absurde, mais il reste d’abord un spectacle. En plein cagnard, le groupe a su convaincre les plus dubatifs de l’après-midi et les curieux observés ça et là.

Imminence

Puis vient Imminence, et probablement l’un des gros moments du dimanche.

Le metalcore moderne possède aujourd’hui un problème assez simple : énormément de groupes sont devenus techniquement excellents. Production gigantesque, chant clair, scream, breakdown, atmosphère sombre. Tout fonctionne. Et parfois, dix minutes après le concert, on ne sait déjà plus très bien qui on vient de voir.

Imminence évite largement ce piège.

“The Sword That Never Bends” ou encore “Erase“, “False Light” et surtout “The Black” sont au cœur du set sans que le violon d’Eddie Berg, évidemment le premier élément distinctif du combo, ne prenne toute la place. Il serait justement dommage de le réduire à un simple gimmick. Il n’est pas posé au-dessus de la musique pour permettre d’écrire « metalcore avec violon » sur l’affiche. Il participe réellement à la composition, crée des respirations, modifie les textures et donne à certains passages une ampleur presque cinématographique.

Même chose pour l’alternance vocale. Eddie Berg, sorte de Jared Leto dépressif, passe du chant clair au saturé sans que l’un des deux registres semble uniquement servir de sas vers l’autre. Les passages mélodiques existent réellement et la violence gagne justement en efficacité parce qu’elle n’est pas permanente.

Le fameux moment où Harald joue de la guitare avec un arché était très attendu.

Le combo à réussi quelque chose qui devient de plus en plus difficile : être immédiatement reconnaissables dans un genre où tout le monde sait désormais très bien jouer. Et dans les conditions offertes par Rock The Lakes, suffisamment près de la scène pour regarder réellement les musiciens plutôt que leur retransmission vidéo, tout ceci prend une dimension supplémentaire.

Une semaine plus tard

Au terme de ces deux journées — en laissant donc le vendredi à ceux dont le système immunitaire avait négocié le week-end avec davantage de sérieux — l’impression générale est assez claire : Rock The Lakes est le festival de metal sur lequel il faudra désormais compter.

L’affiche possède une vraie cohérence entre metal moderne, hardcore, metalcore, death et formes plus extrêmes. Surtout, le festival conserve encore quelque chose que j’apprécie beaucoup : on y circule, on voit réellement les groupes, les scènes restent proches et on n’a pas besoin d’établir un plan d’opération militaire simplement pour assister à trois concerts successifs.

J’espère que cela se fera sans perdre ce qui fait encore aujourd’hui une grande partie du charme de Rock The Lakes : cette proximité un peu improbable avec des groupes que l’on regarde ailleurs depuis beaucoup, beaucoup plus loin.

Le patron de Rock The Lakes n’a pas attendu que la poussière retombe pour regarder vers 2027. Six premiers noms ont déjà été lâchés : Halestorm, HammerFall, Shadow Of Intent, The Browning, Prong et surtout Children Of Bodom – A Celebration of Music. Vivement 2027 !