Cinq silences, Raphaël Meltz

Par Antigone

Grâce au partenariat que j’entretiens avec Bayard encore cette année, je reçois vraiment des ouvrages passionnants. Chez « Bayard récits », j’avais lu également « Les zones grises » de Alexandra Saemmer dont j’ai gardé un souvenir très marquant. Le parti pris ici peut paraître un peu étrange, voire morbide, s’intéresser aux moments où les écrivains ont cessé de vivre, donc d’écrire, et s’interroger sur le devenir de leurs textes, parfois inachevés. En réalité, Raphaël Meltz déroule son essai de manière très vivante, pas d’inquiétude de ce côté. Faisant écho par ailleurs à un moment personnel de mon actualité (des archives d’un proche à peut-être trier bientôt), j’ai trouvé réconfortant de constater que les façons de faire sont multiples et surtout qu’il est bien rare de tout contrôler dans la vie. La couverture est superbement signée Benjamin Bachelier.

Le résumé
Raphaël Meltz déroule son propos de manière chronologique, s’intéressant tout d’abord à Franz Kafka (en 1924) puis à Virginia Woolf (en 1941). Il est question ensuite de la sulfureuse Albertine Sarrazin (en 1967), de l’oulipien Georges Perec (en 1982) et de Roberto Bolaño (en 2003). Ils sont tous morts entre 29 et 59 ans. On pourrait dire « prématurément ». Ils laissent donc souvent des œuvres inachevées ou tout du moins un héritage littéraire à gérer. 

Mon avis
On connaît cette anecdote sur le fait que Franz Kafka voulait que l’on brûle tous ses livres après sa mort. Son ami Max Brod va au contraire tout faire pour que son nom ne soit pas oublié et ses ouvrages publiés. Est-ce une trahison ? Raphaël Meltz explique combien la vérité est plus complexe. Et j’ai aimé commencer ainsi cette lecture, puis passer du temps avec Virginia Woolf, Georges Perec, faire la connaissance d’Albertine Sarrazin et de Roberto Bolaño. Il est longuement question de deuil dans cet essai épais dans lequel je me suis plongée avec beaucoup de plaisir, mais il est question aussi et surtout de littérature et d’écriture. Les amoureux des lettres vont apprécier cet ouvrage qui va prendre une belle place dans ma bibliothèque. N’hésitez pas à vous offrir ce livre qui est dans la sélection du prix Renaudot 2026 « catégorie essai » et c’est amplement mérité.

 Editions Bayard – 26 août 2026

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…

[Collaboration commerciale : livre offert/ Partenariat]