Le Sénat américain a rejeté de justesse, le 24 septembre, une résolution visant à contraindre le président Donald Trump à mettre fin aux hostilités contre l’Iran ou à obtenir une autorisation du Congrès. Le texte a été repoussé par 50 voix contre 49, un résultat qui met en évidence les divisions persistantes sur la répartition des pouvoirs de guerre entre la Maison-Blanche et le pouvoir législatif.
Quatre sénateurs républicains Susan Collins, Rand Paul, Thom Tillis et Lisa Murkowski ont voté en faveur de la résolution avec les démocrates. À l’inverse, le démocrate John Fetterman s’y est opposé. Le scrutin est donc largement resté partisan, mais les défections dans les deux camps montrent que le débat ne se superpose pas parfaitement aux lignes politiques habituelles.
Les partisans du texte soutiennent que la Constitution attribue au Congrès le pouvoir de déclarer la guerre et qu’une opération prolongée doit bénéficier d’une autorisation explicite. Les républicains opposés à la résolution estiment pour leur part que les actions de Trump relèvent de ses prérogatives de commandant en chef. Le vote ne tranche pas définitivement cette controverse constitutionnelle, ancienne aux États-Unis.
La résolution avait aussi une dimension politique à l’approche des élections de mi-mandat, mais son effet juridique immédiat reste limité puisqu’elle n’a pas été adoptée. Elle fournit néanmoins un indicateur précis du rapport de forces au Sénat sur l’Iran. À ce stade, une majorité de la chambre haute n’a pas imposé la restriction proposée, malgré le soutien de quatre élus républicains au texte.