La bouche

Par Vertuchou

Ni sa pensée, en vol vers moi par tant de lieues,

Ni le rayon qui court sur son front de lumière,

Ni sa beauté de jeune dieu qui la première

Me tenta, ni ses yeux - ces deux caresses bleues;

Ni son cou ni ses bras, ne rien de ce qu'on touche,

Ni rien de ce qu'on voit de lui ne vaut sa bouche

Où l'on meurt de plaisir et qui s'acharne à mordre,

Sa bouche de fraîcheur, de délices, de flamme,

Fleur de volupté, de luxure et de désordre,

Qui vous vide le cœur et vous boit jusqu'à l'âme...

Marie Nizet

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